Ils boivent d’un flot ; quand sur eux le Baradâ ruisselle,
un nectar clair, suave, y clapote et étincelle. (1)
Un autre a dit :
Nul chemin vers la jeunesse et son lumineux attrait ;
Il m’est plus cher que le nectar limpide et frais. (2)
« Cacheté, son sceau est de musc. »
Mujâhid a dit : la toute dernière gorgée en est scellée.
D’autres ont expliqué : lorsqu’ils auront bu ce nectar et que la coupe sera vide, tout s’achèvera par un sceau de musc.
Ibn Masʿûd disait : ils en goûteront finalement la saveur du musc.
De même, Saʿîd b. Jubayr et Ibrâhîm an-Nakhaʿî ont déclaré : « Son khitâm est son ultime goût. » C’est pertinent, car dans les boissons d’ici-bas c’est la lie qui se dépose à la fin ; le breuvage des gens du Paradis, lui, est décrit de telle sorte que le parfum de sa dernière gorgée soit un parfum de musc.
Masrûq rapporte d’après ʿAbdullâh : « al-makhtûm » signifie : mêlé.
On a également dit : « makhtûm » veut dire scellé, préservé de tout contact jusqu’à ce que les vertueux en brisent eux-mêmes le sceau.
ʿAlî, ʿAlqama, Shaqîq, aḍ-Ḍaḥḥâk, Ṭâwûs et al-Kisâʾî ont récité : « khâtamuhu », avec ouverture du khâʼ et du tâʼ et insertion d’un alif entre les deux.
Alqama expliquait : « N’as-tu pas entendu la femme dire au parfumeur : “Mets-y son khâtam de musc”, c’est-à-dire sa touche finale ? » « Khâtam » et « khitâm » sont proches par le sens ; toutefois, « khâtam » est un nom, tandis que « khitâm » est une forme verbale, ainsi l’a précisé al-Farrâʾ.
Dans le Ṣiḥâḥ on lit : le « khitâm » est l’argile dont on scelle les récipients.
C’est également l’avis de Mujâhid et d’Ibn Zayd : on a scellé son récipient non d’argile, mais de musc, comme l’a rapporté al-Mahdawî.
Al-Farazdaq a dit :
Je passai la nuit à rompre les verrous du sceau. (3)
Et al-Aʿshâ :
Il l’exposa, et un sceau la coiffait. (4)
C’est-à-dire : un tampon d’argile scellé — comme l’on dit : naḍḍ pour manfûḍ, ou qabḍ pour maqbûḍ.
Ibn al-Mubârak et Ibn Wahb — la formulation étant celle d’Ibn Wahb — rapportèrent d’après ʿAbdullâh b. Masʿûd, au sujet de la parole divine : « khitâmuhu misk » : il s’agit de son mélange ; ce n’est pas un sceau qui l’obture. Ne vois-tu pas l’une de vos femmes dire : « Son mélange de parfum est composé de ceci ou de cela ? »