Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

vers Toi est conduit l’ordre, ô fils d’Adam.

Nāfiʿ, Ibn ʿĀmir, ʿĀṣim et Abū ʿAmr ont lu « nushirat » sans redoublement, estimant que les feuillets ne seront déployés qu’une seule fois, la preuve se trouvant alors établie. Les autres lecteurs l’ont récité avec redoublement, prenant appui sur la répétition du déploiement afin d’accentuer le blâme du désobéissant et la bonne nouvelle destinée à l’obéissant.

On a également dit que cette répétition vise à souligner la réitération de la scène par l’homme lui-même et par les anges témoins à sa charge.

Parole du Très-Haut :

« وَإِذَا السَّمَاءُ كُشِطَتْ »

Le terme kashṭ désigne l’arrachement opéré après une forte adhérence ; ainsi, le ciel sera arraché comme l’on ôte la peau d’un bélier – ou d’un autre animal. « Al-qashṭ » en est une variante dialectale. Dans la lecture d’ʿAbd Allāh, on lit : « وَإِذَا السَّمَاءُ قُشِطَتْ ». On dit : « kashṭtu le chameau, kashṭan », c’est-à-dire : j’en ai retiré la peau ; on ne dit pas « salakhtuhu », car les Arabes, s’agissant du chameau, n’emploient que « kashṭtuhu » ou « jalad-tuhu ». Le verbe « inkashaṭa » signifie : « s’en aller » ; le ciel sera donc ôté de sa place comme on retire le couvercle d’un objet.

D’autres ont dit qu’il sera replié, conformément à la Parole du Très-Haut : « Le jour où Nous plierons le ciel comme on roule un parchemin pour les livres » (al-Anbiyā’ 104) ; c’est comme si le sens était : arraché puis plié. Allah sait mieux.

Parole du Très-Haut :

« وَإِذَا الْجَحِيمُ سُعِّرَتْ »

c’est-à-dire : lorsqu’elle sera allumée, enflammée pour les mécréants et que l’on en accroîtra l’ardeur. On dit : « saʿartu le feu » et « asʿartu-hu ». La lecture la plus répandue la récite sans redoublement, dérivant du terme « saʿīr » ; Nāfiʿ, Ibn Dhakwān et Ruways la lisent avec redoublement, parce que le feu y est attisé à maintes reprises.

Qatādah a dit : « Ce sont la colère d’Allah et les péchés des fils d’Adam qui l’alimentent. »

Dans le recueil de at-Tirmidhī, il est rapporté d’Abū Hurayrah, du Prophète ﷺ : « On attisa le Feu pendant mille ans jusqu’à ce qu’il devienne rouge, puis on l’attisa mille ans jusqu’à ce qu’il devienne blanc, puis on l’attisa mille ans jusqu’à ce qu’il devienne noir ; il est donc noir et obscur. » Ce hadith est également rapporté à l’état mawqûf.

Parole du Très-Haut :

« وَإِذَا الْجَنَّةُ أُزْلِفَتْ »

c’est-à-dire : lorsqu’elle sera rapprochée et rendue proche des pieux. Al-Ḥasan a dit : ce sont eux qui seront rapprochés d’elle, et non elle qui sera déplacée de son emplacement. ʿAbd ar-Raḥmān ibn Zayd disait : « Zuyyinat : “Uzlifat” ? »

Dans la langue des Arabes, « az-zulfā » signifie la proximité ; le Très-Haut a dit : « Et le Paradis sera rapproché des pieux » (ach-Chuʿarā’ 90). On dit encore : « tazallafa untel », c’est-à-dire : il s’est rapproché.

Parole du Très-Haut :

« عَلِمَتْ نَفْسٌ مَا أَحْضَرَتْ »

c’est-à-dire : ce qu’elle a accompli de bien ou de mal. Tel est le corollaire de « Lorsque le soleil sera obscurci » et de tout ce qui suit. ʿUmar – qu’Allah l’agrée – dit : c’est pour cela qu’il fit dérouler le récit. Et il transmit

الامر يا بن آدَمَ. وَقَرَأَ نَافِعٌ وَابْنُ عَامِرٍ وَعَاصِمٌ وَأَبُو عَمْرٍو نُشِرَتْ مُخَفَّفَةً، عَلَى نُشِرَتْ مَرَّةً وَاحِدَةً، لِقِيَامِ الْحُجَّةِ. الْبَاقُونَ بِالتَّشْدِيدِ، عَلَى تَكْرَارِ النَّشْرِ، لِلْمُبَالَغَةِ فِي تَقْرِيعِ الْعَاصِي، وَتَبْشِيرِ الْمُطِيعِ. وَقِيلَ: لِتَكْرَارِ ذَلِكَ مِنَ الْإِنْسَانِ وَالْمَلَائِكَةِ الشُّهَدَاءِ عَلَيْهِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِذَا السَّماءُ كُشِطَتْ) : الْكَشْطُ: قَلْعٌ عَنْ شِدَّةِ الْتِزَاقٍ، فَالسَّمَاءُ تُكْشَطُ كَمَا يُكْشَطُ الْجِلْدُ عَنِ الْكَبْشِ وَغَيْرُهُ وَالْقَشْطُ: لُغَةٌ فِيهِ. وَفِي قِرَاءَةِ عَبْدِ اللَّهِ " وَإِذَا السَّمَاءُ قُشِطَتْ" وَكَشَطْتُ الْبَعِيرَ كَشْطًا: نَزَعْتُ جِلْدَهُ وَلَا يُقَالُ سَلَخْتُهُ، لِأَنَّ الْعَرَبَ لَا تَقُولُ فِي الْبَعِيرِ إِلَّا كَشَطْتُهُ أَوْ جَلَدْتُهُ، وَانْكَشَطَ: أَيْ ذَهَبَ، فَالسَّمَاءُ تُنْزَعُ مِنْ مَكَانِهَا كَمَا يُنْزَعُ الْغِطَاءُ عَنِ الشَّيْءِ. وَقِيلَ: تُطْوَى كَمَا قَالَ تَعَالَى: يَوْمَ نَطْوِي السَّماءَ كَطَيِّ السِّجِلِّ لِلْكُتُبِ [الأنبياء: ١٠٤] فَكَأَنَّ الْمَعْنَى: قُلِعَتْ فَطُوِيَتْ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِذَا الْجَحِيمُ سُعِّرَتْ) أَيْ أُوقِدَتْ فَأُضْرِمَتْ لِلْكُفَّارِ وَزِيدَ فِي إِحْمَائِهَا. يُقَالُ: سَعَّرْتُ النَّارَ وَأَسْعَرْتُهَا. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ بِالتَّخْفِيفِ مِنَ السَّعِيرِ. وَقَرَأَ نَافِعٌ وَابْنُ ذَكْوَانَ وَرُوَيْسٌ بِالتَّشْدِيدِ لِأَنَّهَا أُوقِدَتْ مدة بَعْدَ مَرَّةٍ. قَالَ قَتَادَةُ: سَعَّرَهَا غَضَبُ اللَّهِ وَخَطَايَا بَنِي آدَمَ. وَفِي التِّرْمِذِيُّ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (أُوقِدَ عَلَى النَّارِ أَلْفَ سَنَةٍ حَتَّى احْمَرَّتْ، ثُمَّ أُوقِدَ عَلَيْهَا أَلْفَ سَنَةٍ حَتَّى ابْيَضَّتْ، ثُمَّ أُوقِدَ عَلَيْهَا أَلْفَ سَنَةٍ حَتَّى اسْوَدَّتْ، فَهِيَ سَوْدَاءُ مُظْلِمَةٌ" وَرُوِيَ مَوْقُوفًا. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِذَا الْجَنَّةُ أُزْلِفَتْ) أَيْ دَنَتْ وَقَرُبَتْ مِنَ الْمُتَّقِينَ. قَالَ الْحَسَنُ: إِنَّهُمْ يُقَرَّبُونَ مِنْهَا، لَا أَنَّهَا تَزُولُ عَنْ مَوْضِعِهَا. وَكَانَ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ زَيْدٍ يَقُولُ: زُيِّنَتْ: «١» أُزْلِفَتْ؟ وَالزُّلْفَى فِي كَلَامِ الْعَرَبِ: الْقُرْبَةُ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: وَأُزْلِفَتِ الْجَنَّةُ لِلْمُتَّقِينَ [الشعراء: ٩٠] ، وَتَزَلَّفَ فُلَانٌ تَقَرَّبَ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (عَلِمَتْ نَفْسٌ مَا أَحْضَرَتْ) يَعْنِي مَا عَمِلَتْ مِنْ خَيْرٍ وَشَرٍّ. وَهَذَا جَوَابُ إِذَا الشَّمْسُ كُوِّرَتْ وَمَا بَعْدَهَا. قَالَ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ لِهَذَا أجرى الحديث. وروى
(١). في ز: أدنيت.

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