C’est-à-dire que cette eau « [d’entre] les lombes » – autrement dit : le dos.
On relève pour le terme ṣulb quatre variantes dialectales :
- ṣulb ;
- ṣilb – les deux lectures sont citées ;
- ṣalab (avec ouverture de la lām) ;
- ṣālab (sur le modèle de qālab).
Ainsi a dit al-ʿAbbâs :²
A Elle passe des lombes jusqu’au giron maternel ;
A De ṣālab en matrice Allah mène l’essentiel.
Quant aux « tarâʾib », il s’agit de la poitrine ; au singulier : tarîbah, le lieu où se pose le collier sur le torse. Le poète dépeint :³
A Fine et d’albâtre, sans pesanteur gênante,
A Ses tarâʾib luisent, polies comme l’argent.
Le ṣulb relève de l’homme, les tarâʾib de la femme.
Ibn ʿAbbâs a dit : les tarâʾib sont l’emplacement du collier.
De lui encore : l’espace situé entre ses deux seins ; tel est aussi l’avis de ʿIkrimah.
Il est rapporté de ʿIkrimah qu’il entendait par tarâʾib de la femme : les mains, les pieds et les yeux ; ad-Ḍaḥḥâk partage cette opinion.
Saʿîd b. Jubayr a dit : c’est le cou.
Mujâhid : ce qui se trouve entre les épaules et la poitrine ; selon une autre transmission de lui : la poitrine ; selon une troisième : les clavicules.
Ibn Jubayr rapporte d’Ibn ʿAbbâs : les tarâʾib sont quatre côtes de ce côté-ci.
Az-Zajjâj rapporte : les tarâʾib sont quatre côtes du côté droit de la poitrine et quatre côtes du côté gauche.
Maʿmar b. Abî Ḥabîbah al-Madanî a dit : les tarâʾib sont la sève du cœur, d’où provient l’enfant.
L’usage le plus répandu chez les Arabes veut qu’il s’agisse des os de la poitrine et du haut du thorax.⁴
Duraid b. aṣ-Ṣimmah a décliné :
A Fuyez-vous ? Nous frapperons vos dos en vainqueurs ;
A Avancez-vous ? Aux tarâʾib s’abattront nos fureurs.
Un autre a chanté :
A Tel un brasier sur son sein, des tarâʾib ardentes,
A Braises de ghadâ brûlant sur son bras étincellent.
Et un autre encore :
A Du safran sur ses tarâʾib répandait sa couleur ;
A La gorge et la fossette en gardaient la liqueur.⁵