« Reviendrais-je donc sur mes pas, chauve et les tempes blanchies…
Je cherche refuge auprès d’Allah contre la folie et le déshonneur. »
Il veut dire : « Vais-je retourner, une fois mes cheveux blanchis et ma tête devenue chauve, à ce que j’étais dans ma jeunesse : badinages amoureux et futilités ? »
On dit : « Il est revenu ʿalâ ḥâfiratih », c’est-à-dire par le même chemin qu’il avait pris à l’aller.
Dans le proverbe, on dit :
« An-Naqd ʿinda-l-ḥâfirah »
— Yaʿqûb explique : « c’est-à-dire dès la première parole. »
On dit encore : « Les deux partis se rencontrèrent et s’affrontèrent ʿinda-l-ḥâfirah », c’est-à-dire aussitôt qu’ils se furent rejoints.
D’autres ont dit : « al-ḥâfirah » désigne la vie présente, c’est-à-dire : « Lequel d’entre nous serait ramené de nouveau dans ce bas-monde pour y vivre, bien vivant, comme auparavant ? »
Le poète a dit :
« J’ai juré de ne jamais vous oublier, sachez-le…
Jusqu’à ce que les hommes soient ramenés à la ḥâfirah. »
Il a également été dit que « al-ḥâfirah » est la terre dans laquelle leurs tombes sont creusées ; c’est donc le sens de « la terre creusée », à l’instar de la parole du Très-Haut : « une eau jaillissante / une vie agréable ». Le sens serait alors : « Allons-nous vraiment être renvoyés, vivants, dans nos tombeaux ? » – avis rapporté de Mujâhid, al-Khalîl et al-Farrâʾ.
D’autres ont dit : la terre est appelée « ḥâfirah » parce qu’elle est le point d’appui des sabots, tout comme le pied est parfois appelé « terre » parce qu’il est posé sur la terre. Le sens serait donc : « Allons-nous, après la mort, retourner sur la terre et marcher de nouveau sur nos pieds ? »
Ibn Zayd a dit : « al-ḥâfirah » désigne le Feu, et il a récité : « Ce serait alors un retour perdant. »
Muqâtil et Zayd b. Aslam ont dit : c’est l’un des noms de l’Enfer.
Ibn ʿAbbâs a dit : dans la langue des Arabes, « al-ḥâfirah » signifie le bas-monde.
Abû Ḥaywah a lu : « al-ḥifrah » sans alif, forme abrégée de « al-ḥâfirah ».
On a encore dit : « al-ḥifrah » est la terre empuantie par les cadavres qu’elle contient ; de là leur expression : « ḥafirat asnânuhu » (ses dents se sont gâtées) lorsqu’elles sont couvertes de crasse à l’intérieur comme à l’extérieur.
On dit : « Fi asnânihi ḥafar », et l’on conjugue : « ḥafarat yaḥfiru ḥafran » comme « kasara yaksiru kasran » quand la racine des dents se gâte.
Les Banû Asad prononcent : « fî asnânihi ḥafarun » (avec voyelle mobile) ; ils disent aussi « ḥafirat » sur le schème de « taʿibat taʿaban », mais c’est, selon aṣ-Ṣiḥâḥ, la moins correcte des deux formes.
« (Serons-nous ramenés) lorsque nous serons des ossements ‘nakhirah’ »
— c’est-à-dire usés et réduits en poussière.
On dit : « nakhira al-ʿaẓmu » (avec kasra) lorsqu’un os est pourri et s’effrite ; ainsi on parle de « ʿiẓâmun nakhirah » (des os pourris).
Tel est le choix de la majorité des récitateurs de Médine, de La Mecque, de Syrie et de Baṣra, et c’est l’avis retenu par Abû ʿUbayd, car, dit-il, lorsque nous avons examiné les traces où il est question d’ossements, nous les avons trouvés « nakhirah » et non « nâkhirah ».
Abû ʿAmr, son fils ʿAbdullâh, Ibn ʿAbbâs, Ibn Masʿûd, Ibn az-Zubayr, Ḥamzah, al-Kisâʾî et Abû Bakr lisent « nâkhirah » avec alif ; c’est aussi la préférence d’al-Farrâʾ, de Ṭabarî et d’Abû Muʿâdh le grammairien, lorsque cette lecture convient à la cadence des versets.
Et dans aṣ-Ṣiḥâḥ il est dit : « an-nâkhir s’emploie pour les os… »