Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

et les esclaves. Il fronça alors les sourcils et se détourna de lui, et le verset fut révélé.

Ath-Thawrî rapporte : Par la suite, chaque fois que le Prophète – qu’Allah lui accorde prière et salut – rencontrait Ibn Umm Maktûm, il étendait pour lui son manteau et disait : « Bienvenue à celui au sujet duquel mon Seigneur m’a réprimandé. » Puis il ajoutait : « As-tu besoin de quelque chose ? » Il le désigna par ailleurs gouverneur de Médine à deux reprises, lors de deux expéditions qu’il entreprit.

Anas dit : « Je l’ai vu le jour d’al-Qâdisiyyah, monté, revêtu d’une cuirasse, portant une bannière noire. »

Quatrièmement – Nos savants déclarent : l’attitude d’Ibn Umm Maktûm eût constitué un manquement aux convenances s’il avait su que le Prophète – paix et salut sur lui – était occupé avec d’autres, espérant leur conversion. Cependant, Allah – Béni et Exalté – adressa ce reproche afin que les cœurs des gens de la Ṣuffah ne soient pas meurtris, ou afin de montrer que le croyant pauvre vaut mieux que le riche. Accorder de l’attention au croyant, fût-il pauvre, est plus juste et plus prioritaire que de se tourner vers les riches dans l’espoir de leur foi, même si cette démarche comporte elle aussi un certain intérêt.

C’est dans ce sens qu’est interprétée la parole du Très-Haut : « Il n’appartient pas à un Prophète d’avoir des prisonniers… » (Al-Anfâl, 67), comme il a été exposé précédemment(1).

Il a aussi été avancé que le Prophète – qu’Allah lui accorde prière et salut – voulait seulement gagner le cœur de cet homme, sûr de la foi qu’il savait déjà présente dans celui d’Ibn Umm Maktûm, ainsi qu’il a dit : « Il m’arrive d’entretenir les liens avec un homme alors qu’un autre m’est plus cher que lui, par crainte qu’Allah ne le précipite sur son visage dans le Feu. »

Cinquièmement – Ibn Zayd dit : Le Prophète – paix et salut sur lui – ne fronça les sourcils envers Ibn Umm Maktûm et ne se détourna de lui que parce qu’il fit signe à celui qui le guidait de le retenir. Ibn Umm Maktûm le repoussa et persista à vouloir parler au Prophète – paix et salut sur lui – jusqu’à ce qu’il l’instruise ; il y eut là de sa part une certaine rudesse.

Malgré cela, Allah fit descendre à son sujet – adressée à Son Prophète, paix et salut sur lui – : « Il s’est renfrogné et il s’est détourné », au moyen de la troisième personne, par vénération(2) pour lui, et non pas : « Tu t’es renfrogné et tu t’es détourné. »

Puis Il revint à l’adresse directe pour l’apaiser : « Et qu’en sais-tu ? », c’est-à-dire : « Qui t’informe ? » – peut-être qu’Ibn Umm Maktûm se purifiera grâce à l’enseignement du Coran et de la religion qu’il sollicite de toi, qu’il gagnera ainsi en pureté dans sa foi et que l’obscurité de l’ignorance se dissipera de lui.

D’autres ont dit que le pronom de « peut-être » renvoie au mécréant : autrement dit, si tu espères qu’il se purifie par l’islam ou qu’il se rappelle, le rappel le rapprochera dès lors de l’acceptation de la vérité.

وَالْعَبِيدُ، فَعَبَسَ وَأَعْرَضَ عَنْهُ، فَنَزَلَتِ الْآيَةُ. قَالَ الثَّوْرِيُّ: فَكَانَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَعْدَ ذَلِكَ إِذَا رَأَى ابْنَ أُمِّ مَكْتُومٍ يبسط له رداءه وبقول: [مَرْحَبًا بِمَنْ عَاتَبَنِي فِيهِ رَبِّي] . وَيَقُولُ: [هَلْ مِنْ حَاجَةٍ] ؟ وَاسْتَخْلَفَهُ عَلَى الْمَدِينَةِ مَرَّتَيْنِ فِي غَزْوَتَيْنِ غَزَاهُمَا. قَالَ أَنَسٌ: فَرَأَيْتُهُ يَوْمَ الْقَادِسِيَّةِ رَاكِبًا وَعَلَيْهِ دِرْعٌ وَمَعَهُ رَايَةٌ سَوْدَاءُ. الرَّابِعَةُ- قَالَ عُلَمَاؤُنَا: مَا فَعَلَهُ ابْنُ أُمِّ مَكْتُومٍ كَانَ مِنْ سُوءِ الْأَدَبِ لَوْ كَانَ عَالِمًا بِأَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَشْغُولٌ بِغَيْرِهِ، وَأَنَّهُ يَرْجُو إِسْلَامَهُمْ، وَلَكِنَّ اللَّهَ تَبَارَكَ وَتَعَالَى عَاتَبَهُ حَتَّى لَا تَنْكَسِرَ قُلُوبُ أَهْلِ الصُّفَّةِ، أَوْ لِيُعْلِمَ أَنَّ الْمُؤْمِنَ الْفَقِيرَ خَيْرٌ مِنَ الْغَنِيِّ، وَكَانَ النَّظَرُ إِلَى الْمُؤْمِنِ أَوْلَى وَإِنْ كَانَ فَقِيرًا أَصْلَحَ وَأَوْلَى مِنَ الْأَمْرِ الْآخَرِ، وَهُوَ الْإِقْبَالُ عَلَى الْأَغْنِيَاءِ طَمَعًا فِي إِيمَانِهِمْ، وَإِنْ كَانَ ذَلِكَ أَيْضًا نَوْعًا مِنَ الْمَصْلَحَةِ، وَعَلَى هَذَا يُخَرَّجُ قَوْلُهُ تَعَالَى: مَا كانَ لِنَبِيٍّ أَنْ يَكُونَ لَهُ أَسْرى [الأنفال: ٦٧] الْآيَةَ عَلَى مَا تَقَدَّمَ «١» . وَقِيلَ: إِنَّمَا قَصَدَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَأْلِيفَ الرَّجُلِ، ثِقَةً بِمَا كَانَ فِي قَلْبِ ابْنِ أُمِّ مَكْتُومٍ مِنَ الْإِيمَانِ، كَمَا قَالَ: [إِنِّي لَأَصِلُ الرَّجُلَ وَغَيْرُهُ أَحَبُّ إِلَيَّ مِنْهُ، مَخَافَةَ أَنْ يُكِبَّهُ اللَّهُ فِي النَّارِ عَلَى وَجْهِهِ [. الْخَامِسَةُ- قَالَ ابْنُ زَيْدٍ: إِنَّمَا عَبَسَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِابْنِ أُمِّ مَكْتُومٍ وَأَعْرَضَ عَنْهُ، لِأَنَّهُ أَشَارَ إِلَى الَّذِي كَانَ يَقُودُهُ أَنْ يَكُفَّهُ، فَدَفَعَهُ ابْنُ أُمِّ مَكْتُومٍ، وَأَبَى إِلَّا أَنْ يُكَلِّمَ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ حَتَّى يُعَلِّمَهُ، فَكَانَ فِي هَذَا نَوْعُ جَفَاءٍ مِنْهُ. وَمَعَ هَذَا أَنْزَلَ اللَّهُ فِي حَقِّهِ عَلَى نَبِيِّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: عَبَسَ وَتَوَلَّى بِلَفْظِ الْإِخْبَارَ عَنِ الْغَائِبِ، تَعْظِيمًا «٢» لَهُ وَلَمْ يَقُلْ: عَبَسْتَ وَتَوَلَّيْتَ. ثُمَّ أَقْبَلَ عَلَيْهِ بِمُوَاجَهَةِ الْخِطَابِ تَأْنِيسًا لَهُ فَقَالَ: وَما يُدْرِيكَ أَيْ يُعْلِمُكَ لَعَلَّهُ يَعْنِي ابْنَ أُمِّ مَكْتُومٍ يَزَّكَّى بِمَا اسْتَدْعَى مِنْكَ تَعْلِيمَهُ إِيَّاهُ مِنَ الْقُرْآنِ وَالدِّينِ، بِأَنْ يَزْدَادَ طَهَارَةً فِي دِينِهِ، وَزَوَالِ ظُلْمَةِ الْجَهْلِ عَنْهُ. وَقِيلَ: الضَّمِيرُ فِي لَعَلَّهُ لِلْكَافِرِ يَعْنِي إِنَّكَ إِذَا طَمِعْتَ فِي أَنْ يَتَزَكَّى بِالْإِسْلَامِ أَوْ يَذَّكَّرَ، فَتُقَرِّبُهُ الذكرى إلى قبول الحق
(١). راجع ج ٨ ص ٤٥ فما بعدها. (٢). في أ، ح: تعليما.

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