Et la dissociation n’est point proscrite, car l’expression se comporte, dans l’insistance, comme un attribut.
Les autres lecteurs la prononcent au nominatif, comme épithète de « Dhu », c’est-à-dire d’Allâh – Très-Haut. Tel est l’avis retenu par Abû ʿUbayd et Abû Ḥâtim : en effet, al-majd (la Magnificence) représente l’ultime sommet de la générosité et de la grâce, et c’est Allâh, qu’Il soit exalté, qui en est qualifié, bien qu’Il ait décrit Son Trône comme « karîm » à la fin de la sourate al-Mu’minûn[1].
Les Arabes disent : « Dans chaque arbre il y a du feu, mais le marakh et lʿafâr se sont distingués par leur magnificence[2] », c’est-à-dire qu’ils l’ont portée à son comble, au point qu’on y allume le feu.
Le sens de « Détenteur du Trône » est : Détenteur de la royauté et de l’autorité, comme on dit : « Un tel est sur le siège de sa royauté », même s’il ne se trouve pas matériellement sur un siège. De même : « Son trône a été renversé », c’est-à-dire que son pouvoir s’est évanoui. Cette question a déjà été expliquée dans la sourate al-Aʿrâf[3], et plus particulièrement dans le Kitâb al-Asnâ, commentaire des Plus Beaux Noms d’Allâh.
« Faʿʿâlun limâ yurîd » : rien ne peut faire obstacle à ce qu’Il veut.
Az-Zamakhsharî : « Faʿʿâl » est le prédicat d’un sujet sous-entendu.
On a dit qu’Il est appelé « Faʿʿâl » parce que ce qu’Il veut et accomplit est d’une extrême abondance.
Al-Farrâ’ : le terme est au nominatif par répétition et reprise, parce qu’il s’agit d’un indéfini absolu.
At-Ṭabarî : le nominatif de « Faʿʿâl », bien qu’indéfini, suit, par apposition, l’analyse de « al-Ghafûr, al-Wadûd ».
Abû as-Safar[4] rapporte : des compagnons du Prophète – paix et bénédiction d’Allâh sur lui – entrèrent auprès d’Abû Bakr – qu’Allâh l’agrée – pour le visiter quand il était malade et dirent : « Ne voulons-nous pas te faire venir un médecin ? » — « Il m’a déjà vu », répondit-il. — « Qu’a-t-Il dit ? » — « Il a dit : “Je suis Faʿʿâlun limâ urîd : Je fais ce que Je veux.” »
[Sourate al-Burûj (85), versets 17 à 19]
« T’est-il parvenu le récit des armées ? (17)
De Pharaon et de Thamûd ? (18)
Mais les mécréants, eux, persistent dans le démenti. (19) »
Parole du Très-Haut :
« T’est-il parvenu le récit des armées ? » c’est-à-dire : la nouvelle, ô Muhammad, des cohortes mécréantes qui traitèrent de mensonge leurs prophètes ; ainsi Allâh te rassérène et te réconforte. Il les précisa ensuite en disant : « Pharaon et Thamûd », lesquels sont au génitif en apposition à « les armées ».
Sens : tu sais parfaitement ce qu’Allâh leur a infligé lorsqu’ils démentirent Ses prophètes et Ses envoyés.
« Mais les mécréants » — c’est-à-dire ceux de ton peuple qui ne croient pas en toi — « demeurent dans le démenti ».