m’as-tu tuée ?!” Dès lors, son meurtrier n’aura plus aucun prétexte, dit Ibn ʿAbbâs, qui récitait : « وَإِذَا الْمَوْءُودَةُ سُئِلَتْ » ; il en est de même dans le Muṣḥaf d’Ubayy.
ʿIkrima rapporte, d’après Ibn ʿAbbâs, que le Prophète ﷺ a dit :
« La femme qui tue son enfant se présentera, au Jour de la Résurrection, tandis que l’enfant, maculé de son propre sang, sera accroché à ses deux seins et dira : “Seigneur ! Voici ma mère ; c’est elle qui m’a tué.” »
La première explication – telle est l’opinion de la majorité – s’accorde avec la Parole du Très-Haut adressée à ʿÎsâ : « Est-ce toi qui as dit aux gens… » ; il s’agit d’un reproche et d’une réprobation à leur endroit. De même, l’interrogation de la fillette enterrée vivante est un blâme adressé à celui qui l’a ensevelie ; elle est plus éloquente encore que de lui demander directement : « Pourquoi l’as-tu tuée ? » Car un tel acte ne saurait être justifié que par un péché ; « pour quel péché donc ? » Lorsque l’on constate qu’elle n’en a commis aucun, la calamité n’en est que plus grave et la preuve plus implacable contre son meurtrier. Et Allah sait mieux.
On lit également : « قُتِّلَتْ » (quttilat, avec redoublement), lecture qui constitue une preuve manifeste que les enfants des polythéistes ne seront pas châtiés et que nul châtiment n’est mérité sans péché préalable.
Parole du Très-Haut :
﴾ وَإِذَا الصُّحُفُ نُشِرَتْ ﴿
c’est-à-dire : lorsque les registres seront déployés après avoir été roulés. Il s’agit des feuilles où les anges ont consigné tout ce que leurs détenteurs ont accompli, de bien comme de mal ; elles se replient à la mort et se déploient au Jour de la Résurrection. Chaque être humain se tiendra alors face à son propre registre et saura ce qu’il contient, puis il dira :
« Qu’a donc ce Livre pour n’omettre ni petite ni grande chose sans les avoir dénombrées ? » (al-Kahf, 49).
Marthad b. Wadâʿa rapporte :
« Le Jour de la Résurrection, les registres s’envoleront de dessous le Trône ; le registre du croyant tombera dans sa main « dans un Jardin élevé » (al-Ḥâqqah, 22)… jusqu’à « les jours révolus » (al-Ḥâqqah, 24) ; celui du mécréant tombera dans sa main « au souffle brûlant et à l’eau bouillante »… jusqu’à « et nul ami généreux » (al-Wâqiʿah, 42-44). »
Il a été rapporté de ʾUmm Salamah – qu’Allah l’agrée – que le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« Les gens seront rassemblés, au Jour de la Résurrection, pieds nus et nus. »
Je dis : « Ô Messager d’Allah ! Et les femmes ? »
Il répondit : « Les gens seront trop préoccupés, ô ʾUmm Salamah. »
Je dis : « Par quoi seront-ils donc préoccupés ? »
Il dit : « Par le déploiement des registres ; on y trouvera le poids d’un atome comme le poids d’une graine de moutarde. »
Il a déjà été mentionné, dans la sourate « Subḥân » (al-Isrâ’), la parole d’Abû ath-Thawwâr al-ʿAdawî :
« Il y a deux déploiements et un pliage : tant que tu vis, ô fils d’Âdam, ton registre est déployé, inscris-y ce que tu veux ; lorsque tu meurs, il se replie ; puis, lorsque tu seras ressuscité, il se déploiera – “Lis ton livre ; aujourd’hui, tu te suffis d’être ton propre comptable” (al-Isrâ’, 14). »
Muqâtil a dit : « Lorsque l’homme meurt, son registre d’œuvres se replie ; puis, au Jour de la Résurrection, il sera déployé. »
Il est rapporté de ʿUmar – qu’Allah l’agrée – que, lorsqu’il récitait ce verset, il disait : « Vers Toi ils sont menés… »