Selon Abû l-Ahwaṣ et ʿAṭâ’, le verset vise la zakât portant sur l’ensemble des biens.
Ibn Jurayj rapporte : « J’ai demandé à ʿAṭâ’ : “L’expression : ‟A certes réussi celui qui se purifie” concerne-t-elle la zakât al-fiṭr ?” Il répondit : “Elle englobe toutes les ṣadaqât.” »
D’autres ont dit qu’il s’agit de la zakât des œuvres et non de la zakât des biens ; autrement dit, l’homme se purifie dans ses actes de toute ostentation et de toute négligence, car, à propos des biens, on emploie le plus souvent le verbe « zakkâ », et non « tazakkâ ».
Jâbir b. ʿAbd Allâh rapporte que le Prophète – paix et salut sur lui – a dit : « “A certes réussi celui qui se purifie” : c’est celui qui atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allâh, qui rejette les idoles et atteste que je suis le Messager d’Allâh. »
Selon Ibn ʿAbbâs, « se purifie » signifie : « Il n’y a de dieu qu’Allâh. »
ʿAṭâ’ rapporte encore d’Ibn ʿAbbâs que ce verset fut révélé au sujet de ʿUthmân b. ʿAffân – qu’Allâh l’agrée. Il dit : « À Médine vivait un hypocrite qui possédait un palmier penché au-dessus de la demeure d’un homme des Anṣâr. Lorsque soufflait le vent, des dattes vertes ou mûres tombaient dans la maison de l’Anṣârî, si bien que celui-ci et sa famille s’en nourrissaient. L’hypocrite se querella avec lui ; l’Anṣârî porta alors plainte auprès du Messager d’Allâh – paix et salut sur lui. Le Prophète fit convoquer l’hypocrite – ignorant son hypocrisie – et lui dit : “Ton frère anṣârî se plaint que tes dattes tombent dans sa demeure et qu’il s’en nourrit, lui et sa famille. Désires-tu que je t’offre un palmier au Paradis en échange de celui-ci ?” Il répondit : “Vais-je troquer l’immédiat contre le différé ? Jamais !” On rapporte qu’ʿUthmân b. ʿAffân lui donna alors un verger de palmiers en échange de son arbre ; c’est à son propos qu’a été révélée la parole divine : « A certes réussi celui qui se purifie », tandis que le verset « S’en écartera le plus misérable » fut révélé au sujet de l’hypocrite. »
Ad-Ḍaḥḥâk affirme, pour sa part, qu’elle fut révélée au sujet d’Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq – qu’Allâh l’agrée.
Deuxièmement – Nous avons déjà exposé de façon détaillée l’avis relatif à la zakât al-fiṭr dans la sourate « al-Baqarah » (1). Il a également été mentionné que, d’après l’opinion majoritaire, la présente sourate est mecquoise et qu’il n’y avait alors ni fête de l’Aïd ni zakât al-fiṭr à La Mecque.
Al-Qushayrî dit : Il n’est pas exclu qu’Allâh fasse l’éloge de celui qui obéira à Son ordre concernant la ṣadaqat al-fiṭr et la prière de l’Aïd, pour ce qu’Il prescrira dans l’avenir.
Troisièmement – Sa parole, exalté soit-Il :
« … et mentionne le Nom de son Seigneur, puis prie. »
c’est-à-dire : il a rappelé son Seigneur. ʿAṭâ’ rapporte d’Ibn ʿAbbâs qu’il s’agit de rappeler son retour et sa comparution devant Allâh – exalté soit Son éloge – puis de L’adorer et de Lui adresser la prière.
D’autres ont dit : il a mentionné le Nom de son Seigneur par le takbîr au début de la prière, celle-ci n’étant valable qu’avec cette évocation, à savoir : « Allâhu Akbar ». On y voit la preuve de l’obligation du takbîr d’ouverture et qu’il ne fait pas partie intégrante de la prière, puisque celle-ci est coordonnée à lui.
Cette expression constitue aussi un argument pour ceux qui soutiennent qu’il est permis d’ouvrir la prière par n’importe quel Nom d’Allâh – Puissant et Majestueux ; la question est objet de divergence.