La Parole du Très-Haut :
« Par la lune lorsqu’elle devient pleine » (wa-l-qamar i dhâ ttasaqa).
C’est-à-dire : lorsqu’elle s’achève, se rassemble et atteint la perfection.
Al-Ḥasan a dit : « ittasaq » signifie : elle s’est remplie et réunie.
Ibn ʿAbbâs : « istawâ » – elle s’est complétée.
Qatâdah : « istadâra » – elle s’est arrondie.
Al-Farrâʾ : Son « ittisâq » est sa plénitude et son achèvement durant les nuits de pleine lune. Le verbe relève de la forme « iftiʿâl » dérivée de « al-wasq », qui signifie « rassemblement ».
On dit : « wasaqtuhu fa-ittasaq » – je l’ai réuni, alors il s’est rassemblé ; de même que l’on dit : « wasaltuhu fa-ittasal » – je l’ai relié, alors il s’est relié.
On dit aussi : « amru fulânin muttasiq » – l’affaire d’Untel est cohérente, c’est-à-dire bien ordonnée et fondée sur la droiture.
Et l’on dit : « ittasaq ach-shayʾ » lorsqu’une chose se succède sans interruption ;
[ainsi que Sa parole] : « Vous monterez certes d’un degré à un autre » (latarkabunna ṭabaqan ʿan ṭabaq).
Abû ʿAmr, Ibn Masʿûd, Ibn ʿAbbâs, Abû l-ʿÂliyah, Masrûq, Abû Wâʾil, Mujâhid, an-Nakhaʿî, ash-Shaʿbî, Ibn Kathîr, Ḥamzah et al-Kisâʾî ont lu « latarkabanna » avec la voyelle fatḥa sur le bâʾ, comme adresse au Prophète ﷺ ; c’est-à-dire : « Tu passeras, ô Muḥammad, d’état en état », selon Ibn ʿAbbâs.
Ash-Shaʿbî : « Tu graviras, ô Muḥammad, ciel après ciel, degré après degré, rang après rang, dans la proximité d’Allâh », le Très-Haut.
Ibn Masʿûd : « Tu parcourras le ciel état après état », c’est-à-dire les états qu’Allâh – exalté soit-Il – lui a décrits : sa fissuration, son enroulement, son aspect tantôt comme du métal fondu (al-muhl), tantôt comme une huile rougeoyante (ad-dihân).
D’après Ibrâhîm, rapporté par ʿAbd al-Aʿlâ, au sujet de « ṭabaqan ʿan ṭabaq » : « Le ciel sera retourné état après état ; il deviendra tantôt une rose semblable à du cuir teint, tantôt tel un métal en fusion. »
Et l’on a dit encore : « Tu passeras, ô être humain, d’une condition à une autre : d’abord goutte de sperme, puis adhérence sanguinolente, puis embryon mâché, puis vivant et mort, riche et pauvre. »
L’adresse concerne donc l’homme mentionné dans Sa parole : « Ô homme ! Tu peines… » ; c’est un nom collectif désignant l’humanité.
Les autres lecteurs ont récité « latarkabunna » avec ḍamma sur le bāʾ, en s’adressant aux gens ; cette lecture fut préférée par Abû ʿUbayd et Abû Ḥâtim, qui dirent : « Le sens visant l’ensemble des hommes est plus approprié que celui visant le Prophète ﷺ, compte tenu de ce qui précède : “Quant à celui à qui son livre sera remis dans la main droite…” et “Quant à celui à qui son livre sera remis dans la main gauche…”. » Autrement dit : « Vous passerez d’état en état parmi les épreuves du Jour de la Résurrection », ou encore : « Vous suivrez la voie de ceux qui vous ont précédés dans le démenti et l’invention de mensonges contre les prophètes. »
Je dis : tous ces sens sont visés, et des ḥadiths l’attestent (1).
Ainsi, Abû Nuʿaym, le ḥâfiẓ, a rapporté d’après Jaʿfar ibn Muḥammad ibn ʿAlî, d’après Jâbir – qu’Allâh l’agrée – qu’il a dit :
« J’ai entendu le Messager ﷺ dire : “Le fils d’Adam est certes inattentif à ce pour quoi Allâh – le Puissant, le Majestueux – l’a créé. Certes, Allâh – nul ne mérite d’être adoré en dehors de Lui – lorsqu’Il veut le créer, dit à l’ange : ‘Écris sa subsistance, ses traces et son terme, et inscris-le malheureux ou heureux.’ Puis cet ange s’élève, et Allâh en dépêche un autre…” »