Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

c’est-à-dire : un effaroucheur. L’avertissement a été réservé à ceux qui la craignent, parce que ce sont eux qui en tirent réellement profit, bien qu’il demeure, en vérité, avertisseur de tout être responsable.

Cela est semblable à la parole du Très-Haut : « Tu n’avertis que celui qui suit le Rappel et craint le Tout-Miséricordieux dans le secret » (Yâ Sîn, 36 : 11).

La lecture de la majorité prononce munḏiru en construction, sans tanwîn, par souci d’allègement ; son état originel, cependant, est d’être pourvu du tanwîn, parce qu’il renvoie à un sens futur ; l’omission du tanwîn n’est admise, en principe, que pour le passé.

Al-Farrâʾ dit : le tanwîn est permis tout comme son abandon, ainsi qu’en témoigne la parole du Très-Haut : « bâlighu amri-hi » (at-Talâq, 65 : 3), « bâlighu amri-hi », « mûhinu kaydi-l-kâfirîn » (al-Anfâl, 8 : 18) et « mûhinu kaydi-l-kâfirîn ». Le tanwîn est l’état premier, et c’est ainsi qu’ont lu Abû Jaʿfar, Shaybah, al-Aʿraj, Ibn Muḥayṣin, Ḥumayd et ʿAyyâsh, d’après Abû ʿAmr : « munḏirun », avec tanwîn. Le mot est alors à l’accusatif, et le sens aussi : « Ne profite de ton avertissement que celui qui redoute l’Heure. »

Abû ʿAlî dit : l’annexion peut se comprendre au passé, comme dans l’expression « ḍâribi Zayd-in amsi » (« celui qui a frappé Zayd hier »), parce que l’acte d’avertir a déjà été accompli.

Le verset constitue une réfutation à l’encontre de ceux qui affirment que les états de l’Au-delà ne sont pas sensibles, qu’ils ne seraient qu’un repos ou une souffrance de l’âme, sans réalité tangible.

« C’est comme s’ils, le jour où ils la verront » – c’est-à-dire les mécréants lorsqu’ils verront l’Heure – « n’avaient demeuré dans ce bas-monde qu’un soir ou son matin » ; autrement dit, la durée d’un soir, ou celle du matin qui suit ce soir. L’intention est de réduire à bien peu la durée de la vie d’ici-bas, ainsi qu’Il a dit : « Ils n’y demeurèrent qu’une heure d’un jour » (al-Aḥqâf, 46 : 35).

Ad-Daḥḥâk rapporte d’après Ibn ʿAbbâs : « C’est comme s’ils, le jour où ils la verront, n’avaient demeuré qu’un seul jour. »

On a également dit : ils n’auront séjourné dans leurs tombes qu’un soir ou son matin, car, à la vue de l’effroi, ils trouveront la durée de leur séjour dans les tombes très courte.

Al-Farrâʾ ajoute : quelqu’un pourrait objecter : « Le soir a-t-il un ḍuḥâ (matin) ? » Le ḍuḥâ appartient en vérité au début du jour, mais on l’a annexé au soir pour désigner le jour qui les réunit tous deux, selon l’usage des Arabes qui disent : « Je viendrai à toi le matin ou dans son soir », et : « Je viendrai à toi le soir ou dans son matin ». Ainsi, ‘ʿashiyya’ signifie la fin du jour, tandis que ‘ghadâta’ désigne le début du jour.

Il dit encore, et un homme des Banû ʿUqayl me récita :
Nous surprîmes ʿÂmir dans ses maisons, au petit matin, (A)
Montés sur des coursiers fougueux, traversant le jour d’un trait éclatant. (A)
Un soir de premier croissant, ou quand la lune s’efface, (B)
Moment plus redoutable encore que le matin ou son soir qu’on embrasse. (B)

Il voulait dire : un soir de la nouvelle lune ou le soir de sa disparition ; c’est une formule plus appuyée encore que : « Je viendrai à toi le matin ou en son soir. »

أَيْ مُخَوِّفٌ، وَخَصَّ الْإِنْذَارَ بِمَنْ يَخْشَى، لِأَنَّهُمُ الْمُنْتَفِعُونَ بِهِ، وَإِنْ كَانَ مُنْذِرًا لِكُلِّ مُكَلَّفٍ، وَهُوَ كَقَوْلِهِ تَعَالَى: إِنَّما تُنْذِرُ مَنِ اتَّبَعَ الذِّكْرَ وَخَشِيَ الرَّحْمنَ بِالْغَيْبِ [يس: ١١] . وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ مُنْذِرُ بِالْإِضَافَةِ غَيْرِ مَنُوَّنٍ، طَلَبَ التَّخْفِيفِ، وَإِلَّا فَأَصْلُهُ التَّنْوِينُ، لِأَنَّهُ لِلْمُسْتَقْبَلِ وَإِنَّمَا لَا يُنَوَّنُ فِي الْمَاضِي. قَالَ الْفَرَّاءُ: يَجُوزُ التنوين وتركه، كقوله تعالى: بالِغُ أَمْرِهِ [الطلاق: ٣] ، وبالِغُ أَمْرِهِ ومُوهِنُ كَيْدِ الْكافِرِينَ [الأنفال: ١٨] ومُوهِنُ كَيْدِ الْكافِرِينَ وَالتَّنْوِينُ هُوَ الْأَصْلُ، وَبِهِ قَرَأَ أَبُو جَعْفَرٍ وَشَيْبَةُ وَالْأَعْرَجُ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ وَحُمَيْدٌ وَعَيَّاشٌ عَنْ أَبِي عَمْرٍو (مُنْذِرٌ) مُنَوَّنًا، وَتَكُونُ فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ، وَالْمَعْنَى نَصْبٌ، إِنَّمَا يَنْتَفِعُ بِإِنْذَارِكَ مَنْ يَخْشَى السَّاعَةَ. وَقَالَ أَبُو عَلِيٍّ: يَجُوزُ أَنْ تَكُونَ الْإِضَافَةُ لِلْمَاضِي، نَحْوَ ضَارِبِ زَيْدٍ أَمْسِ، لِأَنَّهُ قَدْ فَعَلَ الْإِنْذَارَ، الْآيَةُ رَدٌّ عَلَى مَنْ قَالَ: أَحْوَالُ الْآخِرَةِ غَيْرُ مَحْسُوسَةٍ، وَإِنَّمَا هِيَ رَاحَةُ الرُّوحِ أَوْ تَأَلُّمُهَا مِنْ غَيْرِ حِسٍّ. كَأَنَّهُمْ يَوْمَ يَرَوْنَها يَعْنِي الْكُفَّارَ يَرَوْنَ السَّاعَةَ لَمْ يَلْبَثُوا أَيْ فِي دُنْيَاهُمْ، إِلَّا عَشِيَّةً أَيْ قَدْرَ عَشِيَّةٍ أَوْ ضُحاها أي أو قدر الضحا الَّذِي يَلِي تِلْكَ الْعَشِيَّةَ، وَالْمُرَادُ تَقْلِيلُ مُدَّةِ الدُّنْيَا، كَمَا قَالَ تَعَالَى: لَمْ يَلْبَثُوا إِلَّا ساعَةً مِنْ نَهارٍ [الأحقاف: ٣٥] . وَرَوَى الضَّحَّاكُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: كَأَنَّهُمْ يَوْمَ يَرَوْنَهَا لَمْ يَلْبَثُوا إِلَّا يَوْمًا وَاحِدًا. وَقِيلَ: لَمْ يَلْبَثُوا فِي قُبُورِهِمْ إِلَّا عَشِيَّةً أَوْ ضُحاها، وَذَلِكَ أَنَّهُمُ اسْتَقْصَرُوا مُدَّةَ لُبْثِهِمْ فِي الْقُبُورِ لِمَا عَايَنُوا مِنَ الْهَوْلِ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: يقول القائل: وهل للعشية ضحا؟ وإنما الضحا لصدر النهار، ولكن أضيف الضحا إِلَى الْعَشِيَّةِ، وَهُوَ الْيَوْمُ الَّذِي يَكُونُ فِيهِ عَلَى عَادَةِ الْعَرَبِ، يَقُولُونَ: آتِيكَ الْغَدَاةَ أَوْ عَشِيَّتَهَا، وَآتِيكَ الْعَشِيَّةَ أَوْ غَدَاتَهَا، فَتَكُونُ الْعَشِيَّةُ فِي مَعْنَى آخِرِ النَّهَارِ، وَالْغَدَاةُ فِي مَعْنَى أَوَّلِ النَّهَارِ، قَالَ: وَأَنْشَدَنِي بَعْضُ بَنِي عُقَيْلٍ: نَحْنُ صَبَّحْنَا عَامِرًا فِي دَارِهَا ... جُرْدًا تَعَادَى طَرَفَيْ نَهَارِهَا عَشِيَّةِ الْهِلَالِ أَوْ سِرَارِهَا أَرَادَ: عَشِيَّةَ الْهِلَالِ، أَوْ سِرَارَ الْعَشِيَّةِ، فَهُوَ أَشَدُّ من آتيك الغداة أو عشيها.

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