« puis Il en fit un tas de débris noirâtre. »
Al-ghuthāʾ désigne ce que le torrent rejette sur les rives de la vallée – herbes, végétaux et divers débris –, et l’on trouve aussi la forme intensifiée al-ghuththāʾ. Son pluriel est al-ag̱thāʾ.
Qatâda dit : « al-ghuthāʾ : ce qui est desséché. » On emploie également les termes ghuthāʾ et hashîm pour les légumes et les herbes lorsqu’ils se brisent puis se dessèchent. De même, tout ce qui flotte autour de l’eau comme menus débris est appelé ghuthāʾ, ainsi que l’a chanté le poète :
Tel le limon du Mujaymir que l’aurore révèle,
Charrié par flots et déchets, roulant comme un fuseau fidèle ;
Les eaux le pressent, le tourbillonnent sans fin,
Et l’emportent, mêlé aux détritus, sur leur impétueux chemin.
Les lexicographes rapportent encore : « le wâdî a produit du ghathā puis s’est asséché ». Il en va de même de l’eau lorsqu’une écume et des débris inutilisables la recouvrent.
Quant à al-ahwā, il signifie « noir » : la plante, du fait de l’intensité de sa verdeur, tire vers la noirceur. Al-ḥuwwa est également synonyme de noirceur. Al-Aʿshâ dit :
« Avec des lèvres légèrement sombres et luisantes,
et des gencives ainsi qu’une denture étincelantes. »
Dans le Ṣiḥâḥ on lit : « al-ḥuwwa : nuance sombre de la lèvre. » On dit : un homme ahwā, une femme ḥawwāʾ ; et l’on dit : ḥawītu. Un chameau est qualifié d’ahwā quand sa robe verte est mêlée de noir et de jaune. Le diminutif d’ahwā est uḥayy dans la langue de ceux qui disent usayywid.
Il a ensuite été dit qu’ahwā peut être pris comme ḥâl se rapportant à al-marʿā ; le sens serait alors : tant sa verdure est intense qu’elle vire au noir. L’expression implicite est : « Il fit surgir le pâturage, ahwā ; puis Il le transforma en ghuthāʾ. » On dit : « la plante est devenue ḥawiya », expression rapportée par al-Kisâʾî, et il ajouta :