Sijjîn est un rocher dans la septième terre.
Abû Hurayra rapporte du Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – qu’il a dit :
« Sijjîn est un puits dans la Géhenne et il est ouvert. »
Au sujet d’al-Falaq, il a dit :
« C’est un puits couvert. »
Anas a déclaré : « C’est une strate (darakah) dans la terre inférieure. »
Et Anas rapporte encore que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit :
« Sijjîn se trouve sous la septième terre. »
ʿIkrima a dit : « Sijjîn signifie perte et égarement », comme l’on dit, de celui dont la valeur a déchu : « Il a glissé jusqu’au fond. »
Abû ʿUbayda, al-Akhfash et az-Zajjâj ont dit : « L’expression “certes dans Sijjîn” renvoie à une détention et à un resserrement extrêmes ; le terme est de la forme intensive fiʿʿîl dérivée de sijn (prison), de même que l’on dit : fissîq et shirrîb. »
Ibn Muqbil a chanté :
Des guerriers frappaient les cuirasses, exposées au soleil pareil,
Par un choc que les héros voulaient, farouche et sans pareil.¹
Le sens est que leur registre est maintenu en détention ; cela indique la bassesse de leur rang, ou bien le fait qu’il soit rejeté et éloigné, occupant la place du blâme et de l’humiliation.
On a également dit que l’origine du mot est « Sijjîl », la lettre lâm ayant été remplacée par une nûn ; cela a déjà été mentionné.²
Zayd ibn Aslam a dit : « Sijjîn se trouve dans la terre la plus basse, tandis que Sijjîl est dans le ciel le plus proche. »
Al-Qushayrî dit : « Sijjîn est un lieu parmi les plus inférieurs où l’on enfouit le registre de ces gens ; il n’apparaît pas, mais demeure en ce lieu comme un prisonnier. C’est là une preuve de la corruption de leurs œuvres et du mépris qu’Allah leur voue. C’est pourquoi, au sujet du Livre des vertueux, Il a dit : “Les rapprochés en sont témoins.” — Et qu’est-ce qui te fera connaître ce qu’est Sijjîn ? — c’est-à-dire : ce n’est pas une chose que tu connaissais, ô Muhammad, ni toi ni ton peuple. »
Puis Il l’a expliqué en disant :
« un écrit consigné »,
c’est-à-dire inscrit comme une broderie sur un tissu ; il n’est ni oublié ni effacé.
Qatâda a dit : « “Consigné” signifie écrit, inscrit pour eux avec malheur ; on n’y ajoute personne et on n’en retranche personne. »
Ad-Ḍaḥḥâk a dit : « “Consigné” veut dire scellé, selon la langue des Himyarites. »
Le mot raqm, dans son origine, signifie « écriture ». Ainsi le poète a dit :
J’écrirai sur l’eau limpide pour vous, lointains compagnons,
Si l’eau comptait un scribe, il scellerait nos liaisons.³
Rien, dans Sa parole : « Et qu’est-ce qui te fera connaître ce qu’est Sijjîn ? », n’indique que le terme Sijjîn ne serait pas arabe, pas plus que dans Sa parole : « Le fracas ! Qu’est le fracas ? Et qu’est-ce qui te fera connaître ce qu’est le fracas ? » ; il s’agit plutôt d’une manière de magnifier l’affaire de Sijjîn. Il a déjà été établi, dans l’introduction de cet ouvrage – et la louange appartient à Allah –, qu’il n’y a rien de non arabe dans le Coran.
« Malheur, ce jour-là, aux négateurs ! "