Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Sourate al-Burūj (85), versets 12 à 16]
« En vérité, la prise de ton Seigneur est certes redoutable. » (12)
« C’est Lui qui commence (la création) et la répète. » (13)
« Et Il est le Pardonneur, le Très-Aimant, » (14)
« Détenteur du Trône, le Majestueux, » (15)
« Celui qui réalise ce qu’Il veut. » (16)

Sa Parole – exalté soit-Il :

« En vérité, la prise de ton Seigneur est redoutable » : c’est-à-dire Son saisissement des tyrans et des injustes. Ainsi dit-Il – que Sa louange soit exaltée : « Tel est le châtiment de ton Seigneur lorsqu’Il châtie les cités alors qu’elles sont iniques ; assurément, Son châtiment est douloureux et implacable » (Hûd, 102), comme cela a déjà été exposé(1).

Al-Mubarrad a dit : l’expression « la prise de ton Seigneur » constitue la réponse au serment. Autrement dit : « Par le ciel aux constellations… la prise de ton Seigneur », tout ce qui se trouve entre les deux n’étant qu’une proposition incidente destinée à renforcer le serment. Le même avis est rapporté d’at-Tirmidhî al-Ḥakîm, dans ses Nawâdir al-Uṣûl : le serment porte sur ce qui vient d’être décrit comme rigoureux.

« C’est Lui qui commence – et qui répète » : selon la plupart des savants, cela concerne la création ; Il la fait surgir de prime abord, puis la renouvelle lors de la résurrection. Ikrima rapporte que les mécréants s’étonnèrent de ce qu’Allâh – exalté soit Son renom – ressuscite les morts. Ibn ʿAbbâs a dit : « Il inaugure pour eux le châtiment du Brasier en ce bas-monde, puis le leur répète dans l’au-delà » ; tel est le choix d’at-Ṭabarî.

« Et Il est le Pardonneur » : c’est-à-dire Celui qui couvre les péchés de Ses serviteurs croyants et ne les en déshonore pas.

« Le Très-Aimant » : Celui qui aime Ses alliés. Ad-Ḍaḥḥâk rapporte d’Ibn ʿAbbâs : « comme l’un de vous aime son frère, en lui annonçant de bonnes nouvelles et par affection. » De lui également : « al-Wadûd » signifie Celui qui Se montre aimant envers Ses alliés en leur accordant Son pardon. Mujâhid dit : « al-Wadûd » : l’Aimant pour Ses alliés ; la forme « faʿûl » y a le sens de « fâʿil ». Ibn Zayd y voit le Miséricordieux.

Al-Mubarrad rapporte d’Ismâʿîl ibn Isḥâq, le cadi, qu’al-Wadûd désigne celui qui n’a pas d’enfant, et il cite ce vers poétique :
« Et j’enfourche, en pleine frayeur, une chamelle sans harnachement,
docile, frémissante d’ailes, pleine et wadûdâ » –
c’est-à-dire sans petit auquel elle puisse s’attacher. Le sens du verset serait alors : Il pardonne à Ses serviteurs et n’a point d’enfant pour lequel Il leur pardonnerait ; Son pardon procède donc de Sa pure grâce, sans contrepartie. On a également dit que « al-Wadûd » a le sens de « al-Mawdûd », à l’instar de « rukûb » et « ḥalûb » ; Ses serviteurs vertueux L’aiment et Lui vouent affection.

« Détenteur du Trône, le Majestueux » : les lecteurs koufiens, à l’exception de ʿÂṣim, ont lu « al-majîdi » au génitif, en épithète du Trône. D’autres l’ont rapporté comme épithète de « ton Seigneur », donnant : « En vérité, la prise de ton Seigneur, le Majestueux, est redoutable. »

[سورة البروج (٨٥) : الآيات ١٢ الى ١٦] إِنَّ بَطْشَ رَبِّكَ لَشَدِيدٌ (١٢) إِنَّهُ هُوَ يُبْدِئُ وَيُعِيدُ (١٣) وَهُوَ الْغَفُورُ الْوَدُودُ (١٤) ذُو الْعَرْشِ الْمَجِيدُ (١٥) فَعَّالٌ لِما يُرِيدُ (١٦) قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّ بَطْشَ رَبِّكَ لَشَدِيدٌ) أَيْ أَخْذَهُ الْجَبَابِرَةَ وَالظَّلَمَةَ، كَقَوْلِهِ جَلَّ ثَنَاؤُهُ: وَكَذلِكَ أَخْذُ رَبِّكَ إِذا أَخَذَ الْقُرى وَهِيَ ظالِمَةٌ، إِنَّ أَخْذَهُ أَلِيمٌ شَدِيدٌ [هود: ١٠٢] . وَقَدْ تَقَدَّمَ «١» . قَالَ الْمُبَرِّدُ: إِنَّ بَطْشَ رَبِّكَ جَوَابُ الْقَسَمِ. الْمَعْنَى: وَالسَّمَاءِ ذَاتِ الْبُرُوجِ إِنَّ بَطْشَ رَبِّكَ، وَمَا بَيْنَهُمَا مُعْتَرِضٌ مُؤَكِّدٌ لِلْقَسَمِ. وَكَذَلِكَ قَالَ التِّرْمِذِيُّ الْحَكِيمُ فِي نَوَادِرِ الْأُصُولِ: إِنَّ الْقَسَمَ وَاقِعٌ عَمَّا ذُكِرَ صِفَتُهُ بِالشِّدَّةِ. (إِنَّهُ هُوَ يُبْدِئُ- وَيُعِيدُ) يَعْنِي الْخَلْقَ- عَنْ أَكْثَرِ الْعُلَمَاءِ- يَخْلُقُهُمُ ابْتِدَاءً، ثُمَّ يُعِيدُهُمْ عِنْدَ الْبَعْثِ، وَرَوَى عِكْرِمَةُ قَالَ: عَجِبَ الْكُفَّارُ مِنْ إِحْيَاءِ اللَّهِ جَلَّ ثَنَاؤُهُ الْأَمْوَاتَ، وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: يُبْدِئُ لَهُمْ عَذَابَ الْحَرِيقِ فِي الدُّنْيَا، ثُمَّ يُعِيدُهُ عَلَيْهِمْ فِي الْآخِرَةِ. وَهَذَا اخْتِيَارُ الطَّبَرِيِّ. (وَهُوَ الْغَفُورُ) أَيِ السَّتُورُ لِذُنُوبِ عِبَادِهِ الْمُؤْمِنِينَ لَا يَفْضَحُهُمْ بِهَا. (الْوَدُودُ) أَيِ الْمُحِبُّ لِأَوْلِيَائِهِ. وَرَوَى الضَّحَّاكُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: كَمَا يَوَدُّ أَحَدُكُمْ أَخَاهُ بِالْبُشْرَى وَالْمَحَبَّةِ. وَعَنْهُ أَيْضًا الْوَدُودُ أَيِ الْمُتَوَدِّدُ إِلَى أَوْلِيَائِهِ بِالْمَغْفِرَةِ، وَقَالَ مُجَاهِدٌ الْوَادُّ لِأَوْلِيَائِهِ، فَعُولٌ بِمَعْنَى فَاعِلٍ. وَقَالَ ابْنُ زَيْدٍ: الرَّحِيمُ، وَحَكَى الْمُبَرِّدُ عَنْ إِسْمَاعِيلَ بْنِ إِسْحَاقَ الْقَاضِي أَنَّ الْوَدُودَ هُوَ الَّذِي لَا وَلَدَ لَهُ، وَأَنْشَدَ قَوْلَ الشَّاعِرِ: وَأَرْكَبُ فِي الرَّوْعِ عُرْيَانَةً ... ذَلُولَ الْجَنَاحِ لَقَاحًا وَدُودَا أَيْ لَا وَلَدَ لَهَا تَحِنُّ إِلَيْهِ، وَيَكُونُ مَعْنَى الْآيَةِ: إِنَّهُ يَغْفِرُ لِعِبَادِهِ وَلَيْسَ لَهُ وَلَدٌ يُغْفَرُ لَهُمْ مِنْ أَجَلِهِ، لِيَكُونَ بِالْمَغْفِرَةِ مُتَفَضِّلًا مِنْ غَيْرِ جَزَاءٍ. وَقِيلَ: الْوَدُودُ بِمَعْنَى الْمَوْدُودِ، كَرَكُوبٍ وَحَلُوبٍ، أَيْ يَوَدُّهُ عِبَادُهُ الصَّالِحُونَ وَيُحِبُّونَهُ. (ذُو الْعَرْشِ الْمَجِيدُ) قَرَأَ الْكُوفِيُّونَ إِلَّا عَاصِمًا " الْمَجِيدِ" بِالْخَفْضِ، نَعْتًا لِلْعَرْشِ. وَقِيلَ: لِ رَبِّكَ"، أَيْ إِنَّ بَطْشَ رَبِّكَ الْمَجِيدِ لشديد،
(١). راجع ج ٩ ص ٩٥

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies