Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Ceux qui, lorsqu’ils prennent mesure auprès des gens, exigent la pleine quantité ».

Al-Farrâʾ dit : c’est-à-dire « auprès des gens ». On dit : « iktaltu minka » : j’ai perçu de toi la pleine mesure ; et l’on dit : « iktaltu mâ ʿalayka » : j’ai prélevé ce que tu devais.

Az-Zajjâj précise : lorsque ces gens prennent mesure des autres, ils exigent d’eux la mesure complète.

Le sens est donc : lorsqu’ils reçoivent, ils prennent même le surplus ; mais lorsqu’ils mesurent ou pèsent pour autrui, ils diminuent ; ils n’agréent pas aux autres ce qu’ils agréent à eux-mêmes.

Aṭ-Ṭabarî remarque que la préposition « ʿalâ » signifie ici « auprès de ».

Parole du Très-Haut :

« Et lorsqu’ils leur mesurent ou leur pèsent, ils leur causent perte. »

Deux questions se posent à ce propos.

Premièrement : l’expression divine « lorsqu’ils leur mesurent ou leur pèsent » signifie : « lorsqu’ils mesurent pour eux » ou « pèsent pour eux ». La préposition « lâm » a été omise ; le verbe est ainsi devenu transitif direct, comme dans « naṣaḥtuka/naṣaḥtu laka » ou « amartuka bihi/amartukahu ». Tel est l’avis d’al-Akhfash et d’al-Farrâʾ.

Al-Farrâʾ rapporte encore avoir entendu une Bédouine dire : « Quand la foule se disperse, nous allons chez le marchand, et il nous mesure un mudd ou deux jusqu’à la saison prochaine. » C’est la langue des gens du Ḥijâz et de leurs voisins de Qays.

Az-Zajjâj soutient qu’il n’est pas permis de s’arrêter dans la récitation sur « kâlû » ou sur « wazanû » sans les lier au pronom « hum ». Certains considèrent ce pronom comme un simple renforcement et autorisent l’arrêt ; néanmoins, la première option est préférable, selon al-Kisâʾî, parce qu’il ne s’agit que d’un seul mot.

Abû ʿUbayd rapporte quʿIsâ b. ʿUmar tenait qu’il s’agissait de deux mots ; il s’arrêtait donc sur « kâlû » et « wazanû » et reprenait à « hum yukhsirûn ». Il ajoute : « Il me semble que la lecture de Ḥamza suit également cette voie. »

Abû ʿUbayd conclut que l’opinion la plus juste est d’y voir un seul mot pour deux raisons : premièrement, l’orthographe, car on l’a écrit sans alif ; s’il s’était agi de deux mots, on aurait écrit « kâlû » et « wazanû » avec alif. Deuxièmement, parce qu’il est usuel en arabe de dire : « kiltuka » et « wazantuka » au sens de « kiltu laka » et « wazantu laka », de même que « ṣidtuka/ṣidtu laka », « kasabtuka/kasabtu laka », « shakartuka », « naṣaḥtuka », etc.

Le verbe « yukhsirûn » signifie : ils diminuent, ils font perdre. Les Arabes disent : « akhsartu al-mîzân » et « khasirtuhu » : j’ai faussé la balance.

Le pronom « hum », à l’accusatif dans la récitation courante, renvoie aux « gens ». Le verset se comprend donc ainsi : « Et lorsqu’ils mesurent les gens ou les pèsent, ils les lésent. »

Deux explications sont avancées : la première veut qu’il faille comprendre : « ils mesurent pour eux » ou « pèsent pour eux », la préposition ayant été retranchée et le verbe directement rattaché au complément, comme dans le vers :

« Je t’ai cueilli truffes et fleurs sauvages… Et pourtant je t’avais interdit les filles des aurochs. »

قَوْلُهُ تَعَالَى: (الَّذِينَ إِذَا اكْتالُوا عَلَى النَّاسِ يَسْتَوْفُونَ) قَالَ الْفَرَّاءُ: أَيْ مِنَ النَّاسِ يُقَالُ: اكْتَلْتُ مِنْكَ: أَيِ اسْتَوْفَيْتُ مِنْكَ وَيُقَالُ اكْتَلْتُ مَا عَلَيْكَ: أَيْ أَخَذْتُ مَا عَلَيْكَ. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: أَيْ إِذَا اكْتَالُوا مِنَ النَّاسِ اسْتَوْفَوْا عَلَيْهِمُ الْكَيْلَ، وَالْمَعْنَى: الَّذِينَ إِذَا اسْتَوْفَوْا أَخَذُوا الزِّيَادَةَ، وَإِذَا أَوْفَوْا أَوْ وَزَنُوا لِغَيْرِهِمْ نَقَصُوا، فَلَا يَرْضَوْنَ لِلنَّاسِ مَا يَرْضَوْنَ لِأَنْفُسِهِمْ. الطَّبَرِيُّ: عَلَى بِمَعْنَى عِنْدَ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِذا كالُوهُمْ أَوْ وَزَنُوهُمْ يُخْسِرُونَ) فِيهِ مَسْأَلَتَانِ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: وَإِذا كالُوهُمْ أَوْ وَزَنُوهُمْ: أَيْ كَالُوا لَهُمْ أَوْ وَزَنُوا لَهُمْ فَحُذِفَتِ اللَّامُ، فَتَعَدَّى الْفِعْلُ فَنَصَبَ، وَمِثْلُهُ نَصَحْتُكَ وَنَصَحْتُ لَكَ، وَأَمَرْتُكَ بِهِ وَأَمَرْتُكَهُ، قَالَهُ الْأَخْفَشُ وَالْفَرَّاءُ. قَالَ الْفَرَّاءُ: وَسَمِعْتُ أَعْرَابِيَّةً تَقُولُ إِذَا صَدَرَ النَّاسُ أَتَيْنَا التَّاجِرَ فَيَكِيلُنَا الْمُدَّ وَالْمُدَّيْنِ إِلَى الْمَوْسِمِ الْمُقْبِلِ. وَهُوَ مِنْ كَلَامِ أَهْلِ الْحِجَازِ وَمَنْ جَاوَرَهُمْ مِنْ قَيْسٍ. قَالَ الزَّجَّاجُ: لَا يَجُوزُ الْوَقْفُ عَلَى " كَالُوا" وَ " وَزَنُوا" ؟ حَتَّى تَصِلَ بِهِ " هُمْ" قَالَ: وَمِنِ النَّاسِ مَنْ يَجْعَلُهَا تَوْكِيدًا، وَيُجِيزُ الْوَقْفَ عَلَى " كَالُوا" وَ " وَزَنُوا" وَالْأَوَّلُ الاختيار، لأنها حرف واحد. هو قَوْلُ الْكِسَائِيِّ. قَالَ أَبُو عُبَيْدٍ: وَكَانَ عِيسَى بْنُ عُمَرَ يَجْعَلُهَا حَرْفَيْنِ، وَيَقِفُ عَلَى " كَالُوا" وَ " وَزَنُوا" وَيَبْتَدِئُ " هُمْ يُجْسِرُونَ" قَالَ: وَأَحْسِبُ قِرَاءَةَ حَمْزَةَ كَذَلِكَ أَيْضًا. قَالَ أَبُو عَبِيدٍ: وَالِاخْتِيَارُ أَنْ يَكُونَا كَلِمَةً وَاحِدَةً مِنْ جِهَتَيْنِ: إِحْدَاهُمَا: الْخَطُّ، وَذَلِكَ أَنَّهُمْ كَتَبُوهُمَا بِغَيْرِ أَلِفٍ، وَلَوْ كَانَتَا مَقْطُوعَتَيْنِ لَكَانَتَا " كَالُوا" وَ " وَزَنُوا" بِالْأَلِفِ، وَالْأُخْرَى: أَنَّهُ يُقَالُ: كِلْتُكَ وَوَزَنْتُكَ بِمَعْنَى كِلْتُ لَكَ، وَوَزَنْتُ لَكَ، وَهُوَ كَلَامٌ عَرَبِيٌّ، كَمَا يُقَالُ: صِدْتُكَ وَصِدْتُ لَكَ، وَكَسَبْتُكَ وَكَسَبْتُ لك، وكذلك شكرتك ونصحتك ونحو ذلك. قوله: يُخْسِرُونَ: أَيْ يَنْقُصُونَ، وَالْعَرَبُ تَقُولُ: أَخْسَرْتُ الْمِيزَانَ وَخَسِرْتُهُ. وَ (هُمْ) فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ، عَلَى قِرَاءَةِ الْعَامَّةِ، رَاجِعٌ إِلَى النَّاسِ، تَقْدِيرُهُ (وَإِذَا كَالُوا) النَّاسَ (أَوْ وَزَنُوهُمْ يُخْسِرُونَ) وَفِيهِ وَجْهَانِ: أَحَدُهُمَا أَنْ يُرَادَ كَالُوا لَهُمْ أَوْ وَزَنُوا لَهُمْ، فَحُذِفَ الْجَارُّ، وَأُوصِلَ الْفِعْلُ، كَمَا قَالَ: وَلَقَدْ جَنَيْتُكَ أَكْمُؤًا وَعَسَاقِلًا ... وَلَقَدْ نَهَيْتُكَ عَنْ بنات الاوبر

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