Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

dans les étendues désertiques, se joindront demain aux hommes, terrifiées par les horreurs de ce Jour. C’est ainsi qu’Ubayy ibn Kaʿb l’a expliqué.

« وَإِذَا الْبِحَارُ سُجِّرَتْ » – « Et lorsque les mers seront sujjirat » : autrement dit, lorsqu’elles seront remplies d’eau.

Les Arabes disent : « sajartu l-ḥawḍa asjuruhu sajran » – c’est-à-dire : j’ai rempli le bassin ; on le qualifie alors de masjūr. Dans la langue, al-masjūr et as-sājir signifient : « plein ».

Ar-Rubayʿ ibn Khaytham a rapporté : « sujjirath » veut dire : elles ont débordé et se sont remplies. Cette explication est également celle d’al-Kalbī, Muqātil, al-Ḥasan et ad-Ḍaḥḥāk.

Ibn Abī Zamanīn a dit : le sens réel de « sujjirath » est : elles ont été remplies au point que leurs eaux se répandent les unes dans les autres pour ne former qu’une seule masse ; c’est ce qu’entendait al-Ḥasan.

On a encore avancé : « Il a fait couler leur eau douce dans leur eau salée, et leur eau salée dans leur eau douce, jusqu’à ce qu’elles soient totalement pleines. »

Ad-Ḍaḥḥāk et Mujāhid ont dit : c’est-à-dire : elles ont jailli et sont devenues une mer unique.

Al-Qushayrī précise : il s’agira pour Allāh d’ôter la barrière qu’Il a mentionnée dans Sa Parole : « Entre elles se trouve un isthme qu’elles ne franchissent pas » [ar-Raḥmān : 20]. Lorsque cette barrière sera levée, les eaux des mers éclateront, couvriront toute la terre et les mers ne constitueront plus qu’un seul océan.

D’autres ont dit : elles deviendront une mer unique d’eau bouillante (ḥamīm) pour les gens du Feu.

Al-Ḥasan, Qatādah et Ibn Ḥayyān ont également soutenu qu’elles se dessécheront, si bien qu’il ne restera pas une seule goutte d’eau.

Al-Qushayrī ajoute : l’expression provient aussi de « sajartu t-tannūra » : j’ai attisé le four. Quand on y met le feu, l’humidité qu’il contient s’évapore ; à ce moment-là, les montagnes seront mises en marche et les mers comme la terre entière deviendront une seule étendue, l’emplacement des mers étant comblé par la poussière des montagnes.

An-Naḥḥās dit : ces opinions peuvent se concilier : il y aura d’abord débordement des eaux les unes sur les autres, puis dessèchement, après quoi elles se transformeront en feu.

Je dis : les montagnes seront alors déplacées, comme l’a mentionné al-Qushayrī – et Allāh sait mieux.

Ibn Zayd, Shimr, ʿAṭiyyah, Sufyān, Wahb, Ubayy, ʿAlī ibn Abī Ṭālib et Ibn ʿAbbās – selon la transmission d’ad-Ḍaḥḥāk – ont déclaré : « elles seront embrasées et deviendront un feu ».

Ibn ʿAbbās a dit : Allāh enroulera le soleil, la lune et les étoiles dans la mer, puis Il enverra sur eux un vent dabor qui soufflera jusqu’à ce qu’elle devienne un brasier.

De même, dans certains ḥadiths : « Allāh – exalté soit Son éloge – ordonnera au soleil, à la lune et aux étoiles ; ils tomberont dans la mer. Puis Allāh – exalté soit Son éloge – dépêchera le vent dabor qui l’enflammera, et ce sera le Grand Feu d’Allāh par lequel Il châtiera les mécréants. »

Al-Qushayrī commente : selon l’explication qu’Ibn ʿAbbās donne de « sujjirath » — « embrasée » — il est envisageable que la Géhenne se trouve au fond des mers : pour l’instant, elle n’est pas embrasée afin que le monde puisse subsister ; lorsque celui-ci prendra fin, elle sera embrasée et tout deviendra feu, et Allāh y fera entrer ceux qui y sont destinés. Il est également possible qu’il y ait un feu sous la mer, puis qu’Allāh embrase toute la mer, qui deviendra alors feu.

Dans le ḥadith, il est dit : « La mer est un feu dans un feu. »

فِي الصَّحَارِي، تَنْضَمُّ غَدًا إِلَى النَّاسِ مِنْ أَهْوَالٍ ذَلِكَ الْيَوْمِ. قَالَ مَعْنَاهُ أُبَيُّ بْنُ كَعْبٍ. (وَإِذَا الْبِحارُ سُجِّرَتْ) أَيْ مُلِئَتْ مِنَ الْمَاءِ، وَالْعَرَبُ تَقُولُ: سَجَرْتُ الْحَوْضَ أَسْجُرُهُ سَجْرًا: إِذَا مَلَأْتَهُ، وَهُوَ مَسْجُورٌ وَالْمَسْجُورُ وَالسَّاجِرُ فِي اللغة: الملآن. وروى الربيع بن خيثم: سُجِّرَتْ: فَاضَتْ وَمُلِئَتْ. وَقَالَهُ الْكَلْبِيُّ وَمُقَاتِلٌ وَالْحَسَنُ وَالضَّحَّاكُ. قَالَ ابْنُ أَبِي زَمَنِينَ: سُجِّرَتْ: حَقِيقَتُهُ مُلِئَتْ، فَيُفِيضُ بَعْضُهَا إِلَى بَعْضٍ فَتَصِيرُ شَيْئًا وَاحِدًا. وَهُوَ مَعْنَى قَوْلِ الْحَسَنِ. وَقِيلَ: أَرْسَلَ عَذْبَهَا عَلَى مَالِحِهَا وَمَالِحَهَا عَلَى عَذْبِهَا، حَتَّى امْتَلَأَتْ. عَنِ الضَّحَّاكِ وَمُجَاهِدٍ: أَيْ فُجِّرَتْ فَصَارَتْ بَحْرًا وَاحِدًا. الْقُشَيْرِيُّ: وَذَلِكَ بِأَنْ يَرْفَعَ اللَّهُ الْحَاجِزَ الَّذِي ذَكَرَهُ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: بَيْنَهُما بَرْزَخٌ لا يَبْغِيانِ [الرحمن: ٢٠] ، فَإِذَا رُفِعَ ذَلِكَ الْبَرْزَخُ تَفَجَّرَتْ مِيَاهُ الْبِحَارِ، فَعَمَّتِ الْأَرْضَ كُلَّهَا، وَصَارَتِ الْبِحَارُ بَحْرًا وَاحِدًا. وَقِيلَ: صَارَتْ بَحْرًا وَاحِدًا مِنَ الْحَمِيمِ لِأَهْلِ النَّارِ. وَعَنِ الْحَسَنِ أَيْضًا وَقَتَادَةَ وَابْنِ حَيَّانَ: تَيْبَسُ فَلَا يَبْقَى مِنْ مَائِهَا قَطْرَةٌ. الْقُشَيْرِيُّ: وَهُوَ مِنْ سَجَرْتُ التَّنُّورَ أَسْجُرُهُ سَجْرًا: إِذَا أَحْمَيْتَهُ وَإِذَا سُلِّطَ عَلَيْهِ الْإِيقَادُ نَشِفَ مَا فِيهِ مِنَ الرُّطُوبَةِ وَتُسَيَّرُ الْجِبَالُ حِينَئِذٍ وَتَصِيرُ الْبِحَارُ وَالْأَرْضُ كُلُّهَا بِسَاطًا وَاحِدًا، بِأَنْ يُمْلَأَ مَكَانُ الْبِحَارِ بِتُرَابِ الْجِبَالِ. وَقَالَ النَّحَّاسُ: وَقَدْ تَكُونُ الْأَقْوَالُ مُتَّفِقَةً، يَكُونُ تَيْبَسُ مِنَ الْمَاءِ بَعْدَ أَنْ يَفِيضَ، بَعْضُهَا إِلَى بَعْضٍ، فَتُقْلَبُ نَارًا. قُلْتُ: ثُمَّ تُسَيَّرُ الْجِبَالُ حِينَئِذٍ، كَمَا ذَكَرَ الْقُشَيْرِيُّ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَقَالَ ابْنُ زَيْدٍ وَشِمْرٌ وَعَطِيَّةُ وَسُفْيَانُ وَوَهْبٌ وَأُبَيٌّ وَعَلِيُّ بْنُ أَبِي طَالِبٍ وَابْنُ عَبَّاسٍ فِي رِوَايَةِ الضَّحَّاكِ عَنْهُ: أُوقِدَتْ فَصَارَتْ نَارًا. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: يُكَوِّرُ اللَّهُ الشَّمْسَ وَالْقَمَرَ وَالنُّجُومَ فِي الْبَحْرِ، ثُمَّ يَبْعَثُ اللَّهُ عَلَيْهَا رِيحًا دَبُورًا، فَتَنْفُخُهُ حَتَّى يَصِيرَ نَارًا. وَكَذَا فِي بَعْضِ الْحَدِيثِ: (يَأْمُرُ اللَّهُ جَلَّ ثَنَاؤُهُ الشَّمْسَ وَالْقَمَرَ وَالنُّجُومَ فَيَنْتَثِرُونَ فِي الْبَحْرِ، ثُمَّ يَبْعَثُ اللَّهُ جَلَّ ثَنَاؤُهُ الدَّبُورَ فَيُسَجِّرُهَا نَارًا، فَتِلْكَ نَارُ اللَّهِ الْكُبْرَى، الَّتِي يُعَذِّبُ بِهَا الْكُفَّارَ (. قَالَ الْقُشَيْرِيُّ: قِيلَ فِي تَفْسِيرِ قَوْلِ ابْنِ عَبَّاسٍ سُجِّرَتْ أُوقِدَتْ، يَحْتَمِلُ أَنْ تَكُونَ جَهَنَّمُ فِي قُعُورٍ مِنَ الْبِحَارِ، فَهِيَ الْآنَ غَيْرُ مَسْجُورَةٍ لِقِوَامِ الدُّنْيَا، فَإِذَا انْقَضَتِ الدُّنْيَا سُجِّرَتْ، فَصَارَتْ كُلُّهَا نَارًا يُدْخِلُهَا اللَّهُ أَهْلَهَا. وَيَحْتَمِلُ أَنْ تَكُونَ تَحْتَ الْبَحْرِ نَارٌ، ثُمَّ يُوقِدُ اللَّهُ الْبَحْرَ كُلَّهُ فَيَصِيرُ نَارًا. وَفِي الْخَبَرِ: الْبَحْرُ نَارٌ في نار.

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