L’imâm Ibn Fawrak a dit :
C’est-à-dire : « Point du tout ! Allah n’a pas encore décrété pour ce mécréant l’accomplissement de ce qu’Il lui a ordonné – la foi –, mais Il lui a adressé un ordre qu’Il n’a pas décrété qu’il accomplît. »
Ibn al-Anbârî :
S’arrêter sur « kallâ » est inélégant ; il convient plutôt de faire la pause sur « amara-hu » ou sur « anshara-hu ». Dans ce cas, « kallâ » signifie : « certes ».
[Sourate ‘Abasa (80) : versets 24 à 32]
« Que l’homme considère donc sa nourriture (24) ;
Nous avons, certes, fait tomber l’eau en abondance (25),
Puis Nous avons fendu la terre d’une fente (26),
Et Nous y avons fait pousser grains (27),
Vigne et luzerne (28),
Oliviers et palmiers (29),
Jardins touffus (30),
Fruits et pâturages (31),
Pour votre jouissance, à vous et à vos troupeaux (32). »
Parole du Très-Haut :
« Que l’homme considère donc sa nourriture. »
Après avoir rappelé – exaltée soit Sa louange – le commencement de la création de l’homme, Il évoque la subsistance qu’Il lui a facilité ; autrement dit : qu’il contemple comment Allah a créé sa nourriture. Cette contemplation est celle du cœur, par la réflexion : qu’il médite comment Allah a créé la nourriture qui est le soutien de sa vie, et comment Il lui a préparé les moyens de subsistance afin qu’il s’y équipe pour l’Au-delà.
Il est rapporté de al-Ḥasan et de Mujâhid qu’ils ont dit :
« Que l’homme considère donc sa nourriture » : c’est-à-dire son entrée et sa sortie.
Ibn Abî Khaythamah rapporte d’al-Ḍaḥḥâk ibn Sufyân al-Kilâbî qu’il a dit :
Le Prophète – paix et salut sur lui – me demanda : « Ô Ḍaḥḥâk, quel est ton aliment ? » Je répondis : « Ô Messager d’Allah ! De la viande et du lait. » Il reprit : « Puis, en quoi cela se transforme-t-il ? » Je répondis : « En ce que tu sais. » Il dit : « Allah a fait de ce qui sort du fils d’Adam une parabole pour la vie d’ici-bas. »
Ubayy ibn Kaʿb rapporte que le Prophète – paix et salut sur lui – a dit :
« La nourriture du fils d’Adam a été prise pour parabole de ce bas-monde ; même s’il la parfume et la sale, regarde donc ce qu’elle devient. »
Abû al-Walîd dit :
J’ai interrogé Ibn ʿUmar au sujet d’un homme qui entre aux latrines et observe ce qui sort de lui. Il répondit : « Un ange vient à lui et lui dit : “Regarde ce dont tu t’es montré avare ; vois en quoi c’est devenu !” »