« Lorsque la goutte de sperme se fixe dans l’utérus, Allah fait comparaître tout le lignage qui la relie jusqu’à Adam. N’as-tu donc pas lu ce verset : ﴾Dans la forme qu’Il a voulue, Il t’a façonné﴿, c’est-à-dire : dans tout ce qui se trouve entre toi et Adam ?
ʿIkrima et Abû Ṣâliḥ ont dit, au sujet de la parole du Très-Haut : ﴾Dans la forme qu’Il a voulue, Il t’a façonné﴿ : s’Il veut, Il te façonne sous l’apparence d’un être humain ; s’Il veut, sous celle d’un âne ; s’Il veut, sous celle d’un singe ; et, s’Il veut, sous celle d’un porc.
Makhḥûl a déclaré : s’Il veut qu’il soit mâle, Il le fait mâle ; s’Il veut qu’il soit femelle, Il le fait femelle.
Mujâhid a dit : « Dans quelque forme » signifie : dans quelque ressemblance que ce soit, empruntée au père, à la mère, à un oncle paternel, à un oncle maternel ou à d’autres encore.
La préposition « fî » se rattache au verbe « rakkabaka » (« Il t’a composé ») et non à « faʿadalaka » (« Il t’a constitué harmonieusement ») selon la lecture allégée, car l’on dit : « ʿadaltu ilà kadhâ » (je me suis tourné vers telle chose) et non : « ʿadaltu fî kadhâ ». Pour cette raison, al-Farrâ’ rejeta l’allègement, estimant que « fî » se rapportait à « faʿadalaka ». Il est également possible d’y voir un complément purement emphatique : « Dans quelque forme qu’Il ait voulu te composer ». On peut encore l’entendre comme une tournure conditionnelle : s’Il veut, Il te compose sous une autre forme que celle de l’homme – singe, âne ou porc – la particule « mâ » assumant alors la valeur de condition et de conséquence : « Dans la forme qu’Il voudra te façonner, Il te façonnera ».
Parole du Très-Haut :
﴾Mais non ! Vous traitez plutôt de mensonge le Jugement.﴿ (Infitar, 9)
Le mot « kallâ » peut être compris dans le sens de « certes », équivalent à « alâ », et l’on commence alors la phrase par lui ; il peut aussi signifier « non », le sens étant : la réalité n’est pas telle que vous le prétendez en affirmant que votre adoration d’autres qu’Allah est fondée. Cela est corroboré par la parole du Très-Haut : ﴾Qu’est-ce qui t’a trompé au sujet de ton Seigneur, le Généreux ?﴿ (Infitar, 6). Al-Farrâ’ explique de même : le sens devient : « La réalité n’est pas comme celle dont tu as été dupé. »
On a aussi dit : il s’agit d’une réfutation de leur prétention qu’il n’y aura pas de résurrection. D’autres y voient un sens de dissuasion et de blâme : « Ne soyez pas abusés par la mansuétude et la générosité d’Allah, au point de délaisser la méditation de Ses signes. »
Ibn al-Anbârî dit : la pause correcte se fait sur « biddîn » et sur « rakkabaka » ; s’arrêter sur « kallâ » est réprouvé. « Mais vous, gens de La Mecque, vous niez le Dîn », c’est-à-dire la reddition des comptes ; la particule « bal » sert à nier ce qui précède et à affirmer ce qui suit. Leur dénégation de la résurrection était notoire, même si elle n’est pas mentionnée explicitement dans cette sourate.
[Infitar (82), versets 10 à 12]
﴾Et, certes, il y a sur vous des gardiens,
des nobles scribes,
qui savent ce que vous faites.﴿
La parole du Très-Haut :
﴾Et, certes, il y a sur vous des gardiens﴿ : c’est-à-dire des surveillants parmi les anges ; ﴾nobles﴿ : honorés et élevés, comme dans : ﴾nobles, vertueux﴿ (ʿAbasa, 16).
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