Il dit alors : « Ô Allah, fais fondre sur lui Ton chien : le lion d’al-Ghâḍirah. »
Aussitôt, il se mit en route avec une caravane commerciale vers la Syrie. Lorsqu’il atteignit al-Ghâḍirah, il se rappela l’invocation du Prophète ﷺ. Il promit donc mille dinars à quiconque, parmi ses compagnons, si lui-même se retrouvait vivant au lever du jour. Ils le placèrent au centre du convoi et disposèrent la marchandise tout autour de lui. Or, tandis qu’ils étaient ainsi, le lion survint ; lorsqu’il s’approcha des bagages, il bondit, se posta sur lui et le déchiqueta.
Son père s’était auparavant lamenté, pleura et déclara : « Jamais Muḥammad n’a prononcé une parole sans qu’elle ne se réalise. »
Abû Ṣâliḥ rapporte d’après Ibn ʿAbbâs, au sujet de l’expression « مَا أَكْفَرَهُ » : « Qu’est-ce qui l’a rendu si ingrat ? »
D’aucuns ont dit : le terme « mâ » est ici un mot d’étonnement. La coutume des Arabes, lorsqu’ils s’émerveillaient d’une chose, était de dire : « Qu’Allah le combatte ! comme c’est beau ! » ou : « Qu’Allah l’humilie ! comme c’est injuste ! »
Le sens est donc : « Émerveillez-vous de la mécréance de l’homme, malgré tout ce que Nous allons rappeler par la suite. »
Il a aussi été dit : « Que son ingratitude envers Allah et Ses bienfaits est grande, alors même qu’il connaît l’abondance de Sa faveur ! » – là encore sous forme d’exclamation. Ibn Jurayj a commenté : « Combien sa mécréance est intense ! »
D’autres ont soutenu que « mâ » est ici interrogatif : « Qu’est-ce qui l’a poussé à la mécréance ? » – il s’agit alors d’une question réprobatrice. Ainsi, « mâ » peut porter le sens de l’étonnement comme celui de « ayya », devenant ainsi interrogatif.
« De quoi donc l’a-t-Il créé ? » – c’est-à-dire : de quelle chose Allah a-t-Il créé ce mécréant pour qu’il s’enorgueillisse ? Étonnez-vous donc de la façon dont il a été créé.
« D’une goutte de sperme » : d’un fluide insignifiant, vil, inanimé, Il l’a créé ; et pourtant, ne s’est-il pas fourvoyé à propos de lui-même ?!
Al-Ḥasan a dit : « Comment pourrait s’enfler d’orgueil celui qui est sorti deux fois par l’orifice de l’urine ? »
Puis Il lui a fixé ses proportions dans le ventre de sa mère. Ad-Ḍaḥḥâk rapporte d’après Ibn ʿAbbâs : Il a proportionné ses mains, ses pieds, ses yeux et tous ses organes ; Il l’a fait beau ou laid, petit ou grand, malheureux ou bienheureux.
Il a également été dit : « fa-qaddarah » signifie : Il l’a façonné, comme dans Sa parole : « T’es-tu montré ingrat envers Celui qui t’a créé d’argile, puis d’une goutte de sperme, puis t’a façonné en homme ? » et : « Celui qui t’a créé puis t’a proportionné. »
D’autres ont expliqué : Il l’a déterminé par étapes, le faisant passer d’un état à l’autre : goutte de sperme, puis caillot suspendu, jusqu’à l’achèvement de sa création.
« Puis Il lui a facilité la voie. » Ibn ʿAbbâs – selon les versions dʿAṭâʾ, de Qatâdah, d’as-Suddi et de Muqâtil – a dit : Il lui a facilité le passage pour sortir du ventre de sa mère.
Mujâhid a dit : Il lui a facilité la voie du bien et du mal, c’est-à-dire qu’Il la lui a clarifiée, preuve en est Sa parole : « Nous l’avons certes guidé vers la voie » et : « Nous lui avons montré les deux voies. » Tel est aussi l’avis de al-Ḥasan, dʿAṭâʾ et d’Ibn ʿAbbâs dans la version d’Abû Ṣâliḥ.
Et, toujours d’après Mujâhid, il a dit : « sabîl… »