entre les jurisconsultes. Nous avons déjà traité cette question au début de la sourate al-Baqarah(1).
D’aucuns ont dit qu’il s’agit là des takbîrs de l’Aïd.
Ad-Ḍaḥḥâk a déclaré : « “Et il mentionne le Nom de son Seigneur, puis prie” signifie qu’il évoque le Nom d’Allâh sur le chemin menant au lieu de la prière, puis accomplit la prière de l’Aïd. »
Selon un autre avis, « il mentionne le Nom de son Seigneur » veut dire qu’il Le rappelle dans son cœur au moment de la prière ; il craint alors Son châtiment et espère Sa récompense, de sorte que la perfection et le recueillement de sa prière sont à la mesure de sa crainte et de son espérance.
On a également dit qu’il s’agit d’ouvrir chaque sourate par la formule : « Bismillâh ar-Raḥmân ar-Raḥîm ». L’expression « puis il prie » signifie alors : il a prié en même temps qu’il a mentionné (le Nom divin). Il n’y a d’ailleurs aucune différence entre dire : « Tu m’as honoré, puis tu m’as rendu visite » et dire : « Tu m’as rendu visite, puis tu m’as honoré. »
Ibn ʿAbbâs a dit : ce verset concerne la prière obligatoire, c’est-à-dire les cinq prières prescrites.
D’autres ont affirmé qu’il s’agit de l’invocation, c’est-à-dire la supplique adressée à Allâh pour les besoins de ce monde et de l’au-delà.
Selon un autre avis encore, il s’agit de la prière de l’Aïd ; telle est l’opinion d’Abû Saʿîd al-Khuḍrî, d’Ibn ʿUmar et d’autres, comme il a déjà été mentionné.
On a aussi dit qu’il s’agit d’accomplir une prière surérogatoire après s’être acquitté de la zakât ; c’est l’avis d’Abû l-Ahwaṣ et cela découle de la parole de ʿAṭâʾ.
Il est rapporté de ʿAbd Allâh qu’il a dit : « Celui qui accomplit la prière mais ne s’acquitte pas de la zakât n’a pas, en réalité, de prière. »
« Mais vous préférez la vie d’ici-bas » (S. al-Aʿlâ, 87 : 16).
La récitation majoritaire lit : « بَلْ تُؤْثِرُونَ » avec le ت (deuxième personne du pluriel) ; elle est confirmée par la lecture d’Ubayy : « بَلْ أَنْتُمْ تُؤْثِرُونَ ». Abû ʿAmr et Naṣr b. ʿĀṣim ont lu : « بَلْ يُؤْثِرُونَ » avec le ي (troisième personne) ; le sens serait alors : « Mais les plus misérables préfèrent la vie d’ici-bas. » Selon la première lecture, on comprend : « Mais vous, ô musulmans, recherchez l’abondance de ce monde au détriment de l’abondance de la récompense. »
Ibn Masʿûd, récitant ce verset, dit : « Savez-vous pourquoi nous avons préféré la vie d’ici-bas à l’Au-delà ? C’est que le bas-monde est présent ; on nous en a hâté les plaisirs, la nourriture, la boisson, les jouissances et les réjouissances, tandis que l’Au-delà nous est voilée ; nous avons donc pris l’immédiat et délaissé le différé. »
Thâbit rapporte d’Anas : « Nous étions en voyage avec Abû Mûsâ et les gens parlaient, évoquant les choses de ce monde. » Abû Mûsâ dit alors : « Ô Anas, l’un d’eux est près de lacérer un cuir avec sa langue tant il bavarde ; viens donc, consacrons un moment à évoquer notre Seigneur. » Puis il ajouta : « Ô Anas, qu’est-ce qui retient les gens, qu’est-ce qui les ralentit ? » Je répondis : « La vie d’ici-bas et le Diable. »