Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Tu as corrompu les habitants de ma cité, tu as renié ma religion et celle de mes ancêtres ; je te ferai subir un châtiment exemplaire ! »

Il répondit : « Tu n’en auras pas le pouvoir. » Le roi ordonna donc qu’on l’emmenât au sommet d’une haute montagne pour le précipiter du faîte ; on le jeta, mais il tomba à terre sans qu’il ne lui arrivât rien. Il l’envoya ensuite vers les eaux de Najrân, des gouffres marins où tout ce qui y tombait périssait ; on l’y jeta, puis il en ressortit indemne.

Lorsque le roi se reconnut impuissant, ʿAbd Allâh ibn Thâmir lui dit : « Par Allâh, tu ne pourras me tuer que si tu proclames l’unicité d’Allâh et crois à ce à quoi je crois ; alors seulement tu recevras pouvoir sur moi et tu me tueras. » Le roi proclama donc l’unicité d’Allâh, attesta la double attestation de foi, puis le frappa d’un bâton, lui ouvrit une légère blessure – bien petite – qui le fit mourir. Le roi, pour sa part, mourut sur-le-champ, et tous les notables de Najrân se rassemblèrent autour de la religion de ʿAbd Allâh ibn Thâmir, conforme à ce qu’avait apporté ʿÎsâ fils de Maryam : l’Évangile et sa législation.

Par la suite, ils furent éprouvés comme l’avaient été les adeptes de leur foi ; ainsi prit naissance le christianisme à Najrân. Dhu Nuwâs, le Juif, marcha alors contre eux avec ses armées de Ḥimyar ; il les appela au judaïsme et leur laissa le choix entre cela et la mort. Ils choisirent la mort ; il fit creuser pour eux des fosses, les brûla par le feu, les frappa de l’épée et mutila leurs corps, jusqu’à ce qu’il eût massacré vingt mille d’entre eux.

Wahb ibn Munabbih dit : douze mille.

Al-Kalbî dit : les Compagnons de la Fosse étaient soixante-dix mille (1).

Wahb poursuivit : lorsque Aryâṭ prit le dessus au Yémen, Dhu Nuwâs s’enfuit, se jeta avec son cheval dans la mer et se noya.

Ibn Isḥâq dit : ce Dhu Nuwâs se nommait Zurʿa ibn Tubban (2) Asʿad al-Ḥimyari ; on l’appelait également Yûsuf. Il portait de longues tresses de cheveux qui se balançaient (tanûs), d’où son surnom de Dhu Nuwâs. C’est lui qui commit ce forfait contre les gens de Najrân. Un homme nommé Daws Dhû Thaʿlabân parvint à s’échapper, alla chercher les Abyssins pour se faire secourir ; ceux-ci conquirent le Yémen et Dhu Nuwâs périt dans la mer, où il se jeta lui-même.

À son sujet, ʿAmr ibn Maʿdî Karib a dit :

  1. Me menaces-tu, tel Dhou Rouʿayn plein d’audace ?
  2. Ou tel Dhou Nuwâs, comblé des mêmes audaces ?
  3. Leur antique pouvoir, depuis l’ère d’Âd, fut un jour brisé ;
  4. Le temps le transmit de peuple en peuple, tous également brisés.

(1) C’est-à-dire soixante-dix mille.
(2) On lit aussi : Tubbân.

أَفْسَدْتَ عَلَيَّ أَهْلَ قَرْيَتِي، وَخَالَفْتَ دِينِي وَدِينَ آبَائِي، فَلْأُمَثِّلَنَّ بِكَ. قَالَ: لَا تَقْدِرُ عَلَى ذَلِكَ، فَجَعَلَ يُرْسِلُ بِهِ إِلَى الْجَبَلِ الطَّوِيلِ، فَيُطْرَحُ عَنْ رَأْسِهِ، فَيَقَعُ عَلَى الْأَرْضِ لَيْسَ بِهِ بَأْسٌ. وَجَعَلَ يَبْعَثُ بِهِ إِلَى مِيَاهِ نجران، بحار لا يلقى فيها شي إِلَّا هَلَكَ، فَيُلْقَى فِيهَا فَيَخْرُجُ لَيْسَ بِهِ بَأْسٌ، فَلَمَّا غَلَبَهُ قَالَ لَهُ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ الثَّامِرِ: وَاللَّهِ لَا تَقْدِرُ عَلَى قَتْلِي حَتَّى تُوَحِّدَ اللَّهَ وَتُؤْمِنَ بِمَا آمَنْتُ بِهِ، فَإِنَّكَ إِنْ فَعَلْتَ ذَلِكَ سُلِّطْتَ عَلَيَّ وَقَتَلْتَنِي. فَوَحَّدَ اللَّهَ ذَلِكَ الْمَلِكُ وَشَهِدَ شَهَادَتَهُ، ثُمَّ ضَرَبَهُ بِعَصًا فَشَجَّهُ شَجَّةً صَغِيرَةً لَيْسَتْ بِكَبِيرَةٍ، فقتله، وهلك الملك مكانه، واجتمع أهب نَجْرَانَ عَلَى دِينِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الثَّامِرِ، وكان على ما جاء به عيسى بن مَرْيَمَ مِنَ الْإِنْجِيلِ وَحُكْمِهِ. ثُمَّ أَصَابَهُمْ مَا أَصَابَ أَهْلَ دِينِهِمْ مِنَ الْأَحْدَاثِ، فَمِنْ ذَلِكَ كَانَ أَصْلُ النَّصْرَانِيَّةِ بِنَجْرَانَ. فَسَارَ إِلَيْهِمْ ذُو نُوَاسٍ الْيَهُودِيُّ بِجُنُودِهِ مِنْ حِمْيَرَ، فَدَعَاهُمْ إِلَى الْيَهُودِيَّةِ، وَخَيَّرَهُمْ بَيْنَ ذَلِكَ أَوِ الْقَتْلِ، فَاخْتَارُوا الْقَتْلَ، فَخَدَّ لَهُمُ الْأُخْدُودَ، فَحَرَّقَ بِالنَّارِ وَقَتَّلَ بِالسَّيْفِ، وَمَثَّلَ بِهِمْ حَتَّى قَتَلَ مِنْهُمْ عِشْرِينَ أَلْفًا. وَقَالَ وَهْبُ بْنُ مُنَبِّهٍ: اثْنَيْ عَشَرَ أَلْفًا. وَقَالَ الْكَلْبِيُّ: كَانَ أَصْحَابُ الْأُخْدُودِ سَبْعِينَ «١» أَلْفًا. قَالَ وَهْبٌ: ثُمَّ لَمَّا غَلَبَ أَرِيَاطُ عَلَى الْيَمَنِ خَرَجَ ذُو نُوَاسٍ هَارِبًا، فَاقْتَحَمَ الْبَحْرَ بِفَرَسِهِ فَغَرِقَ. قَالَ ابْنُ إِسْحَاقَ: وَذُو نُوَاسٍ هَذَا اسْمُهُ زُرْعَةُ بْنُ تُبَّانَ «٢» أَسْعَدَ الْحِمْيَرِيُّ، وَكَانَ أَيْضًا يُسَمَّى يُوسُفَ، وَكَانَ لَهُ غَدَائِرُ مِنْ شَعْرٍ تَنُوسُ، أَيْ تَضْطَرِبُ، فَسُمِّيَ ذَا نُوَاسِ، وَكَانَ فَعَلَ هَذَا بِأَهْلِ نَجْرَانَ، فَأَفْلَتَ مِنْهُمْ رَجُلٌ اسْمُهُ دَوْسٌ ذُو ثَعْلَبَانِ، فَسَاقَ الْحَبَشَةَ لِيَنْتَصِرَ بِهِمْ، فَمَلَكُوا الْيَمَنَ وَهَلَكَ ذُو نُوَاسٍ فِي الْبَحْرِ، أَلْقَى نَفْسَهُ فِيهِ، وَفِيهِ يَقُولُ عَمْرُو بْنُ مَعْدِي كَرِبٍ: أَتُوعِدُنِي كَأَنَّكَ ذُو رُعَيْنٍ ... بِأَنْعَمِ عِيشَةٍ أَوْ ذُو نُوَاسِ وَكَائِنْ كَانَ قَبْلَكَ مِنْ نَعِيمٍ ... وَمُلْكٍ ثَابِتٍ فِي النَّاسِ رَاسِ قَدِيمٍ عَهْدُهُ مِنْ عَهْدِ عَادٍ ... عَظِيمٍ قَاهِرِ الْجَبَرُوتِ قَاسِ أَزَالَ الدَّهْرُ مُلْكَهُمُ فَأَضْحَى ... يُنَقَّلُ مِنْ أُنَاسٍ فِي أناس
(١). في ز، ل: (تسعين ألفا). (٢). هو كغراب أو كرمان ويكسر. وهو أول من كسا البيت الحرام.

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