Le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – disait :
« Je cherche refuge auprès de Toi contre le mal des visiteurs de la nuit et du jour, à l’exception d’un visiteur venant avec un bien, ô Très-Miséricordieux. »
Jarîr, au sujet de la visite nocturne, a chanté :
Une chasseuse de cœurs t’a gagné dans l’ombre de la nuit, (A)
Or l’heure n’est pas à la visite ; retourne donc sans bruit. (A)
Puis Il (Allah) a explicité en disant :
« Et qui te fera connaître ce qu’est le ṭâriq ? C’est l’astre perçant. »
Le mot « thâqib » signifie : lumineux, pénétrant ; on parle ainsi d’un « shihâb thâqib »¹.
On dit « thaqaba – yathqubu – thuqûban wa thaqâbatan » lorsque la chose resplendit, et « thuqûbuhu » désigne sa lumière.
Les Arabes disent : « Athqib nâraka », c’est-à-dire : « Ravive, éclaire ton feu. » Un poète a dit :
Il propagea la nouvelle au point qu’il sembla, sans blâme, (A)
Qu’au faîte d’un mont brûlait, par brindilles, une flamme. (A)
Les « thuqûb » sont les fines brindilles dont on allume le feu.
Mujâhid a expliqué que « thâqib » signifie : ardent, embrasé.
Al-Qushayrî rapporte que, pour la majorité, al-ṭâriq et al-thâqib sont des noms génériques visant l’ensemble des astres, comme nous l’avons cité d’après Mujâhid.
L’interrogation : « Et qui te fera connaître ce qu’est le ṭâriq ? » sert à magnifier l’objet du serment.
Sufyân dit : « Partout dans le Coran où apparaît “wa mâ adrâka”, Allah en informe [le Prophète] ; tandis que, lorsqu’Il dit “wa mâ yudrîka”, Il ne l’en informe pas. »
[Sourate at-Târiq, 86 : 4]
« Il n’est aucune âme sans qu’un gardien ne veille sur elle. »
Qatâdah a dit : « Il s’agit d’anges gardiens qui préservent ta subsistance, tes œuvres et ton terme. »
Il rapporte encore : « Son compagnon consigne pour lui ses actes, bons ou mauvais. » Tel est le répondant du serment.
D’autres ont soutenu que la réponse est : « En vérité, Il a certes le pouvoir de le ramener », opinion rapportée par at-Tirmidhî, d’après Muḥammad ibn ʿAlî.
Le mot « in » est ici la forme allégée de « inna », et « mâ » sert d’insistance ; le sens est donc : « En vérité, chaque âme a sur elle un gardien. »
On a également dit : il n’est pas d’âme sans qu’un gardien ne la protège des fléaux, jusqu’à ce qu’il la livre au Destin.
Al-Farrâ’ a déclaré : « Le gardien vient d’Allah ; Il la garde jusqu’à ce qu’Il la confie aux décrets. » C’est aussi l’avis d’al-Kalbî.
Abû Umâmah rapporte que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit :
« Cent soixante anges ont été affectés au croyant ; ils repoussent de lui tout ce qui ne lui a pas été destiné. Rien que pour la vue, sept anges le protègent, comme on chasse les mouches d’un plat de miel. Et si le serviteur était laissé à lui-même ne fût-ce qu’un clin d’œil, les démons l’enlèveraient. »
Dans la récitation d’Ibn ʿÂmir, de ʿÂṣim et de Ḥamzah, on lit « lammâ » avec redoublement du mîm ; le sens est alors : « Il n’est pas d’âme qui n’ait un gardien. » Il s’agit là d’un usage linguistique attesté.
¹ Météore fulgurant.