Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et qui te fait savoir que ce à quoi tu aspires se réalisera ?

Al-Ḥasan a récité : « Â-an jâʼahu-l-aʿmâ ? » – en allongeant la voyelle de l’interrogation. Dans cette lecture, la particule « an » se rattache à un verbe sous-entendu que suggère l’expression « ʿabasa wa-tawallâ ». Le sens implicite est : « Serait-ce parce que l’aveugle est venu à lui qu’il s’en est détourné et s’est éloigné ? » Dans cette récitation, on fait la pause sur « wa-tawallâ », alors qu’on ne s’y arrête pas dans la lecture affirmative, laquelle est celle de la majorité.

Sixième point – L’équivalent de ce verset dans la réprimande est la parole du Très-Haut, dans la sourate al-Anʿâm : « Ne repousse pas ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir » (Al-Anʿâm, 52) ; ainsi que Sa parole, dans la sourate al-Kahf : « Ne détourne pas tes yeux d’eux en recherchant l’ornement de la vie d’ici-bas » (Al-Kahf, 28), et tout ce qui leur ressemble – et Allah sait mieux.

Ou bien qu’il se rappelle, qu’il s’amende grâce à ce que tu dis, et alors le rappel – c’est-à-dire l’exhortation – lui sera profitable.

La récitation courante lit « fa-tanfaʿُه » avec la ʿayn vocalisée au ḍamma, en coordination avec « yazzakkâ ». ʿĀṣim, Ibn Abî Isḥâq et ʿÎsâ la lisent « fa-tanfaʿa-hu » à l’accusatif ; telle est aussi la lecture de al-Sulamî et de Zirr b. Ḥubaysh, prise comme réponse à « laʿalla », celle-ci n’impliquant pas la certitude, à l’image de la parole divine : « Peut-être atteindrai-je les moyens… » (Ghâfir, 36), puis : « Il se pencha et regarda… » (Al-Ṣâffât, 55).

[Sourate ʿAbasa (80), versets 5 à 10]
5. Quant à celui qui se croit autosuffisant,
6. c’est vers lui que tu te tournes ;
7. alors qu’il ne t’incombe pas qu’il ne se purifie pas.
8. Mais quant à celui qui vient à toi en s’empressant,
9. tout en craignant (Allah),
10. c’est de lui que tu te détournes.

Parole du Très-Haut :
(Quant à celui qui s’estimait suffisant) – c’est-à-dire pourvu de richesse et d’aisance – ;
(tu te diriges vers lui) – tu te tournes vers lui et prêtes l’oreille à ses propos.

Le terme « taṣaddī » désigne l’écoute attentive. Le poète al-Râʿî a dit :
Il se pencha vers Waddâḥ, tel un front de splendeur,
Lampe de la nuit où vers lui se courbent les bracelets d’ardeur. (2)

Son origine est « tataṣaddadu », dérivé de « aṣ-ṣadd », ce qui fait face et se tient vis-à-vis. On dit : « Dârî ṣadadu dârihi », c’est-à-dire en face de sa demeure – le mot étant alors utilisé comme complément circonstanciel.

On a également dit qu’il provient de « aṣ-ṣadá », la soif : autrement dit, tu te portes vers lui comme l’assoiffé se porte vers l’eau. Quant à « al-muṣâdâh », elle signifie l’opposition. La lecture courante de « (taṣaddā) » est avec allègement, par élision du tâ.

وَمَا يُدْرِيكَ أَنَّ مَا طَمِعْتَ فِيهِ كَائِنٌ. وَقَرَأَ الْحَسَنُ " آأَنْ «١» جَاءَهُ الْأَعْمَى" بِالْمَدِّ عَلَى الِاسْتِفْهَامِ فَ- أَنْ مُتَعَلِّقَةٌ بِفِعْلٍ مَحْذُوفٍ دَلَّ عَلَيْهِ عَبَسَ وَتَوَلَّى التَّقْدِيرُ: آأَنْ جَاءَهُ أَعْرَضَ عَنْهُ وَتَوَلَّى؟ فَيُوقَفُ عَلَى هَذِهِ الْقِرَاءَةِ عَلَى وَتَوَلَّى، وَلَا يُوقَفُ عَلَيْهِ عَلَى قِرَاءَةِ الْخَبَرِ، وَهِيَ قِرَاءَةُ الْعَامَّةِ. السَّادِسَةُ- نَظِيرَ هَذِهِ الْآيَةِ فِي الْعِتَابِ قَوْلُهُ تَعَالَى فِي سُورَةِ الْأَنْعَامِ: وَلا تَطْرُدِ الَّذِينَ يَدْعُونَ رَبَّهُمْ بِالْغَداةِ وَالْعَشِيِّ [الانعام: ٥٢] وَكَذَلِكَ قَوْلُهُ فِي سُورَةِ الْكَهْفِ: وَلا تَعْدُ عَيْناكَ عَنْهُمْ تُرِيدُ زِينَةَ الْحَياةِ الدُّنْيا [الكهف: ٢٨] وَمَا كَانَ مِثْلَهُ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. أَوْ يَذَّكَّرُ يَتَّعِظُ بِمَا تَقُولُ فَتَنْفَعَهُ الذِّكْرى أَيِ الْعِظَةُ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ (فَتَنْفَعُهُ) بِضَمِّ الْعَيْنِ، عَطْفًا عَلَى يَزَّكَّى. وَقَرَأَ عَاصِمٌ وَابْنُ أَبِي إِسْحَاقَ وَعِيسَى فَتَنْفَعَهُ نَصْبًا. وَهِيَ قِرَاءَةُ السُّلَمِيِّ وَزِرِّ بْنِ حُبَيْشٍ، عَلَى جَوَابِ لَعَلَّ، لِأَنَّهُ غَيْرُ مُوجَبٍ، كقوله تعالى: لَعَلِّي أَبْلُغُ الْأَسْبابَ [غافر: ٣٦] ثم قال: فَاطَّلَعَ [الصافات: ٥٥] . [سورة عبس (٨٠) : الآيات ٥ الى ١٠] أَمَّا مَنِ اسْتَغْنى (٥) فَأَنْتَ لَهُ تَصَدَّى (٦) وَما عَلَيْكَ أَلاَّ يَزَّكَّى (٧) وَأَمَّا مَنْ جاءَكَ يَسْعى (٨) وَهُوَ يَخْشى (٩) فَأَنْتَ عَنْهُ تَلَهَّى (١٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَمَّا مَنِ اسْتَغْنى) أَيْ كَانَ ذَا ثَرْوَةٍ وَغِنًى (فَأَنْتَ لَهُ تَصَدَّى) أَيْ تَعَرَّضُ لَهُ، وَتُصْغِي لِكَلَامِهِ. وَالتَّصَدِّي: الْإِصْغَاءُ، قَالَ الرَّاعِي: تَصَدَّى لِوَضَّاحٍ كَأَنَّ جَبِينَهُ ... سِرَاجُ الدُّجَى يَحْنِي إِلَيْهِ الْأَسَاوِرُ «٢» وَأَصْلُهُ تَتَصَدَّدُ مِنَ الصَّدِّ، وَهُوَ مَا اسْتَقْبَلَكَ، وَصَارَ قُبَالَتَكَ، يُقَالُ: دَارِي صَدَدُ دَارِهِ أَيْ قُبَالَتَهَا، نُصِبَ عَلَى الظَّرْفِ. وَقِيلَ: مِنَ الصَّدَى وَهُوَ الْعَطَشُ. أَيْ تَتَعَرَّضُ لَهُ كَمَا يَتَعَرَّضُ الْعَطْشَانُ لِلْمَاءِ، وَالْمُصَادَاةُ: الْمُعَارَضَةُ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ (تصدى) بالتخفيف، على طرح التاء
(١). قال الزمخشري وقرى (آأن) بهمزتين وألف بينهما. (٢). الأسوار (بكسر الهمزة وضمها) قائد الفرس وقيل: هو الجيد الرمي بالسهام وقيل: هو الجيد الثبات على ظهر الفرس والجمع أساورة وأساور.

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