Le Jour de la Résurrection, lorsque tu seras placé devant Lui, Il te dira : « Qu’est-ce qui t’a trompé au sujet de ton Seigneur, le Généreux ? » (al-Infitar, 6). « Que répondais-tu donc ? » Tu diras : « M’ont trompé Tes voiles complaisamment abaissés, car le Généreux est Celui qui voile. »
Ibn as-Sammâk l’a mis en vers en disant :
Ô toi qui caches tes péchés, n’as-tu donc point honte de toi ?
Car, même dans ta solitude, Allah est présent auprès de toi.
C’est la longue patience de ton Seigneur qui t’abuse, couvrant tes erreurs ;
Son voile te dissimule encore la somme de tes erreurs.
Dhû n-Nûn al-Miṣrî déclara : « Combien d’êtres trompés vivent sous le voile sans s’en apercevoir ! »
Abû Bakr b. Ṭâhir al-Abharî récita :
Il se croit à l’abri, gonflé d’orgueil et d’errance obstinée ;
Long fut le sursis qui l’abusa, dans son orgueil obstiné.
Allah t’accorda délai et tu Le provoquas sans aucune crainte aucune ;
Jamais tu ne redoutas les suites amères de tes fautes impunes.
Il est rapporté de ʿAlî – qu’Allah l’agrée – qu’il appela plusieurs fois un de ses serviteurs, sans réponse ; il regarda alors et le vit près de la porte. Il lui dit : « Pourquoi ne m’as-tu pas répondu ? » Il répondit : « Parce que je me fie à ta longanimité et me sens à l’abri de ta punition. » ʿAlî goûta sa réponse et l’affranchit.
D’aucuns disent encore : « Mâ gharraka » signifie : qu’est-ce qui t’a dupé et poussé à négliger ce qui t’était imposé ?
Ibn Masʿûd a dit : « Il n’est aucun d’entre vous sans qu’Allah ne s’isole avec lui le Jour de la Résurrection et qu’Il ne lui dise : “Ô fils d’Adam, qu’est-ce qui t’a trompé à Mon sujet ? Ô fils d’Adam, qu’as-tu fait de ce que tu as appris ? Ô fils d’Adam, quelle réponse as-tu donnée aux envoyés ?” »
(Lequel t’a créé) : c’est-à-dire qu’Il a prédéterminé ta création à partir d’une goutte de sperme ;
(puis t’a façonné) dans le ventre de ta mère, te dotant de mains, de pieds, d’yeux et de l’ensemble de tes membres ;
(et t’a constitué harmonieusement) : Il t’a donné une stature droite et équilibrée, comme on dit : « Cet objet est bien proportionné. » C’est la lecture adoptée par la majorité et préférée par Abû ʿUbayd et Abû Ḥâtim.
Al-Farrâ’ et Abû ʿUbayd disent qu’elle est étayée par la parole du Très-Haut : « Nous avons certes créé l’homme dans la plus parfaite stature » (at-Tîn, 4).
Les Koufiens – ʿÂṣim, Ḥamza et al-Kisâ’î – lisent : faʿadalaka (avec allègement), c’est-à-dire : Il t’a incliné et orienté vers l’apparence qu’Il voulut, qu’elle fût belle ou laide, grande ou petite. – Mûsâ b. ʿAlî b. Abî Rabâḥ al-Lakhmî rapporte de son père, de son grand-père, que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – lui dit : « En vérité, la goutte… »