Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Et lorsque la terre sera déployée » : c’est-à-dire qu’elle sera aplatie et que ses montagnes seront écrasées.

Le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : « Elle sera déployée comme on déploie une pièce de cuir », car lorsqu’on étend le cuir, tous ses plis disparaissent, il s’allonge et devient parfaitement plat.

Ibn ʿAbbâs et Ibn Masʿûd ont dit : « Son étendue sera accrue de tant et tant, afin que les créatures puissent s’y tenir pour le Jugement, si bien qu’aucun homme n’y disposera que de l’espace où poser ses pieds, tant ils seront nombreux. »

Il a déjà été mentionné, dans la sourate Ibrâhîm, que la terre sera remplacée par une autre terre, laquelle est — selon Ibn ʿAbbâs — as-Sâhira, comme cela a été précédemment rapporté de lui.

« et qu’elle rejettera ce qu’elle contient et se videra » : c’est-à-dire qu’elle fera sortir ses morts et s’en séparera.

Ibn Jubayr a dit : « Elle rejettera ce que son ventre recèle de morts, et se videra de ceux qui sont vivants sur sa surface. »

D’autres ont dit : « Elle rejettera les trésors et les minerais qu’elle renferme, puis s’en videra ; c’est-à-dire que son intérieur deviendra vide, il n’y restera plus rien. Cela annonce la gravité de la situation, tout comme la femme enceinte expulse ce qu’elle porte lorsqu’elle est acculée. »

On a dit encore : « Elle se débarrassera de ce qu’elle porte sur son dos, à savoir ses montagnes et ses mers. »

Et l’on a dit : « Elle rejettera ce qui lui avait été confié et se videra de ce qu’elle avait été chargée de garder, car Allah — exalté soit-Il — lui avait confié Ses serviteurs, vivants et morts, et l’avait chargée de préserver Ses contrées, leurs cultures et leurs subsistances. »

« et qu’elle prêtera l’oreille à son Seigneur » : c’est-à-dire pour rejeter ses morts ; « et il lui sied de le faire », c’est-à-dire il convient qu’elle entende Son ordre.

Les savants ont divergé au sujet de la proposition répondant à la particule « lorsque ». Al-Farrâʾ dit : c’est « elle obéira », la conjonction wa étant redondante, de même que dans « et qu’elle rejettera ».

Ibn al-Anbârî rapporte que certains exégètes considèrent que le répondant de « Lorsque le ciel se fendra » est « elle obéira », prétendant que le wa est intercalé ; mais c’est une erreur, car les Arabes n’intercalent la conjonction wa qu’avec « ḥattâ idhâ » et avec « lammâ », comme dans la parole du Très-Haut : « jusqu’à ce que, lorsqu’ils y arrivent, ses portes s’ouvrent » (az-Zumar, 71), et dans Sa parole : « Puis lorsque tous deux se furent soumis et qu’il l’eut allongé sur le front, Nous l’appelâmes » (as-Ṣâffât, 103-104) — c’est-à-dire : Nous l’appelâmes — et l’on n’intercale pas le wa ailleurs que dans ces deux cas.

On a dit encore : la réponse est une fa (ف) sous-entendue, comme si l’on disait : « Lorsque le ciel se fendra, alors, ô homme, tu peines… »

On a dit : son répondant est ce que sous-entend l’expression « et tu le rencontreras », c’est-à-dire : lorsque le ciel se fendra, l’homme rencontrera le fruit de son labeur.

On a dit : il y a inversion d’ordre, à savoir : « Ô homme, tu peines vers ton Seigneur d’un labeur incessant, et tu Le rencontreras lorsque le ciel se fendra » ; telle est l’opinion d’al-Mubarrad.

Et, selon lui encore, la réponse est : « Quant à celui à qui son livre sera remis dans la main droite… », avis partagé par al-Kisâʾî ; c’est-à-dire : « Lorsque le ciel se fendra, quiconque recevra son registre dans sa main droite — tel sera son sort. »

Abû Jaʿfar an-Naḥḥâs a dit : « C’est là l’avis le plus correct. »

قوله تَعَالَى: (وَإِذَا الْأَرْضُ مُدَّتْ) أَيْ بُسِطَتْ وَدُكَّتْ جِبَالُهَا. قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (تُمَدُّ مَدَّ الْأَدِيمِ) لِأَنَّ الْأَدِيمَ إِذَا مُدَّ زَالَ كُلُّ انْثِنَاءِ فِيهِ وَامْتَدَّ وَاسْتَوَى. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَابْنُ مَسْعُودٍ: وَيُزَادُ وَسِعَتُهَا كَذَا وَكَذَا، لِوُقُوفِ الْخَلَائِقِ عَلَيْهَا لِلْحِسَابِ حَتَّى لَا يَكُونُ لِأَحَدٍ مِنَ الْبَشَرِ إِلَّا مَوْضِعُ قَدَمِهِ، لِكَثْرَةِ الْخَلَائِقِ فِيهَا. وَقَدْ مَضَى فِي سُورَةِ " إِبْرَاهِيمَ" «١» أَنَّ الْأَرْضَ تُبَدَّلُ بِأَرْضٍ أُخْرَى وَهِيَ السَّاهِرَةُ فِي قَوْلِ ابْنِ عَبَّاسٍ عَلَى مَا تَقَدَّمَ عَنْهُ «٢» . (وَأَلْقَتْ مَا فِيها وَتَخَلَّتْ) أَيْ أَخْرَجَتْ أَمْوَاتَهَا، وَتَخَلَّتْ عَنْهُمْ. وَقَالَ ابْنُ جُبَيْرٍ: أَلْقَتْ مَا فِي بَطْنِهَا مِنَ الْمَوْتَى، وَتَخَلَّتْ مِمَّنْ عَلَى ظَهْرِهَا مِنَ الْأَحْيَاءِ. وَقِيلَ: أَلْقَتْ مَا فِي بَطْنِهَا مِنْ كُنُوزِهَا وَمَعَادِنَهَا، وَتَخَلَّتْ مِنْهَا. أَيْ خَلَا جَوْفُهَا، فَلَيْسَ فِي بَطْنِهَا شي، وَذَلِكَ يُؤْذِنُ بِعَظَمِ الْأَمْرِ، كَمَا تُلْقِي الْحَامِلَ مَا فِي بَطْنِهَا عِنْدَ الشِّدَّةِ. وَقِيلَ: تَخَلَّتْ مِمَّا عَلَى ظَهْرِهَا مِنْ جِبَالِهَا وَبِحَارِهَا. وَقِيلَ: أَلْقَتْ مَا اسْتُودِعَتْ، وَتَخَلَّتْ مِمَّا اسْتُحْفِظَتْ، لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى اسْتَوْدَعَهَا عِبَادَهُ أَحْيَاءً وَأَمْوَاتًا، وَاسْتَحْفَظَهَا بِلَادَهُ مُزَارَعَةً وَأَقْوَاتًا. (وَأَذِنَتْ لِرَبِّها) أَيْ فِي إِلْقَاءِ مَوْتَاهَا (وَحُقَّتْ) أَيْ وَحُقَّ لَهَا أَنْ تَسْمَعَ أَمْرَهُ. وَاخْتُلِفَ فِي جَوَابٍ إِذَا فَقَالَ الْفَرَّاءُ: أَذِنَتْ. وَالْوَاوُ زَائِدَةٌ، وَكَذَلِكَ وَأَلْقَتْ. ابْنُ الْأَنْبَارِيِّ: قَالَ بَعْضُ الْمُفَسِّرِينَ: جَوَابُ إِذَا السَّماءُ انْشَقَّتْ أَذِنَتْ، وَزَعَمَ أَنَّ الْوَاوَ مُقْحَمَةٌ وَهَذَا غَلَطٌ، لِأَنَّ الْعَرَبَ لَا تُقْحِمُ الْوَاوَ إِلَّا مَعَ (حَتَّى- إِذَا) كَقَوْلِهِ تَعَالَى: حَتَّى إِذا جاؤُها فُتِحَتْ أَبْوابُها [الزمر: ٧١] وَمَعَ (لَمَّا) كَقَوْلِهِ تَعَالَى: فَلَمَّا أَسْلَما وَتَلَّهُ لِلْجَبِينِ. وَنادَيْناهُ [الصافات: ١٠٤ - ١٠٣] مَعْنَاهُ نادَيْناهُ وَالْوَاوُ لَا تُقْحَمُ مَعَ غَيْرِ هَذَيْنَ. وَقِيلَ: الْجَوَابُ فَاءٌ مُضْمَرَةٌ كَأَنَّهُ قَالَ: إِذَا السَّماءُ انْشَقَّتْ ف يا أَيُّهَا الْإِنْسانُ إِنَّكَ كادِحٌ. وَقِيلَ: جَوَابُهَا مَا دَلَّ عَلَيْهِ فَمُلاقِيهِ أَيْ إِذَا السَّمَاءُ انْشَقَّتْ لَاقَى الْإِنْسَانُ كَدْحَهُ. وَقِيلَ: فِيهِ تَقْدِيمٌ وَتَأْخِيرٌ، أَيْ يَا أَيُّهَا الْإِنْسانُ إِنَّكَ كادِحٌ إِلى رَبِّكَ كَدْحاً فَمُلاقِيهِ إِذَا السَّماءُ انْشَقَّتْ. قَالَهُ الْمُبَرِّدُ. وَعَنْهُ أَيْضًا: الْجَوَابُ فَأَمَّا مَنْ أُوتِيَ كِتابَهُ بِيَمِينِهِ وَهُوَ قَوْلُ الْكِسَائِيِّ، أَيْ إِذَا السَّمَاءُ انْشَقَّتْ فَمَنْ أُوتِيَ كِتَابَهُ بِيَمِينِهِ فَحُكْمُهُ كَذَا. قَالَ أَبُو جَعْفَرٍ النَّحَّاسُ: وَهَذَا أَصَحُّ
(١). راجع ج ٩ ص ٣٨٣. (٢). راجع ص ١٩٦ من هذا الجزء.

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