Il se présentait au Prophète — qu’Allah lui accorde bénédictions et salut — sous l’apparence de Jibrîl, dans l’intention de l’éprouver.
« Où donc allez-vous ? »
Qatâdah a dit : « C’est-à-dire : vers où vous détournez-vous de cette Parole et de l’obéissance qui Lui est due ? » Maʿmar le rapporte de lui en ces termes : « Où vous rendez-vous loin de Mon Livre et de Mon obéissance ? »
Az-Zajjâj a déclaré : « Quelle voie empruntez-vous, autre que celle que Je vous ai clairement tracée ? »
On dit encore : « Ayna tadhhabu ? — Où vas-tu ? », et : « Ilâ ayna tadhhabu ? — Vers où vas-tu ? »
Al-Farrâʾ rapporte, d’après les Arabes : « Je partis le Shâm, je quittai lʿIrâq, je gagnai le marché », c’est-à-dire : « vers ceux-ci ». Il ajouta : « Nous l’avons entendu dans ces trois expressions. »
Un homme des Banû ʿUqayl me récita :
Banû Hanîfa poussa des clameurs quand elle nous aperçut, (A)
Et quelle terre gagneras-tu donc à force de cris répandus ? (A)
Il voulait dire : « Vers quelle terre iras-tu ? », en omettant la préposition « ilâ ».
Al-Junayd a dit : « Le sens du verset est lié à un autre verset, parole du Très-Haut : “Et il n’est rien dont Nous ne détenions les trésors” [al-Ḥijr : 21]. Le sens est : quelle route suivrez-vous en dehors de celle qu’Allah vous a indiquée ? » — tel est également le propos d’Az-Zajjâj.
« Il [le Coran] n’est qu’un rappel pour les mondes » : c’est-à-dire une exhortation et un avertissement. Ici, « in » a la valeur de « mâ ». D’autres ont dit : « Muḥammad n’est qu’un rappel. »
« Pour celui d’entre vous qui veut se tenir droit » : c’est-à-dire suivre la vérité et s’y maintenir.
Abû Hurayrah et Sulaymân ibn Mûsâ rapportent que, lorsque ce verset fut révélé, Abû Jahl déclara : « L’affaire dépend de nous ; si nous le voulons, nous restons droits, et si nous le voulons, nous n’y restons pas » — tel est le propos du décret divin (al-qadar), fondement de la doctrine qadariyya. Alors fut révélée la parole : « Vous ne voulez rien, sauf qu’Allah, Seigneur des mondes, le veuille », montrant ainsi que le serviteur n’accomplit le bien que par le tawfîq d’Allah, ni le mal que par Son abandon.
Al-Ḥasan a dit : « Par Allah ! Les Arabes n’ont pas désiré l’Islam avant qu’Allah ne le veuille pour eux. »
Wahb ibn Munabbih a déclaré : « J’ai lu dans soixante-dix-huit Écritures révélées par Allah aux prophètes que quiconque s’attribue une part de volonté propre a certes mécru. »
Il est dit dans la Révélation : « Quand bien même Nous ferions descendre sur eux les anges, que les morts leur parleraient, et que Nous rassemblerions devant eux toute chose face à face, ils ne croiraient point, sauf si Allah le veut » [al-Anʿâm : 111] ; et : « Nulle âme ne peut croire si ce n’est par la permission d’Allah » [Yûnus : 100] ; et : « Tu ne guides certes pas celui que tu aimes, mais Allah guide qui Il veut » [al-Qaṣaṣ : 56]. Les versets — et les hadiths — sur ce sujet sont nombreux ; il est établi qu’Allah, exalté soit-Il, guide par l’Islam et égare par la mécréance, comme cela a été expliqué ailleurs. La sourate s’achève ici ; louange à Allah.