Son mélange n’est, en vérité, que de musc. Il dit : « C’est une boisson blanche, semblable à l’argent ; on en scelle la fin de leurs breuvages. Si l’un des gens d’ici-bas y plongeait sa main puis la retirait, il ne resterait aucun être animé qui ne perçût l’odeur de son parfum. »
Ubayy b. Kaʿb rapporte : On demanda : « Ô Messager d’Allâh, qu’est donc le nectar cacheté ? » Il répondit : « Des bassins de vin. »
Et l’on a dit : il est cacheté dans des récipients et diffère de celui qui coule dans les rivières. Allâh est plus Savant.
« Et dans cela » – c’est-à-dire dans ce que nous venons de décrire au sujet du Paradis – « que les compétiteurs rivalisent » ; autrement dit, que ceux qui aspirent y aspirent. On dit : « nafaštu ʿalayhi » – je m’en suis montré avare et n’ai pas voulu que cela lui parvienne.
On a également dit : la particule « fa » a ici le sens de « vers » ; ainsi, vers cela, que ceux qui se hâtent se hâtent dans l’œuvre, semblablement à Sa parole : « Pour le semblable de cela, que les ouvriers œuvrent. »
« Et son mélange est de Tasnîm » : c’est un breuvage qui se déverse sur eux d’en-haut ; la boisson la plus noble du Paradis.
Dans la langue, le terme « tasnîm » renvoie à l’élévation : c’est une source dont l’eau descend d’un point élevé vers un point inférieur ; de là dérivent le sanâm du chameau, proéminence de son corps, et l’élévation des tombes.
Il est rapporté de ʿAbdullâh : « Tasnîm est une source au Paradis ; les rapprochés en boivent pure, et l’on en mêle la coupe des Compagnons de la droite, qui s’en trouve parfumée. »
Ibn ʿAbbâs a dit, au sujet de la parole du Très-Haut : « et son mélange est de Tasnîm » : « Cela fait partie de ce qu’Allâh – Exalté soit-Il – a déclaré : “Nulle âme ne sait ce qui leur a été caché comme réjouissance des yeux.” » (As-Sajda, 17)
On a aussi dit : Tasnîm est une source qui coule dans l’air par la puissance d’Allâh ; elle se déverse, à la mesure voulue, dans les récipients des gens du Paradis ; quand ceux-ci sont pleins, l’eau se retient, si bien qu’aucune goutte ne tombe à terre et qu’ils n’ont pas besoin d’aller puiser. Ainsi parla Qatâda.
Ibn Zayd ajouta : Il nous est parvenu qu’elle jaillit de dessous le Trône ; il en va de même dans les Mursal d’al-Ḥasan, et nous l’avons mentionné dans la sourate « al-Insân ». (1)
« Une source dont boivent les Proches » : les habitants du Jardin d’ʿAdn, l’élite des gens du Paradis, en boivent pure, tandis qu’elle n’est qu’un mélange pour les autres. Le mot « ʿaynan » est à l’accusatif par louange.
Al-Zajjâj dit : il est accusatif en tant que complément circonstanciel de « Tasnîm » ; « Tasnîm » est un nom propre sans étymologie connue. Mais si tu le considères comme un nom verbal dérivé de « sanâm », alors « ʿaynan » est mis à l’accusatif parce qu’il en est l’objet, comme dans Sa parole – exalté soit-Il : « ou bien nourrir, en un jour de disette, un orphelin » (Al-Balad, 14-15).
Telle est aussi l’opinion d’al-Farrâʾ : il est régi par « Tasnîm ». Selon al-Akhaffash, il se rapporte à « yusqawn » – « on leur fera boire une source » ou « de la source » ; et, pour al-Mubarrad, cet accusatif résulte d’une ellipse, [comprise] à titre d’éloge.