Je dis : « Ô Messager d’Allâh, que contenaient donc les Écritures d’Ibrâhîm ? »
Il répondit :
« Elles n’étaient faites que de sentences paraboliques : — Ô roi dominateur, éprouvé et trompé ! Je ne t’ai pas envoyé pour entasser les biens de ce monde les uns sur les autres, mais je t’ai envoyé pour que tu détournes de Moi l’invocation de l’opprimé ; car Moi, Je ne la repousse jamais, fût-elle prononcée par la bouche d’un mécréant.
Il s’y trouvait encore ces maximes :
Il incombe à l’homme doué de raison de disposer de trois moments : un moment où il s’entretient en secret avec son Seigneur ; un moment où il se fait son propre procès, méditant sur l’œuvre d’Allâh — Puissant et Majestueux — à son égard ; et un moment qu’il consacre à pourvoir son corps de nourriture et de boisson.
Il incombe à l’homme doué de raison de ne prendre la route que pour trois choses : se munir de provisions pour l’Au-delà, restaurer son gagne-pain, et goûter un plaisir exempt d’interdit. Il lui incombe d’être clairvoyant quant à son époque, occupé de sa propre affaire, gardien de sa langue. Quiconque compte sa parole parmi ses actions réduira ses paroles, sauf dans ce qui le concerne.
»
Je dis : « Ô Messager d’Allâh, et que contenaient les Écritures de Mûsâ ? »
Il répondit :
« Elles n’étaient que leçons exhortatives : Je m’étonne de celui qui est certain de la mort ; comment peut-il se réjouir ? Je m’étonne de celui qui est convaincu du Décret ; comment peut-il s’épuiser ? Je m’étonne de celui qui a vu ce bas-monde et les retournements qu’il fait subir à ses habitants ; comment peut-il s’y sentir en sécurité ? Je m’étonne de celui qui est sûr d’avoir des comptes à rendre demain, et qui pourtant n’agit pas ! »
Je dis : « Ô Messager d’Allâh, possédons-nous entre nos mains quelque chose qui se trouvait déjà dans celles d’Ibrâhîm et de Mûsâ, parmi ce qu’Allâh t’a révélé ? »
Il dit :
« Oui. Récite, ô Abû Dharr : “A certes réussi celui qui se purifie, invoque le Nom de son Seigneur et accomplit la prière. Mais vous préférez la vie d’ici-bas, tandis que l’Au-delà est meilleure et plus durable. Ceci se trouve certes dans les premières Écritures, les Écritures d’Ibrâhîm et de Mûsâ.” » — et il mentionna ainsi le ḥadith.
[Exégèse de la sourate al-Ghâshiyah]
La sourate « al-Ghâshiyah » est mecquoise selon l’unanimité des savants et compte vingt-six versets.
Au Nom d’Allâh, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux
[Sourate al-Ghâshiyah (88), verset 1]
Au Nom d’Allâh, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux
« T’est-il parvenu le récit de l’Enveloppante ? » (1)
Le terme « hal » a ici le sens de « qad », comme dans Sa parole : « S’est-il écoulé pour l’homme… » (al-Insân : 1), ainsi que l’a dit Qutrub. Autrement dit : « Le récit de l’Enveloppante t’est certes parvenu, ô Muḥammad », c’est-à-dire la Résurrection qui couvrira les créatures de ses effrois et de ses frayeurs, selon la majorité des exégètes.
Saʿîd b. Jubayr et Muḥammad b. Kaʿb ont dit : « al-Ghâshiyah désigne le Feu qui enveloppera les visages des mécréants », rapporté également par Abû Ṣâliḥ.