Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ṭamaʿ et ṭāmiʿ, ḥadhir et ḥādhir ; l’affaire a été signalée plus haut dans la sourate « ad-Dukhān »¹. Louange à Allah.

On a dit encore : al-fakih (sans alif) désigne l’insolent imbu de lui-même, tandis que al-fākih (avec alif) désigne celui qui jouit d’une vie douce et confortable.

(Et lorsqu’ils les voient) : c’est-à-dire, lorsque ces mécréants voient les compagnons de Muḥammad – qu’Allah prie sur lui et le salue –, (ils disent : « Les voilà certes des égarés »), pour avoir suivi Muḥammad – paix et bénédictions d’Allah sur lui. Or ils n’ont pas été envoyés pour être leurs gardiens : ni chargés de leurs œuvres, ni préposés à leurs états, ni surveillants sur eux.

(Aussi, aujourd’hui) – c’est-à-dire le Jour de la Résurrection – (les croyants) en Muḥammad – paix et bénédictions d’Allah sur lui – (se rient des mécréants) comme, en ce bas monde, les mécréants se riaient d’eux. Un passage analogue se trouve à la fin de la sourate « al-Muʾminūn »², déjà cité.

Ibn al-Mubārak rapporte : Muḥammad b. Bashshār nous a informés, d’après Qatādah, au sujet de la parole du Très-Haut : « Aujourd’hui les croyants se rient des mécréants. » Il dit : « On nous a rapporté que Kaʿb disait : “Entre le Paradis et l’Enfer se trouvent des lucarnes ; lorsque le croyant voudra regarder l’ennemi qu’il avait eu dans le monde d’ici-bas, il jettera un coup d’œil par l’une de ces lucarnes.” »

Allah – exalté soit-Il – dit dans un autre verset : « Il se pencha et le vit au beau milieu de la Fournaise » (as-Ṣāffāt, 55). Qatādah ajouta : « On nous a rapporté qu’il se pencha et vit les crânes des gens bouillir. »

Ibn al-Mubārak rapporta encore : al-Kalbī nous a informés, d’après Abū Ṣāliḥ, au sujet de la parole du Très-Haut : « Allah se moque d’eux » (al-Baqarah, 15). Il dit : « On dira aux hôtes du Feu, tandis qu’ils sont dans le Feu : “Sortez !” Les portes de l’Enfer s’ouvriront alors pour eux ; lorsqu’ils les verront ouvertes, ils s’y précipiteront pour sortir, tandis que les croyants les contempleront depuis des divans. Lorsqu’ils arriveront aux portes, celles-ci se refermeront devant eux ; tel est le sens de Sa parole : “Allah se moque d’eux” (al-Baqarah, 15). Les croyants se rient alors d’eux lorsque les portes se referment devant eux ; c’est la parole du Très-Haut : “Aujourd’hui les croyants se rient des mécréants.” »

(Installés sur des divans, ils les regardent. « Les mécréants ont-ils reçu la rétribution de ce qu’ils faisaient ? ») – Tout cela a déjà été expliqué au début de la sourate « al-Baqarah »³. Le sens de « hal thuwwiba » est : a-t-on rétribué, c’est-à-dire châtié leur raillerie, ici-bas, dirigée contre les croyants, lorsque cette scène se produira ?

On a dit aussi que l’expression se rattache à « ils regardent » : ils regardent pour voir si les mécréants ont été rétribués ; « hal » prend alors la valeur d’une interrogation confirmative, occupant la fonction d’objet direct de « yanẓurūn ».

D’autres voient là une proposition incidente, sans rôle syntaxique précis.

D’autres enfin estiment qu’il s’agit d’une ellipse dépendant d’un verbe de dire : certains croyants diront à d’autres : « Les mécréants ont-ils reçu leur dû ? », c’est-à-dire ont-ils été rétribués et payés de retour. Le terme provient de « thāba / yathūbu », « revenir » ; ainsi, le thawāb est ce qui revient au serviteur en contrepartie de son acte, qu’il soit bon ou mauvais.

La sourate s’achève ici – et Allah est plus savant.

¹ Voir supra, ad-Dukhān.
² Cf. al-Muʾminūn, fin de la sourate.
³ Cf. al-Baqarah, début de la sourate.

طَمِعٌ وَطَامِعٌ وَحَذِرٌ وَحَاذِرٌ، وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي سُورَةِ " الدُّخَانِ" «١» وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. وَقِيلَ: الْفَكِهُ: الْأَشِرُ الْبَطِرُ وَالْفَاكِهُ: النَّاعِمُ الْمُتَنَعِّمُ. (وَإِذا رَأَوْهُمْ) أَيْ إِذَا رَأَى هَؤُلَاءِ الْكُفَّارُ أَصْحَابَ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ (قالُوا إِنَّ هؤُلاءِ لَضالُّونَ) فِي اتِّبَاعِهِمْ مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ (وَما أُرْسِلُوا عَلَيْهِمْ حافِظِينَ) لِأَعْمَالِهِمْ، مُوَكَّلِينَ بِأَحْوَالِهِمْ، رُقَبَاءَ عَلَيْهِمْ (.) (فَالْيَوْمَ) يَعْنِي هَذَا الْيَوْمَ الَّذِي هُوَ يَوْمُ الْقِيَامَةِ (الَّذِينَ آمَنُوا) بِمُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ (مِنَ الْكُفَّارِ يَضْحَكُونَ) كَمَا ضَحِكَ الْكُفَّارُ مِنْهُمْ فِي الدُّنْيَا. نَظِيرُهُ فِي آخِرِ سُورَةِ " الْمُؤْمِنِينَ" «٢» وَقَدْ تَقَدَّمَ. وَذَكَرَ ابْنُ الْمُبَارَكِ: أَخْبَرَنَا مُحَمَّدُ بْنُ بَشَّارٍ عَنْ قَتَادَةَ فِي قَوْلُهُ تَعَالَى: فَالْيَوْمَ الَّذِينَ آمَنُوا مِنَ الْكُفَّارِ يَضْحَكُونَ قَالَ: ذُكِرَ لَنَا أَنَّ كَعْبًا كَانَ يَقُولُ إِنَّ بَيْنَ الْجَنَّةِ وَالنَّارِ كُوًى، فَإِذَا أَرَادَ الْمُؤْمِنُ أَنْ يَنْظُرَ إِلَى عَدُوٍّ كَانَ لَهُ فِي الدُّنْيَا اطَّلَعَ مِنْ بَعْضِ الْكُوَى، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى فِي آيَةٍ أُخْرَى: فَاطَّلَعَ فَرَآهُ فِي سَواءِ الْجَحِيمِ [الصافات: ٥٥] قَالَ: ذُكِرَ لَنَا أَنَّهُ اطَّلَعَ فَرَأَى جَمَاجِمَ الْقَوْمِ تَغْلِي. وَذَكَرَ ابْنُ الْمُبَارَكِ أَيْضًا: أَخْبَرَنَا الْكَلْبِيُّ عَنْ أَبِي صَالِحٍ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: اللَّهُ يَسْتَهْزِئُ بِهِمْ [البقرة: ١٥] قَالَ: يُقَالُ لِأَهْلِ النَّارِ وَهُمْ فِي النَّارِ: اخْرُجُوا، فَتُفْتَحُ لَهُمْ أَبْوَابُ النَّارِ، فَإِذَا رَأَوْهَا قَدْ فُتِحَتْ أَقْبَلُوا إِلَيْهَا يُرِيدُونَ الْخُرُوجَ، وَالْمُؤْمِنُونَ يَنْظُرُونَ إِلَيْهِمْ عَلَى الْأَرَائِكِ، فَإِذَا انْتَهَوْا إِلَى أَبْوَابِهَا غُلِّقَتْ دُونَهُمْ، فَذَلِكَ قَوْلُهُ اللَّهُ يَسْتَهْزِئُ بِهِمْ [البقرة: ١٥] وَيَضْحَكُ مِنْهُمُ الْمُؤْمِنُونَ حِينَ غُلِّقَتْ دُونَهُمْ فَذَلِكَ قَوْلُهُ تَعَالَى: فَالْيَوْمَ الَّذِينَ آمَنُوا مِنَ الْكُفَّارِ يَضْحَكُونَ. (عَلَى الْأَرائِكِ يَنْظُرُونَ. هَلْ ثُوِّبَ الْكُفَّارُ مَا كانُوا يَفْعَلُونَ) وَقَدْ مَضَى هَذَا فِي أَوَّلِ سُورَةِ " الْبَقَرَةِ" «٣» . وَمَعْنَى هَلْ ثُوِّبَ أَيْ هَلْ جُوزِيَ بِسُخْرِيَتِهِمْ فِي الدُّنْيَا بِالْمُؤْمِنِينَ إِذَا فَعَلَ بِهِمْ ذَلِكَ. وَقِيلَ: إِنَّهُ مُتَعَلِّقٌ بِ يَنْظُرُونَ أَيْ يَنْظُرُونَ: هَلْ جُوزِيَ الْكُفَّارُ؟ فَيَكُونُ مَعْنًى هَلِ [التَّقْرِيرَ] وَمَوْضِعُهَا نَصْبًا بِ يَنْظُرُونَ. وَقِيلَ: اسْتِئْنَافٌ لَا مَوْضِعَ لَهُ مِنَ الْإِعْرَابِ. وَقِيلَ: هُوَ إِضْمَارٌ عَلَى الْقَوْلِ، وَالْمَعْنَى، يَقُولُ بَعْضُ الْمُؤْمِنِينَ لِبَعْضٍ: هَلْ ثُوِّبَ الْكُفَّارُ أَيْ أُثِيبَ وَجُوزِيَ. وَهُوَ مِنْ ثَابَ يَثُوبُ أَيْ رَجَعَ، فَالثَّوَابُ مَا يَرْجِعُ عَلَى الْعَبْدِ فِي مُقَابَلَةِ عَمَلِهِ، وَيُسْتَعْمَلُ فِي الْخَيْرِ وَالشَّرِّ. خُتِمَتِ السورة والله أعلم.
(١). راجع ج ١٦ ص (١٣٩) (٢). راجع ج ١٢ ص ١٥٥. (٣). راجع ج ١ ص ٢٠٨

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