Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

un simple mouvement ; elle provient plutôt de leur expression : « raǧafa ar-raʿdu yarǧufu raǧfan wa raǧīfan », c’est-à-dire : le tonnerre a donné de la voix et s’est agité. De là dérive le mot « arāǧīf » (les rumeurs alarmistes), en raison du tumulte des voix qu’elles suscitent et de la façon dont les gens les propagent.

Le poète a dit :
Ô semeur de rumeurs, fils du blâme, tu me menaces (A)
Dans ces mêmes rumeurs je ne vois que bassesse et faiblesse (A)[1]

D’après Ubayy b. Kaʿb, le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue —, lorsqu’un quart de la nuit s’était écoulé, se levait puis disait :
« Ô gens, invoquez Allah ! Voici la Rajifa, suivie de la Radifa. La mort est venue avec tout ce qu’elle renferme. »

« Ce jour-là, les cœurs seront frissonnants » : c’est-à-dire craintifs et inquiets, selon Ibn ʿAbbâs — et la majorité des exégètes partagent cet avis.

As-Suddî dit : « Ils quitteront leurs positions », conformément au verset : « … quand les cœurs atteindront les gorges » (Cor. 40 : 18).

L’historien commente : « Agités, sur le qui-vive, frémissants, sans repos[2]. »

Al-Mubarrad dit : « Tremblants. » Les sens sont proches, et il s’agit des cœurs des mécréants. On dit : « waǧafa le cœur » lorsqu’il bat rapidement, comme on dit également : « waǧaba », d’où « waǧīf » pour le halètement du cheval ou du chameau lancé au galop, et « îǧāf », fait de pousser la monture à une allure rapide.

Le poète a dit :
Elles furent changées, du pas tranquille au trot serré (A)
Et, d’un souffle long, à un battement pressé (A)

Le mot « qulūbun » est au nominatif parce qu’il constitue le sujet, « wājifatun » en est l’épithète ; « wa absāruhā khāshiʿah » en est le prédicat, comme dans : « Un esclave croyant vaut mieux qu’un associateur » (Cor. 2 : 221).

« Khāshiʿah » signifie abaissés, humiliés par l’horreur de ce qu’ils voient, à l’instar de : « Leurs regards, abaissés, les couvre d’humiliation » (Cor. 68 : 43). Le terme sous-entend « les regards de leurs détenteurs », le possédé ayant été omis.

« Ils disent : “Serons-nous vraiment ramenés dans la ḥâfirah ?” » Autrement dit, ces négateurs de la résurrection, lorsqu’on leur annonce : « Vous serez ressuscités », répondent avec dénégation et étonnement : « Serons-nous renvoyés, après notre mort, à notre premier état, et reviendrons-nous vivants comme nous l’étions avant de mourir ? » Ceci rejoint leur parole : « Serons-nous réellement créés de nouveau ? » On dit : « Untel est revenu fî ḥâfiratih / ʿalâ ḥâfiratih », c’est-à-dire : il est revenu par le chemin d’où il était venu — ainsi l’a expliqué Qatâdah.

Ibn al-Aʿrâbî a cité :

الْحَرَكَةِ فَقَطْ، بَلْ مِنْ قَوْلِهِمْ: رَجَفَ الرَّعْدُ يَرْجُفُ رَجْفًا وَرَجِيفًا: أَيْ أَظْهَرَ الصَّوْتَ وَالْحَرَكَةَ، وَمِنْهُ سُمِّيَتِ الْأَرَاجِيفُ، لِاضْطِرَابِ الْأَصْوَاتِ بِهَا، وَإِفَاضَةِ الناس فيها، قال: أبا لاراجيف يا ابن اللوم تُوعِدُنِي ... وَفِي الْأَرَاجِيفِ خِلْتُ اللُّؤْمَ وَالْخَوَرَا «١» وَعَنْ أُبَيِّ بْنُ كَعْبٍ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ إِذَا ذَهَبَ رُبْعُ اللَّيْلِ قَامَ ثُمَّ قَالَ: [يَا أَيُّهَا النَّاسُ اذْكُرُوا اللَّهَ، جَاءَتِ الرَّاجِفَةُ تَتْبَعُهَا الرَّادِفَةُ، جَاءَ الْمَوْتُ بِمَا فِيهِ [. (قُلُوبٌ يَوْمَئِذٍ واجِفَةٌ) أَيْ خَائِفَةٌ وَجِلَةٌ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ وَعَلَيْهِ عَامَّةُ الْمُفَسِّرِينَ. وَقَالَ السُّدِّيُّ: زَائِلَةٌ عَنْ أَمَاكِنِهَا. نَظِيرُهُ إِذِ الْقُلُوبُ لَدَى الْحَناجِرِ [غافر: ١٨] . وَقَالَ الْمُؤَرِّخُ: قَلِقَةٌ مُسْتَوْفِزَةٌ، مُرْتَكِضَةٌ «٢» غَيْرُ سَاكِنَةٍ. وَقَالَ الْمُبَرِّدُ: مُضْطَرِبَةٌ. وَالْمَعْنَى مُتَقَارِبٌ، وَالْمُرَادُ قُلُوبُ الْكُفَّارِ، يُقَالُ وَجَفَ الْقَلْبُ يَجِفُّ وَجِيَفًا إِذَا خَفَقَ، كَمَا يُقَالُ: وَجَبَ يَجِبُ وَجِيبًا، وَمِنْهُ وَجِيَفُ الْفَرَسِ وَالنَّاقَةِ فِي الْعَدْوِ، وَالْإِيجَافِ حَمْلُ الدَّابَّةِ عَلَى السَّيْرِ السَّرِيعِ، قَالَ: بُدِّلْنَ بَعْدَ جرة صريفا ... وبعد طول النفس الوجيفا وقُلُوبٌ رفع بالابتداء وواجِفَةٌ صفتها. وأَبْصارُها خاشِعَةٌ خَبَرُهَا، مِثْلَ قَوْلِهِ وَلَعَبْدٌ مُؤْمِنٌ خَيْرٌ مِنْ مُشْرِكٍ [البقرة: ٢٢١] . وَمَعْنَى خاشِعَةٌ مُنْكَسِرَةٌ ذَلِيلَةٌ مِنْ هَوْلِ مَا ترى. نظيره: خاشِعَةً أَبْصارُهُمْ تَرْهَقُهُمْ ذِلَّةٌ [القلم: ٤٣] . والمعنى أبصار أصحابها، فحذف المضاف. (يَقُولُونَ أَإِنَّا لَمَرْدُودُونَ فِي الْحافِرَةِ) أَيْ يَقُولُ هَؤُلَاءِ الْمُكَذِّبُونَ الْمُنْكِرُونَ لِلْبَعْثِ، إِذَا قِيلَ لَهُمْ إِنَّكُمْ تُبْعَثُونَ، قَالُوا مُنْكِرِينَ مُتَعَجِّبِينَ: أَنُرَدُّ بَعْدَ مَوْتِنَا إِلَى أَوَّلِ الْأَمْرِ، فَنَعُودُ أَحْيَاءً كَمَا كُنَّا قَبْلَ الموت؟ وهو كقولهم: أَإِنَّا لَمَبْعُوثُونَ خَلْقاً جَدِيداً يُقَالُ: رَجَعَ فُلَانٌ فِي حَافِرَتِهِ، وَعَلَى حَافِرَتِهِ، أَيْ رَجَعَ مِنْ حَيْثُ جاء، قاله قتادة. وأنشد ابن الاعرابي:
(١). قائله منازل بن ربيعة المنقري في هجو رؤبة والعجاج: والرواية المشهورة للبيت كما في كتب النحو كشرح التصريح وغيره هي: أبا الأراجيز يا ابن اللؤم توعدني ... وفي الأراجيز- خلت- اللؤم والخور والأراجيز جمع أرجوزة وهي القصائد الجارية على بحر الرجز: وفي الأراجيز خبر مقدم واللؤم مبتدأ مؤخر وتوسط (خلت) بين المبتدإ والخبر أبطل عملها وهو موضع الشاهد في البيت عند النحاة. وقيل لا يمتنع النصب على أن يقدر مبتدأ أي (أما). (٢). مرتكضة: مضطربة.

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