c’est-à-dire : la plus grande, qui constitue le niveau le plus bas des strates de l’Enfer, selon l’interprétation d’al-Farrâ’.
Selon al-Ḥasan – et de même Yahyâ b. Sallâm –, la « grande » (al-kubrâ) désigne le Feu de la Géhenne, tandis que la « petite » (al-ṣughrâ) correspond au feu d’ici-bas.
« Puis il n’y mourra point et n’y vivra point » : c’est-à-dire qu’il ne meurt pas pour être délivré du châtiment, ni ne vit d’une vie qui lui soit d’aucun profit,
comme l’a dit le poète :
« Hélas ! Quand donc l’âme mourra-t-elle, pour que cesse son tourment, (A)
Et quand vivra-t-elle enfin d’une vie qui ait quelque goût ? (A) »
Il a déjà été question, dans Sûrat an-Nisâ’ et ailleurs, du ḥadîth d’Abû Saʿîd al-Khudrî rapporté par Muslim : les croyants monothéistes qui entreront en Géhenne – laquelle est, selon al-Farrâ’, le « petit feu » – y brûleront et mourront jusqu’à ce qu’une intercession soit exercée en leur faveur.
On a également dit que les gens de la damnation connaissent des degrés divers dans leur malheur ; cette menace vise le plus infortuné d’entre eux, bien qu’il existe des malheureux qui n’atteignent pas ce degré.
[Sourate al-Aʿlâ (87) : versets 14-15]
« A certes réussi celui qui se purifie (14) et mentionne le Nom de son Seigneur puis prie (15). »
Ces deux versets comportent trois questions.
Premièrement – Sa parole, exalté soit-Il : « a certes réussi », c’est-à-dire qu’il a obtenu la permanence au Paradis ; il s’agit de celui qui s’est purifié du polythéisme par la foi, ainsi que l’ont déclaré Ibn ʿAbbâs, ʿAṭâ’ et ʿIkrimah.
Al-Ḥasan et ar-Rabîʿ disent : il s’agit de celui dont l’œuvre est pure et en croissance.
Maʿmar rapporte de Qatâdah que « se purifier » signifie : par une œuvre vertueuse.
Qatâdah, ʿAṭâ’ et Abû al-ʿÂliyah ont expliqué que le verset concerne la zakât al-fiṭr. De même, Ibn Sîrîn a dit : « A certes réussi celui qui se purifie », puis, à propos de « il mentionne le Nom de son Seigneur et prie », il précisa : il sort, après s’être acquitté (de l’aumône), et accomplit la prière.
ʿIkrimah rapporte qu’un homme disait : « Je fais précéder ma prière de ma zakât. »
Sufyân commenta alors : Allah – Très-Haut – a dit : « A certes réussi celui qui se purifie et mentionne le Nom de son Seigneur, puis prie. »
D’après Abû Saʿîd al-Khudrî et Ibn ʿUmar, ces versets concernent la zakât al-fiṭr et la prière de l’Aïd ; même opinion d’Abû al-ʿÂliyah, lequel affirmait que les habitants de Médine ne voyaient pas d’aumône meilleure que celle-ci, hormis l’abreuvement d’eau.
Kathîr b. ʿAbd Allâh rapporte de son père, de son grand-père, que le Prophète – paix et salut sur lui – a dit, au sujet de la parole divine « A certes réussi celui qui se purifie » : « [il] s’acquitte de la zakât al-fiṭr », et, au sujet de « il mentionne le Nom de son Seigneur et prie » : « [c’est] la prière de l’Aïd. »
Ibn ʿAbbâs et ad-Ḍaḥḥâk disent : « il mentionne le Nom de son Seigneur » sur le chemin du lieu de prière, puis il accomplit la prière de l’Aïd.
Et l’on a dit encore que le propos visait