Al-Ḥasan, ʿAmr b. Maymûn, ʿAmr b. ʿUbayd et Naṣr b. ʿĀṣim lisent le mot « les montagnes » – wa-l-jibālu – au nominatif, à titre de sujet indépendant.
On a également dit : n’eût-il pas fallu introduire la particule de coordination avant « Il fit sortir », de sorte que l’expression constituerait une proposition circonstancielle (ḥâl) avec l’omission implicite de « qad », à l’exemple de la parole du Très-Haut : « ḥaṣirat ṣudûruhum » (An-Nisâ’, 90).
« Matāʿan lakum » signifie : un profit pour vous, ainsi que pour vos bêtes – chameaux, bovins et ovins. Le mot « matāʿan » est à l’accusatif absolu, employé comme maṣdar sans qu’un verbe de la même racine figure dans le texte, car le sens de « Il en fit sortir son eau et son pâturage » est : Il vous procura, par cela, un usufruit. D’autres ont expliqué qu’il s’agit d’un accusatif dû à l’élision de la particule qualificative ; le sens estimé est : « afin que vous en jouissiez comme usufruit. »
(An-Nâziʿât 79, 34-36)
« Puis, lorsque viendra le Grand Cataclysme,
le jour où l’homme se rappellera ce pour quoi il s’est employé,
et que la Fournaise sera exposée aux regards… »
Parole du Très-Haut : « Puis, lorsque viendra le Grand Cataclysme. » Il s’agit de l’immense calamité ; c’est la deuxième insufflation, celle qui sera suivie de la résurrection – ainsi l’ont expliqué Ibn ʿAbbâs, d’après le récit de Ḍaḥḥâk, et al-Ḥasan. Selon un autre propos d’Ibn ʿAbbâs, rapporté aussi par Ḍaḥḥâk, c’est le Jour de la Résurrection ; on l’a nommée ainsi parce qu’elle submerge tout, englobant toute autre chose tant son effroi est grand : elle la renverse.
Dans leurs proverbes, on trouve : « Le vallon a débordé et a recouvert le hameau. »
Al-Mubarrad dit : chez les Arabes, « aṭ-ṭâmma » désigne le fléau qu’il est impossible de repousser. On l’a tiré, semble-t-il, de leur expression : « ṭamma l-farasu ṭamîman » lorsque le cheval dépense toute sa force dans la course, et de « ṭamma l-mâ’u » lorsque l’eau remplit tout le cours du fleuve. D’autres la font dériver de « ṭamma s-saylu r-rakiyyata », c’est-à-dire : « le torrent a enseveli le puits » ; or « aṭ-ṭamm » signifie à la fois ensevelissement et surélévation.
Al-Qâsim b. al-Walîd al-Hamdânî a dit : le Grand Cataclysme, c’est lorsque les gens du Paradis seront conduits vers le Paradis et les gens du Feu vers le Feu – c’est aussi le sens que donne Mujâhid. Sufyân a dit : c’est l’instant où les damnés seront remis aux gardiens de la Fournaise ; autrement dit la calamité qui a débordé et s’est amplifiée.
Il a récité :
« Tel amour aveugle et rend sourd, à ce qu’on dit ;
De même la haine est pire et plus rude à subir. »