Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sourate al-Muṭaffifīn (83), versets 29 à 36

  1. Certes, les criminels se riaient de ceux qui avaient cru ;
  2. et lorsqu’ils passaient près d’eux, ils se faisaient des clins d’œil complices ;
  3. puis, lorsqu’ils retournaient vers leurs familles, ils retournaient enjoués ;
  4. et quand ils les voyaient, ils disaient : « Les voilà, assurément, des égarés ! »
  5. alors qu’ils n’avaient nullement été envoyés pour être leurs gardiens.
  6. Aujourd’hui donc, ceux qui ont cru se rient des mécréants,
  7. installés sur des divans, ils regardent ;
  8. et l’on dira : « Les mécréants ont-ils reçu la récompense de ce qu’ils faisaient ? »

Commentaire

Sa parole – exalté soit-Il – : « Certes, les criminels… » décrit l’attitude des âmes des mécréants, ici-bas, à l’égard des croyants : ils se moquent d’eux. Sont visés les chefs de Quraych parmi les polythéistes.

Des rapporteurs ont transmis d’Ibn ʿAbbâs qu’il s’agit d’al-Walîd b. al-Mughîra, ʿUqba b. Abî Muʿayṭ, al-ʿĀṣ b. Wāʾil, al-Aswad b. ʿAbd-Yaghūth, al-ʿĀṣ b. Hishâm, Abû Jahl, an-Naḍr b. al-Ḥârith et consorts ; tandis que « ceux qui avaient cru » désigne des Compagnons de Muḥammad – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – tels que ʿAmmâr, Khabbâb, Ṣuhayb et Bilâl, contre lesquels ils ricanaient avec dérision.

« Et lorsqu’ils passaient près d’eux », c’est-à-dire lorsqu’ils se rendaient auprès du Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui –, « ils se faisaient des clins d’œil » : les uns faisaient signe aux autres, indiquant de l’œil leur moquerie.

On a également dit : ils les stigmatisaient pour leur islam et les en blâmaient. On dit : « j’ai pressé (ghamastu) une chose de ma main » ;

Poème :
« Lorsque j’atteignais la hampe d’une lance ennemie,
Soit je lui brisais le talon, soit je la redressais affermie. »

ʿÂʾisha – qu’Allâh l’agrée – rapporta : « Quand le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – se prosternait, il me touchait légèrement et je retirais ma jambe » – ḥadith déjà cité dans la sourate « An-Nisâʾ ». On dit aussi : « Je lui ai fait un signe de l’œil. »

Selon une autre explication, al-ghamz signifie blâmer ; on dit : « Il l’a blâmé (ghamazahu) », c’est-à-dire critiqué. De même : « Il n’y a chez un tel aucune ghamza », autrement dit aucune tare.

Muqâtil dit : Cette révélation concerne ʿAlî b. Abî Ṭâlib ; il était venu, accompagné d’un groupe de musulmans, voir le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui –, alors les hypocrites les ont dénigrés, se sont moqués d’eux et se sont fait des signes entre eux.

« Et lorsqu’ils retournent » – c’est-à-dire quand ils se retirent vers leurs familles, leurs compagnons et leurs proches – « ils retournent réjouis », pleins d’orgueil à leur propos.

Selon une autre opinion, ils se plaisent dans leur mécréance et se divertissent à médire des croyants.

Ibn al-Qaʿqāʿ, Ḥafṣ, al-Aʿraj et as-Sulamî ont lu « fakihīn » sans alif, alors que les autres lecteurs maintiennent l’alif. Al-Farrâʾ dit : ce sont deux dialectes, tels que

[سورة المطففين (٨٣) : الآيات ٢٩ الى ٣٦] إِنَّ الَّذِينَ أَجْرَمُوا كانُوا مِنَ الَّذِينَ آمَنُوا يَضْحَكُونَ (٢٩) وَإِذا مَرُّوا بِهِمْ يَتَغامَزُونَ (٣٠) وَإِذَا انْقَلَبُوا إِلى أَهْلِهِمُ انْقَلَبُوا فَكِهِينَ (٣١) وَإِذا رَأَوْهُمْ قالُوا إِنَّ هؤُلاءِ لَضالُّونَ (٣٢) وَما أُرْسِلُوا عَلَيْهِمْ حافِظِينَ (٣٣) فَالْيَوْمَ الَّذِينَ آمَنُوا مِنَ الْكُفَّارِ يَضْحَكُونَ (٣٤) عَلَى الْأَرائِكِ يَنْظُرُونَ (٣٥) هَلْ ثُوِّبَ الْكُفَّارُ مَا كانُوا يَفْعَلُونَ (٣٦) قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّ الَّذِينَ أَجْرَمُوا) وَصَفَ أَرْوَاحَ الْكُفَّارِ فِي الدُّنْيَا مَعَ الْمُؤْمِنِينَ بِاسْتِهْزَائِهِمْ بِهِمْ وَالْمُرَادُ رُؤَسَاءُ قُرَيْشٍ مِنْ أَهْلِ الشِّرْكِ. رَوَى نَاسٌ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: هُوَ الْوَلِيدُ بْنُ الْمُغِيرَةِ، وَعُقْبَةُ بْنُ أَبِي مُعَيْطٍ، وَالْعَاصُ بْنُ وَائِلٍ، وَالْأَسْوَدُ بْنُ عَبْدِ يَغُوثَ، والعاص ابن هِشَامٍ، وَأَبُو جَهْلٍ، وَالنَّضْرُ بْنُ الْحَارِثِ، وَأُولَئِكَ (كانُوا مِنَ الَّذِينَ آمَنُوا) مِنْ أَصْحَابِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِثْلَ عَمَّارٍ، وَخَبَّابٍ وَصُهَيْبٍ وَبِلَالٍ (يَضْحَكُونَ) عَلَى وَجْهِ السُّخْرِيَةِ. (وَإِذا مَرُّوا بِهِمْ) عِنْدَ إِتْيَانِهِمْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ (يَتَغامَزُونَ) : يَغْمِزُ بَعْضُهُمْ بَعْضًا، وَيُشِيرُونَ بِأَعْيُنِهِمْ. وَقِيلَ: أَيْ يُعَيِّرُونَهُمْ بِالْإِسْلَامِ وَيَعِيبُونَهُمْ بِهِ يُقَالُ: غَمَزْتُ الشَّيْءَ بِيَدِي، قَالَ: وَكُنْتُ إِذَا غَمَزْتُ قَنَاةَ قَوْمٍ ... كَسَرْتُ كُعُوبَهَا أَوْ تَسْتَقِيمَا وَقَالَتْ عَائِشَةُ: كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا سَجَدَ غَمَزَنِي، فَقَبَضْتُ رِجْلِي. الْحَدِيثَ، وَقَدْ مَضَى فِي " النِّسَاءِ" «١» . وَغَمَزْتُهُ بِعَيْنِيِّ. وَقِيلَ: الْغَمْزُ: بِمَعْنَى الْعَيْبِ، يُقَالُ غَمَزَهُ: أَيْ عَابَهُ، وَمَا فِي فُلَانٍ غَمْزَةٌ أَيْ عَيْبٌ. وَقَالَ مُقَاتِلٌ: نَزَلَتْ فِي عَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ جَاءَ فِي نَفَرٍ مِنَ الْمُسْلِمِينَ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَلَمَزَهُمُ الْمُنَافِقُونَ، وَضَحِكُوا عَلَيْهِمْ وَتَغَامَزُوا. (وَإِذَا انْقَلَبُوا) أَيِ انْصَرَفُوا إِلَى أَهْلِهِمْ وَأَصْحَابِهِمْ وَذَوِيِهِمْ (انْقَلَبُوا فَكِهِينَ) أَيْ مُعْجَبِينَ مِنْهُمْ. وَقِيلَ: مُعْجَبُونَ بِمَا هُمْ عَلَيْهِ مِنَ الْكُفْرِ، مُتَفَكِّهُونَ بِذِكْرِ الْمُؤْمِنِينَ. وَقَرَأَ ابْنُ الْقَعْقَاعِ وَحَفْصٌ وَالْأَعْرَجُ وَالسُّلَمِيُّ: فَكِهِينَ بِغَيْرِ أَلِفٍ. الْبَاقُونَ بِأَلِفٍ. قَالَ الْفَرَّاءُ: هُمَا لُغَتَانِ مِثْلَ
(١). راجع ج ٥ ص ٢٢٦.

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