il broute autour du territoire protégé et il est sur le point d’y tomber.
Troisièmement :
Elle (la Fournaise) se préserve elle-même de toute possibilité qu’on la touche ou même qu’on tente de l’effleurer, tout comme le lion défend sa tanière.
Dans le même sens, le poète al-Nâbighah a dit :
« Les loups s’attaquent à celui qui n’a point de chiens,
Mais ils fuient l’assaut d’un lion vigilant et protecteur. »
Quatrièmement :
Elle est ḥâmiyah par l’embrasement de la fureur et de la colère, hyperbole indiquant l’extrême rigueur de la vengeance ; il ne s’agit donc pas ici de la simple chaleur matérielle.
On dit en effet : « Untel a chauffé (ḥamiya) » lorsqu’il s’irrite et se met en colère en voulant se venger.
Allah – Très-haut – a éclairci ce sens par Sa parole :
« Elle est près d’éclater de rage… »(1) [Al-Mulk, v. 8].
Sourate al-Ghâshiyah (88) – verset 5
« Ils seront abreuvés d’une source bouillante. »(5)
Al-âniy : dont la chaleur est parvenue à son comble ; le terme dérive de al-inâʾ, avec l’idée de retard.(2) D’où l’expression : « ʾānayta wa ʾādhayta »(3). Le verbe ʾānāhu – yuʾnīhi – inâʾan signifie : le rendre brûlant, le maintenir, le tarder. De même dans le verset : « Ils iront entre elle et une eau bouillante. »(4) [Ar-Raḥmân : 44].
Les exégètes disent que « d’une source bouillante » signifie : dont la chaleur a atteint son summum ; si une seule goutte en tombait sur les montagnes de ce monde, elles fondraient.
Al-Ḥasan a dit : âniyah, c’est-à-dire dont l’ardeur est accomplie ; la Géhenne la chauffe depuis qu’elle fut créée, puis les damnés y sont poussés, assoiffés, pour y boire.
Ibn Abî Najîḥ rapporte de Mujâhid : « Sa chaleur est arrivée à son terme, et l’heure de la boire est venue. »
Sourate al-Ghâshiyah (88) – verset 6
« Ils n’auront pour nourriture que du ḍarîʿ. »(6)
Sa parole – exalté soit-Il – : « Ils n’auront », c’est-à-dire les gens du Feu, « de nourriture sinon du ḍarîʿ ». Après avoir mentionné leur boisson, Il évoque leur nourriture.
ʿIkrimah et Mujâhid ont dit : le ḍarîʿ est une plante épineuse, rase, que Quraysh appelle al-shibrîq lorsqu’elle est fraîche ; une fois desséchée, elle devient le ḍarîʿ. Ni bête ni animal domestique ne l’approche ni ne la broute ; c’est un poison mortel, le pire et le plus répugnant des aliments – ainsi l’ont expliqué la majorité des exégètes.
Cependant, al-Ḍaḥḥâk rapporte d’après Ibn ʿAbbâs qu’il s’agirait d’une chose que la mer rejette, nommée ḍarîʿ, et qui constitue la nourriture de certains bestiaux.