Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Nāṣibah » signifie : épuisée.
On dit : « naṣiba » (avec kasra) « yanṣabu naṣaban » lorsque l’on se fatigue, on dit aussi « naṣban » ; quant à « ansabahu », c’est quand autrui l’a fait peiner.

Al-Ḍaḥḥāk rapporte d’Ibn ʿAbbās : il s’agit de ceux qui se sont épuisés, dans la vie d’ici-bas, à désobéir à Allah – le Puissant, le Majestueux – et à persister dans la mécréance : les adorateurs d’idoles et les négateurs des Gens du Livre, tels les moines et autres. Allah – exalté soit Son éloge – n’accepte d’eux que ce qui Lui est voué avec sincérité.

Saʿīd rapporte de Qatādah au sujet de « ʿâmilah nāṣibah » : « Elles se sont enorgueillies, ici-bas, au point de délaisser l’obéissance à Allah – glorifié soit-Il ; aussi Allah les fera-t-Il œuvrer et se fatiguer dans le Feu : traîner de lourdes chaînes, porter des carcans, demeurer debout, pieds nus et nus, sur les esplanades, durant un Jour dont la durée est de cinquante mille années. »

Al-Ḥasan et Saʿīd ibn Jubayr dirent : « Elles n’ont ni œuvré pour Allah en ce monde ni peiné pour Lui ; Il les fera donc peiner et se fatiguer en Géhenne. »

Al-Kalbī a dit : « Ils seront traînés sur leurs visages dans le Feu. »

De lui et d’autres encore : « On leur imposera de gravir une montagne de fer en Enfer ; ils y peineront de la plus rude des fatigues : manier chaînes et carcans, patauger dans le Feu comme les chameaux dans la boue, gravir des montées de feu, en descendre les pentes, et subir bien d’autres tourments. » Ibn ʿAbbās l’a également affirmé.

Ibn Muḥayṣin, ʿĪsā et Ḥumayd – et ʿUbayd le rapporte de Shibl, d’après Ibn Kathīr – ont lu « nāṣibatan » à l’accusatif, comme circonstanciel ; il fut dit aussi : par voie de blâme. Les autres la lisent au nominatif, soit comme adjectif qualificatif, soit sur l’omission d’un sujet implicite ; on s’arrête alors à « khāshiʿah ». Celui qui situe le sens dans l’Au-delà y voit un second prédicat se rapportant à « wujūh », et l’on ne s’arrête plus à « khāshiʿah ».

Il a encore été dit : « ʿâmilah nāṣibah » : actives en ce monde, exténuées dans l’Au-delà. Ainsi, l’expression « Des visages, ce jour-là… » peut s’entendre : visages actifs ici-bas, exténués dans l’Au-delà, humiliés.

ʿIkrimah et al-Suddī disent : « Elles ont agi, dans la vie d’ici-bas, dans la désobéissance. »

Saʿīd ibn Jubayr et Zayd ibn Aslam disent : « Il s’agit des moines, habitants des ermitages » ; Ibn ʿAbbās l’a également mentionné, comme l’a déjà rapporté al-Ḍaḥḥāk.

Al-Ḥasan rapporte : lorsque ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb – qu’Allah l’agrée – arriva en Syrie, un moine, vieil homme décrépit, à l’apparence misérable et vêtu de noir, vint à sa rencontre ; à sa vue, ʿUmar se mit à pleurer.

Le moine lui demanda : « Ô commandeur des croyants, qu’est-ce qui te fait pleurer ? »

Il répondit : « Ce pauvre homme a recherché une chose qu’il n’a pas obtenue et a nourri un espoir qu’il a manqué », puis il récita la parole d’Allah – Puissant et Majestueux : « Des visages, ce jour-là, seront humiliés ; travailleurs, exténués. »

Al-Kisāʾī a dit :

ناصِبَةٌ أَيْ تَعِبَةٌ. يُقَالُ: نَصِبَ (بِالْكَسْرِ) يَنْصَبُ نَصَبًا: إِذَا تَعِبَ، وَنَصْبًا أَيْضًا، وَأَنْصَبَهُ غَيْرُهُ. فَرَوَى الضَّحَّاكُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: هُمُ الَّذِينَ أَنَصَبُوا أَنْفُسَهُمْ فِي الدُّنْيَا عَلَى مَعْصِيَةِ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ، وَعَلَى الْكُفْرِ، مِثْلُ عَبَدَةِ الْأَوْثَانِ، وَكُفَّارُ أَهْلِ الْكِتَابِ مِثْلُ الرُّهْبَانِ وَغَيْرِهِمْ، لَا يَقْبَلُ اللَّهُ جَلَّ ثَنَاؤُهُ مِنْهُمْ إِلَّا مَا كَانَ خَالِصًا لَهُ. وَقَالَ سَعِيدٌ عَنْ قَتَادَةَ: عامِلَةٌ ناصِبَةٌ قَالَ: تَكَبَّرَتْ فِي الدُّنْيَا عَنْ طَاعَةِ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ، فَأَعْمَلَهَا اللَّهُ وَأَنْصَبَهَا فِي النَّارِ، بِجَرِ السَّلَاسِلِ الثِّقَالِ، وَحَمْلِ الْأَغْلَالِ، وَالْوُقُوفِ حُفَاةً عُرَاةً فِي الْعَرَصَاتِ، فِي يَوْمٍ كَانَ مِقْدَارُهُ خَمْسِينَ أَلْفَ سَنَةٍ. قَالَ الْحَسَنُ وَسَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ: لَمْ تَعْمَلْ لِلَّهِ فِي الدُّنْيَا، وَلَمْ تَنْصَبْ لَهُ، فَأَعْمَلَهَا وَأَنْصَبَهَا فِي جَهَنَّمَ. وَقَالَ الْكَلْبِيُّ: يُجَرُّونَ عَلَى وُجُوهِهِمْ فِي النَّارِ. وَعَنْهُ وَعَنْ غَيْرِهِ: يُكَلَّفُونَ ارْتِقَاءَ جَبَلٍ مِنْ حَدِيدٍ فِي جَهَنَّمَ، فَيَنْصَبُونَ فِيهَا أَشَدَّ مَا يَكُونُ مِنَ النَّصَبِ، بِمُعَالَجَةِ السَّلَاسِلِ وَالْأَغْلَالِ وَالْخَوْضِ فِي النَّارِ، كَمَا تَخُوضُ الْإِبِلُ فِي الْوَحْلِ، وَارْتِقَائِهَا فِي صُعُودٍ مِنْ نَارٍ، وَهُبُوطِهَا فِي حُدُورٍ مِنْهَا، إِلَى غَيْرِ ذَلِكَ مِنْ عَذَابِهَا. وَقَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ. وَقَرَأَ ابْنُ مُحَيْصِنٍ وَعِيسَى وَحُمَيْدُ، وَرَوَاهَا عُبَيْدُ عَنْ شِبْلٍ. عَنِ ابْنِ كَثِيرٍ (نَاصِبَةً) بِالنَّصْبِ عَلَى الْحَالِ. وَقِيلَ: عَلَى الذَّمِّ. الْبَاقُونَ (بِالرَّفْعِ) عَلَى الصِّفَةِ أَوْ عَلَى إِضْمَارِ مُبْتَدَأٍ، فَيُوقَفُ عَلَى خاشِعَةٌ. وَمَنْ جَعَلَ الْمَعْنَى فِي الْآخِرَةِ، جَازَ أَنْ يَكُونَ خَبَرًا بَعْدَ خَبَرٍ عَنْ وُجُوهٌ، فَلَا يُوقَفُ عَلَى خاشِعَةٌ. وَقِيلَ: عامِلَةٌ ناصِبَةٌ أَيْ عَامِلَةٌ فِي الدُّنْيَا نَاصِبَةٌ فِي الْآخِرَةِ. وَعَلَى هَذَا يَحْتَمِلُ وُجُوهٌ يَوْمَئِذٍ عَامِلَةٌ فِي الدُّنْيَا، نَاصِبَةٌ فِي الْآخِرَةِ، خَاشِعَةٌ. قَالَ عِكْرِمَةُ وَالسُّدِّيُّ: عَمِلَتْ فِي الدُّنْيَا بِالْمَعَاصِي. وَقَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ وَزَيْدُ بْنُ أَسْلَمَ: هُمُ الرُّهْبَانُ أَصْحَابُ الصَّوَامِعِ، وَقَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ. وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي رِوَايَةِ الضَّحَّاكِ عَنْهُ. وَرَوَى عَنِ الْحَسَنِ قَالَ: لَمَّا قَدِمَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ- رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ- الشَّامَ أَتَاهُ رَاهِبٌ شَيْخٌ كَبِيرٌ مُتَقَهِّلٌ «١» ، عَلَيْهِ سَوَادٌ، فَلَمَّا رَآهُ عُمَرُ بَكَى. فَقَالَ لَهُ: يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ، مَا يُبْكِيكَ؟ قَالَ: هَذَا الْمِسْكِينُ طَلَبَ أَمْرًا فَلَمْ يُصِبْهُ، وَرَجَا رَجَاءً فَأَخْطَأَهُ،- وَقَرَأَ قَوْلَ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ- وُجُوهٌ يَوْمَئِذٍ خاشِعَةٌ. عامِلَةٌ ناصِبَةٌ. قَالَ الْكِسَائِيُّ:
(١). أي شعث وسخ، يقال: أقهل الرجل، وتقهل. (النهاية لابن الأثير).

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