durant le jour et lorsqu’elles se couchent. Cette explication a également été rapportée d’ʿAlî – qu’Allah l’agrée –, lequel a dit :
« Ce sont les étoiles ; elles se retirent (takhnisu) pendant le jour, paraissent la nuit, puis se « cachent » (takanisu) au moment de leur coucher, c’est-à-dire qu’elles s’éloignent des regards en se dissimulant, de sorte qu’on ne les voit plus. »
Dans le Ṣiḥāḥ, on lit : « Par “al-khunnas”, on entend l’ensemble des astres, car ils se retirent lorsqu’ils disparaissent à l’horizon, ou parce qu’ils se retirent durant le jour. » – On dit aussi : cela désigne les astres errants et non les fixes.
Al-Farrāʾ a dit au sujet de la Parole du Très-Haut : « Fa-lâ uqsimu bi-l-khunnas, al-jawâri al-kunnas » : « Il s’agit des cinq astres : Saturne, Jupiter, Mars, Vénus et Mercure ; en effet, ils se retirent dans leur course et se cachent, c’est-à-dire qu’ils disparaissent comme les gazelles disparaissent dans leurs retraites, et c’est cela al-kannâs. »
On a encore dit : ils ont été appelés khunnas en raison de leur retard ; ce sont les planètes dites « hésitantes » qui rétrogradent puis reprennent leur trajectoire.
On dit : « khanasa ʿanhu yakhnsu, khunûsan » : il se retira ; « akhnasahu ghayruhu » : quelqu’un l’a laissé derrière lui. Al-khans est la rétraction du nez par rapport au visage, avec une légère saillie de la pointe ; l’homme est akhnas, la femme khansâ’, et tout le gros bétail est qualifié de khuns.
Il a été rapporté de ʿAbd Allâh ibn Masʿûd, à propos de la Parole du Très-Haut : « Fa-lâ uqsimu bi-l-khunnas », qu’il s’agit des bovins sauvages.
Hushaym a rapporté de Zakarīyyâ, d’Abû Isḥâq, d’Abû Maysarah ʿAmr ibn Sharḥabîl, qu’ʿAbd Allâh ibn Masʿûd lui dit : « Vous êtes un peuple arabophone ; que sont donc les khunnas ? » – Je répondis : « Ce sont les vaches sauvages. » – Il dit : « Et je partage cet avis. » C’est aussi l’opinion d’Ibrâhîm et de Jâbir ibn ʿAbd Allâh.
Il est rapporté d’Ibn ʿAbbâs qu’Allah a juré par les bovins sauvages. ʿIkrimah rapporte de lui : « al-khunnas » désigne les bovins, et « al-kunnas » les gazelles ; lorsque celles-ci voient l’homme, elles se retirent, se contractent, reculent et pénètrent dans leurs abris.
Al-Qushayrî dit : « Selon cette interprétation, al-khunnas viendrait du terme khans appliqué au nez : rétraction de l’extrémité et brièveté de la cloison ; les nez des bovins et des gazelles sont ainsi décrits. Néanmoins, la compréhension la plus correcte est de rapporter le terme aux étoiles, en raison de la mention de la nuit et de l’aube qui suit ; l’allusion aux étoiles y est donc plus appropriée. »
Je dis : Il appartient à Allah de jurer par ce qu’Il veut parmi Ses créatures, vivantes ou inanimées, quand bien même la sagesse d’un tel choix nous échapperait. Il est effectivement rapporté d’Ibn Masʿûd, de Jâbir ibn ʿAbd Allâh – qui sont tous deux Compagnons – et d’al-Nakhaʿî qu’il s’agit des bovins sauvages, et d’Ibn ʿAbbâs ainsi que de Saʿîd ibn Jubayr qu’il s’agit des gazelles.
Al-Ḥajjâj ibn Mundhir rapporte : « J’ai interrogé Jâbir ibn Zayd au sujet de “al-jawârî al-kunnas”, et il répondit : “les gazelles et les bovins”. Il n’est donc pas improbable que le sens visé soit… »