Il est rapporté dans le Ṣaḥīḥ, d’après ʿĀʾishah – qu’Allah l’agrée – que le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« Le cas de celui qui récite le Coran alors qu’il le connaît par cœur est (semblable à celui qui se trouve) avec les ambassadeurs nobles et vertueux ; et le cas de celui qui le récite tout en le révisant assidûment, alors que cela lui est difficile, est qu’il obtient deux récompenses. »
(Récit unanimement reconnu authentique, selon la version d’al-Bukhârî.)
« Kirām » : c’est-à-dire honorés auprès de leur Seigneur, a dit al-Kalbî.
Al-Ḥasan a dit : ils sont nobles au point de se préserver des désobéissances ; ils tiennent leurs êtres au-dessus d’elles.
Ad-Ḍaḥḥâk rapporte d’après Ibn ʿAbbâs, au sujet de « kirām » : ils se montrent trop respectueux pour demeurer avec le fils d’Adam lorsqu’il se trouve seul avec son épouse ou lorsqu’il va satisfaire un besoin naturel.
Et l’on a dit : ils préfèrent l’intérêt d’autrui au leur.
« Bararah » est le pluriel de « bâr », tout comme « kâfir / kafarah », « sâḥir / saḥarah », « fâjir / fajarah ».
On dit : « barrun » et « bârrun » pour désigner quelqu’un digne de véracité. De là l’expression : « barra untel dans son serment », c’est-à-dire : il a dit vrai.
De même : « Untel yabarru Khâliqahu wa yatabarraruhu », c’est-à-dire : il Lui obéit. Ainsi, « bararah » signifie : obéissants à Allah, sincères envers Allah dans leurs œuvres.
Il a déjà été mentionné dans la sourate « Al-Wâqiʿah » la parole du Très-Haut : « C’est certes un Coran noble, (préservé) dans un Livre bien gardé. Nul ne le touche si ce n’est les purifiés » (Al-Wâqiʿah, 77-79) ; il y est question de ces mêmes « nobles, vertueux » évoqués dans la présente sourate.
[Coran, sourate ʿAbasa (80), versets 17 à 23]
« Qu’il périsse, l’homme ! quel incroyablement ingrat il est ! (17)
De quoi donc l’a-t-Il créé ? (18)
D’une goutte de sperme Il l’a créé, puis Il l’a façonné harmonieusement ; (19)
puis Il a aplani pour lui la voie ; (20)
ensuite Il le fait mourir et le fait placer dans la tombe ; (21)
puis, quand Il le voudra, Il le ressuscitera. (22)
Non ! Il n’a pas encore accompli ce qu’Il Lui a ordonné. » (23)
Parole du Très-Haut :
« Qu’il périsse l’homme ! comme il est incroyablement ingrat ! »
– « Qu’il périsse » signifie : qu’il soit maudit.
D’autres ont dit : qu’il soit châtié. – « L’homme » : c’est le mécréant.
Al-Aʿmash rapporte de Mujâhid : partout où l’expression « qu’il périsse l’homme » figure dans le Coran, il s’agit du mécréant.
Ad-Ḍaḥḥâk rapporte d’Ibn ʿAbbâs : ce passage fut révélé au sujet de ʿUtbah ibn Abî Lahab ; il avait cru, puis lorsque la sourate « An-Najm » fut révélée, il apostasía et dit : « J’ai foi en tout le Coran, sauf en “An-Najm”. » Alors Allah ‑ exalté soit-Il ‑ fit descendre à son sujet « qu’il périsse l’homme », c’est-à-dire : qu’ʿUtbah soit maudit pour avoir renié le Coran, et le Messager d’Allah ﷺ invoqua contre lui.