Celui qui leur a permis de marcher sur leurs pieds est, sans nul doute, capable de les faire marcher sur leurs visages. Nul ne s’étonne d’une telle chose, hormis celui dont le cœur est faible. Ne nous a-t-Il pas informés que « chaque fois que leurs peaux seront consumées, Nous leur en remplacerons d’autres » (An-Nisâ’ : 56) ? Il dit encore : « Leurs tuniques seront de poix » (Ibrâhîm : 50), ainsi que : « Nous détenons des carcans » (Al-Muzzammil : 12), c’est-à-dire des chaînes, puis « un brasier ardent (12) et une nourriture qui étouffe (13) » – il a été dit : une nourriture hérissée d’épines. Ainsi, le supplice se renouvelle sur eux au moyen de ces divers tourments.
À propos de Sa parole : « qui ne fait ni engraisser ni ne met fin à la faim » (Al-Ghâshiyah : 7), il s’agit du ḍarîʿ ; celui qui en mange n’engraisse pas – et comment prendrait-on de l’embonpoint en broutant des épines ! Les exégètes rapportent que, lorsque ce verset fut révélé, les polythéistes dirent : « Nos chameaux pourtant engraissent grâce au ḍarîʿ ! » Alors fut révélé : « qui ne fait ni engraisser ni ne met fin à la faim ». Ils avaient menti, car les chameaux ne le paissent que vert ; une fois desséché, ils n’en mangent plus. D’autres ont soutenu qu’ils s’étaient trompés, l’ayant cru semblable à d’autres plantes bénéfiques, la muḍâraʿa (la ressemblance) ayant prêté à confusion ; mais ils découvrirent qu’il ne nourrit ni ne rassasie.
Puis vient Sa parole – Exalté soit-Il : « Des visages, ce jour-là, seront rayonnants, satisfaits de leur effort, dans un Jardin élevé » (Al-Ghâshiyah : 8-10).
« Des visages, ce jour-là, seront rayonnants » : c’est-à-dire comblés de bienfaits. Ce sont les visages des croyants, illuminés par ce qu’ils verront de l’issue favorable de leur affaire et de leurs œuvres vertueuses. « Satisfaits de leur effort » : de l’œuvre qu’ils auront accomplie ici-bas, ils seront, dans l’au-delà, pleinement agréés lorsque le Paradis leur sera octroyé en rétribution. Au sens figuré : satisfaits de la récompense de leur labeur ; il y a ici une conjonction « et » implicite : « et des visages, ce jour-là », afin de distinguer ces visages des précédents. Le terme « visages » représente ici les âmes.
« Dans un Jardin élevé » : c’est-à-dire situé au-dessus des cieux, comme déjà mentionné. On a aussi dit : élevé en dignité, car il contient tout ce que désirent les âmes et ce dont se délectent les yeux, et ils y demeureront à jamais.