Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

alors qu’il sait pertinemment qu’il lèse dans sa mesure ; son péché retombera donc entièrement sur lui.

D’autres ont dit : le taṭfīf (la fraude) peut toucher la mesure, le poids, mais aussi les ablutions, la prière et la parole.

Dans le al-Muwaṭṭaʾ, Mālik rapporte : « On dit que toute chose comporte accomplissement (wafāʾ) ou fraude (taṭfīf). »

Il est rapporté de Sālim ibn Abī al-Jaʿd qu’il a dit : « La prière est soumise à un “boisseau” ; celui qui le remplit pleinement a accompli son dû, tandis que celui qui le diminue sait déjà ce qu’Allah, – Puissant et Majestueux –, a dit à ce sujet : “Malheur aux fraudeurs”. »

Troisièmement.

Les linguistes expliquent : le terme muṭaffif vient de ṭafīf, qui signifie « petit, minime ». Est muṭaffif celui qui retranche du droit de son semblable en lui en ôtant une part, que ce soit dans la mesure ou dans le poids.

Az-Zajjāj a dit : on a appelé l’auteur de cette action « muṭaffif » parce qu’il ne dérobe dans les boisseaux et les balances qu’une quantité infime, légère. Le mot provient de « ṭaffa », qui désigne le bord de la chose.

On nomme ṭifāf ou ṭafāf (avec kasra ou fatha) du makkūk ce qui en remplit les parois ; de même, on dit ṭuffu al-makkūk ou ṭaffuhu.

Dans le hadith : « Vous êtes tous, enfants d’Adam, le surplus d’un sāʿ que vous n’avez point rempli. » Autrement dit, le récipient est sur le point d’être plein sans l’être vraiment ; le sens est que vous êtes proches les uns des autres, et qu’aucun n’a de supériorité sur autrui si ce n’est par la piété.

At-ṭufāf et at-ṭufāfa (avec ḍamma) désignent ce qui dépasse au-delà de la mesure.

On qualifie de récipient ṭufāf celui qui, lorsqu’il atteint la plénitude, touche son bord ; on dit alors : « aṭaffaftu ».

Le taṭfīf consiste à diminuer la mesure : c’est ne pas la remplir jusqu’à ses a‘ṣbār, c’est-à-dire ses parois. On dit : « Adhaqtu la coupe jusqu’à ses a‘ṣbār », c’est-à-dire jusqu’à son rebord.

Ibn ʿUmar, lorsqu’il mentionna la course de chevaux rapportée par le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue –, dit : « Ce jour-là j’étais cavalier ; je dépassai les gens jusqu’à ce que le cheval me “ṭaffafa” auprès de la mosquée des Banū Zurayq, si bien qu’il faillit se trouver à sa hauteur. » Autrement dit : il fit un bond avec moi.

Quatrièmement.

Le muṭaffif est celui qui fait perdre dans la mesure et le poids et ne donne pas pleine valeur, comme nous l’avons expliqué.

Ibn al-Qāsim rapporte de Mālik qu’après avoir récité « Malheur aux fraudeurs », il dit : « Ne sois pas muṭaffif et ne “takhlib” pas [1] ; verse plutôt et laisse couler abondamment, puis, lorsque la mesure est complète [2], retire ta main et ne retiens rien. »

ʿAbd al-Malik ibn al-Mājishūn a dit : « Le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a interdit d’aplanir le ṭufāf et a déclaré : “La bénédiction se trouve dans la partie supérieure.” » Il ajouta : « Il m’est parvenu que la mesure de Pharaon était nivelée au fer. »

وَهُوَ يَعْلَمُ أَنَّهُ يَحِيفُ فِي كَيْلِهِ فَوِزْرُهُ عَلَيْهِ. وَقَالَ آخَرُونَ: التَّطْفِيفُ فِي الْكَيْلِ وَالْوَزْنِ والوضوء والصلاة والحديث. وفي الموطأ قال مالك: ويقال لكل شي وفاء وتطفيف. وروى عن سالم ابن أَبِي الْجَعْدِ قَالَ: الصَّلَاةُ بِمِكْيَالٍ، فَمَنْ أَوْفَى لَهُ وَمَنْ طَفَّفَ فَقَدْ عَلِمْتُمْ مَا قَالَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ فِي ذَلِكَ: وَيْلٌ لِلْمُطَفِّفِينَ. الثَّالِثَةُ- قَالَ أَهْلُ اللُّغَةِ: الْمُطَفِّفُ مَأْخُوذٌ مِنَ الطَّفِيفِ، وَهُوَ الْقَلِيلُ، وَالْمُطَفِّفُ هُوَ الْمُقِلُّ حَقَّ صَاحِبِهِ بِنُقْصَانِهِ عَنِ الْحَقِّ، فِي كَيْلٍ أَوْ وَزْنٍ. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: إِنَّمَا قِيلَ لِلْفَاعِلِ مِنْ هَذَا مُطَفِّفٌ، لِأَنَّهُ لَا يَكَادُ يَسْرِقُ مِنَ الْمِكْيَالِ وَالْمِيزَانِ إِلَّا الشَّيْءَ الطَّفِيفَ الْخَفِيفَ، وَإِنَّمَا أُخِذَ مِنْ طَفَّ الشَّيْءُ وَهُوَ جَانِبُهُ. وَطِفَافُ الْمَكُّوكِ وَطَفَافُهُ بِالْكَسْرِ وَالْفَتْحِ: مَا مَلَأَ أَصْبَارَهُ، وَكَذَلِكَ طَفُّ الْمَكُّوكِ وَطَفَفُهُ، وَفِي الْحَدِيثِ: (كُلُّكُمْ بنو آدم طف الصاع لم تملئوه) . وَهُوَ أَنْ يَقْرُبَ أَنْ يَمْتَلِئَ فَلَا يَفْعَلَ، وَالْمَعْنَى بَعْضُكُمْ مِنْ بَعْضٍ قَرِيبٌ، فَلَيْسَ لِأَحَدٍ عَلَى أَحَدٍ فَضْلٌ إِلَّا بِالتَّقْوَى. وَالطُّفَافُ وَالطُّفَافَةُ بِالضَّمِّ: مَا فَوْقَ الْمِكْيَالِ. وَإِنَاءٌ طُفَافٌ: إِذَا بَلَغَ الْمِلْءَ طُفَافُهُ، تَقُولُ مِنْهُ: أَطَفَفْتُ. وَالتَّطْفِيفُ: نَقْصُ الْمِكْيَالِ وَهُوَ أَلَّا تَمْلَأَهُ إِلَى أَصْبَارِهِ، أَيْ جَوَانِبِهِ، يُقَالُ: أَدْهَقْتُ الْكَأْسَ إِلَى أَصْبَارِهَا أَيْ إِلَى رَأْسِهَا. وَقَوْلُ ابْنِ عُمَرَ حِينَ ذَكَرَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سَبْقَ الْخَيْلِ: كُنْتُ فَارِسًا يَوْمَئِذٍ فَسَبَقْتُ النَّاسَ حَتَّى طَفَّفَ بِيَ الْفَرَسُ مَسْجِدَ بَنِي زُرَيْقٍ، حَتَّى كَادَ يُسَاوِي الْمَسْجِدَ. يَعْنِي: وَثَبَ بِي. الرَّابِعَةُ- الْمُطَفِّفُ: هُوَ الَّذِي يُخْسِرُ فِي الْكَيْلِ وَالْوَزْنِ، وَلَا يُوفِي حَسْبَ مَا بَيَّنَّاهُ، وَرَوَى ابْنُ الْقَاسِمِ عَنْ مَالِكٍ: أَنَّهُ قَرَأَ وَيْلٌ لِلْمُطَفِّفِينَ فَقَالَ: لَا تُطَفِّفْ وَلَا تَخْلُبْ «١» ، وَلَكِنْ أَرْسِلْ وَصُبَّ عَلَيْهِ صَبًّا، حَتَّى إِذَا اسْتَوْفَى «٢» أَرْسِلْ يَدَكَ وَلَا تُمْسِكْ. وَقَالَ عَبْدُ الْمَلِكِ بْنُ الْمَاجِشُونَ: نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ مَسْحِ الطُّفَافِ، وَقَالَ: إِنَّ الْبَرَكَةَ فِي رَأْسِهِ. قَالَ: وَبَلَغَنِي أَنَّ كَيْلَ فِرْعَوْنَ كان مسحا بالحديد.
(١). كذا في الأصول: أي لا تغش وفي ابن العربي (ولا تجلب). (٢). في ا، ح، ز، ط، ل، وابن العربي: (استوى). [ ..... ]

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