Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

la voie de l’infortune et de la félicité.

Ibn Zayd dit : il s’agit de la voie de l’islam.

Abû Bakr ibn Ṭâhir déclara : Il a facilité à chacun ce pour quoi Il l’a créé et ce qu’Il a prédestiné pour lui ; la preuve en est la parole du Prophète — paix et salut sur lui : « Œuvrez donc, car chacun est facilité vers ce pour quoi il a été créé. »

« Puis Il le fit mourir et l’inhuma » : c’est-à-dire qu’Il lui assigna une tombe où il serait enseveli par honneur, sans le laisser exposé à la surface de la terre, en pâture aux oiseaux et aux bêtes sauvages – ainsi l’a expliqué al-Farrâʾ.

Abû ʿUbaydah dit : « fa-aqbarahu » signifie qu’Il lui a aménagé une tombe et a ordonné qu’il y fût enterré. Il rapporta encore : lorsque ʿUmar ibn Hubayrah fit exécuter Ṣâliḥ ibn ʿAbd ar-Raḥmân, les Banû Tamîm se présentèrent devant lui en disant : « Permets-nous d’ensevelir Ṣâliḥ. » Il leur répondit : « Emportez-le donc. »

Il précisa : on dit « fa-aqbarahu » et non « qabarahu », car « al-qâbir » est celui qui enterre de ses propres mains. Al-Aʿshâ a chanté :
Si elle appuyait un mort contre son sein d’ardeur,
Il revivrait soudain, sans passer par le fossoyeur.

On dit : « qabar-tu le mort » lorsque je l’ai enterré, tandis que « aqbarahu Allâh » signifie : Allah l’a placé de manière qu’il soit enterré et lui a assigné une tombe. Ainsi les Arabes disent : « J’ai tranché la queue du chameau » et « Allah l’en a privé » ; « J’ai brisé la corne du taureau » et « Allah la lui a brisée » ; « J’ai chassé untel » et « Allah l’a chassé », c’est-à-dire : Il l’a rendu fugitif.

« Puis, s’Il le veut, Il le ressuscite » : Il lui rend la vie après sa mort. La lecture la plus répandue est « ansharahu » avec l’alif. Abû Ḥaywah a toutefois rapporté de Nāfiʿ et de Shuʿayb ibn Abî Ḥamzah « shâ’a nasharahu » sans alif ; deux formes éloquentes de même sens. On dit en effet : « anshara Allâhu le mort » et « nashara-hu ». Al-Aʿshâ dit encore :
Au point que les gens, voyant le prodige, diront :
« Quelle merveille que ce mort qui se remet debout et reprend son élan ! »

Parole du Très-Haut : « Point du tout ! Il n’a pas encore accompli ce qu’Il lui a ordonné. »

Mujâhid et Qatâdah ont commenté : « Il n’a pas accompli » – personne ne s’acquitte parfaitement de ce qui lui a été prescrit.

Ibn ʿAbbâs disait : « Il n’a pas accompli ce qu’Il lui a ordonné » signifie qu’il n’a pas honoré le pacte qui fut pris de lui dans les reins d’Adam.

Il fut ensuite dit : « kallâ » est une réprobation et un blâme : l’affaire n’est pas telle que le prétend le mécréant. Car lorsque celui-ci est informé de la résurrection, il dit : « Et si jamais je retourne à mon Seigneur, j’aurai certes auprès de Lui la meilleure part. » (Fussilat, 50) Il lui arrive même d’affirmer : « J’ai accompli ce qui m’était ordonné. » Allah répond : « Point du tout ! Il n’a rien accompli ; il ne fait que mécréer en Moi et en Mon Messager. »

Al-Ḥasan dit : le sens est bien : « Il ne l’a pas accompli », c’est-à-dire qu’il n’a pas mis en pratique ce qui lui a été commandé.

Dans l’expression « lammâ » (« Il n’a pas encore… »), le mot « lammâ » constitue l’armature même de la phrase, comme dans Ses paroles : « C’est par quelque miséricorde d’Allah… » (Âl ʿImrân, 159) et : « Dans bien peu de temps ils seront certes saisis de remords. » (al-Muʼminûn, 40).

الشَّقَاءِ وَالسَّعَادَةِ. ابْنُ زَيْدٍ: سَبِيلُ الْإِسْلَامِ. وَقَالَ أَبُو بَكْرِ بْنُ طَاهِرٍ: يَسَّرَ عَلَى كُلِّ أَحَدٍ مَا خَلَقَهُ لَهُ وَقَدَّرَهُ عَلَيْهِ، دَلِيلُهُ قَوْلُهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ: [اعْمَلُوا فَكُلٌّ مُيَسَّرٌ لِمَا خُلِقَ لَهُ] . (ثُمَّ أَماتَهُ فَأَقْبَرَهُ) أَيْ جَعَلَ لَهُ قَبْرًا يُوَارَى فِيهِ إِكْرَامًا، وَلَمْ يَجْعَلْهُ مِمَّا يُلْقَى عَلَى وَجْهِ الْأَرْضِ تَأْكُلُهُ الطَّيْرُ والعوافي «١» ، قاله الفراء. وقال أبو عبيدة: فَأَقْبَرَهُ: جَعَلَ لَهُ قَبْرًا، وَأَمَرَ أَنْ يُقْبَرَ. قَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: وَلَمَّا قَتَلَ عُمَرُ بْنُ هُبَيْرَةَ صَالِحَ بْنَ عَبْدِ الرَّحْمَنِ، قَالَتْ بَنُو تَمِيمٍ وَدَخَلُوا عَلَيْهِ: أَقْبَرْنَا صَالِحًا، فَقَالَ: دُونَكُمُوهُ. وَقَالَ: فَأَقْبَرَهُ وَلَمْ يَقُلْ قَبَرَهُ، لِأَنَّ الْقَابِرَ هُوَ الدَّافِنُ بِيَدِهِ، قَالَ الْأَعْشَى: لَوْ أَسْنَدَتْ مَيْتًا إِلَى نَحْرِهَا ... عَاشَ وَلَمْ يُنْقَلْ إِلَى قَابِرِ يُقَالُ: قَبَرْتُ الْمَيِّتَ: إِذَا دَفَنْتُهُ، وَأَقْبَرَهُ اللَّهُ: أَيْ صَيَّرَهُ بِحَيْثُ يُقْبَرُ، وَجَعَلَ لَهُ قَبْرًا، تَقُولُ الْعَرَبُ: بَتَرْتُ ذَنَبَ الْبَعِيرِ، وَأَبْتَرَهُ اللَّهُ، وَعَضَبْتُ قَرْنَ الثَّوْرِ، وَأَعْضَبَهُ اللَّهُ، وَطَرَدْتُ فُلَانًا، وَاللَّهُ أَطْرَدَهُ، أَيْ صَيَّرَهُ طَرِيدًا. (ثُمَّ إِذا شاءَ أَنْشَرَهُ) أَيْ أَحْيَاهُ بَعْدَ مَوْتِهِ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ (أَنْشَرَهُ) بِالْأَلِفِ. وَرَوَى أَبُو حَيْوَةَ عَنْ نَافِعٍ وَشُعَيْبِ بْنِ أَبِي حَمْزَةَ شَاءَ نَشَرَهُ بِغَيْرِ أَلِفٍ، لُغَتَانِ فَصَيْحَتَانِ بِمَعْنًى، يُقَالُ: أَنَشَرَ اللَّهُ الْمَيِّتُ وَنَشَرَهُ، قَالَ الْأَعْشَى: حَتَّى يَقُولَ النَّاسُ مِمَّا رَأَوْا ... يَا عَجَبًا لِلْمَيِّتِ النَّاشِرِ قَوْلُهُ تَعَالَى: (كَلَّا لَمَّا يَقْضِ مَا أَمَرَهُ) قَالَ مُجَاهِدٌ وَقَتَادَةُ: لَمَّا يَقْضِ: لَا يَقْضِي أَحَدٌ مَا أُمِرَ بِهِ. وَكَانَ ابْنُ عَبَّاسٍ يَقُولُ: لَمَّا يَقْضِ مَا أَمَرَهُ لَمْ يَفِ بِالْمِيثَاقِ الَّذِي أُخِذَ عَلَيْهِ فِي صُلْبِ آدَمَ. ثُمَّ قِيلَ: كَلَّا رَدْعٌ وَزَجْرٌ، أَيْ لَيْسَ الْأَمْرُ: كَمَا يَقُولُ الْكَافِرُ، فَإِنَّ الْكَافِرَ إِذَا أُخْبِرَ بِالنُّشُورِ قَالَ: وَلَئِنْ رُجِعْتُ إِلى رَبِّي إِنَّ لِي عِنْدَهُ لَلْحُسْنى [فصلت: ٥٠] رُبَّمَا يَقُولُ قَدْ قَضَيْتُ مَا أُمِرْتُ بِهِ. فَقَالَ: كَلَّا لَمْ يَقْضِ شَيْئًا بَلْ هُوَ كَافِرٌ بِي وَبِرَسُولِي. وَقَالَ الْحَسَنُ: أَيْ حَقًّا لَمْ يَقْضِ: أَيْ لَمْ يَعْمَلْ بِمَا أُمِرَ به. ولَمَّا في قوله: لَمَّا عماد للكلام، كقول تعالى: فَبِما رَحْمَةٍ مِنَ اللَّهِ [آل عمران: ١٥٩] وقوله: عَمَّا قَلِيلٍ لَيُصْبِحُنَّ نادِمِينَ [المؤمنون: ٤٠] .
(١). العوافي: طلاب الرزق من الانس والدواب والطير والمراد هنا: الوحوش والبهائم.

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