Al-Farrâʾ déclara : « Tel est le sens visé. »
La parole du Très-Haut l’atteste : « Est-ce lorsque nous serons des ossements vermoulus… » (Cor. 79 : 11). N’as-tu pas remarqué que cette formule tient lieu de réponse à leur objection : « Est-ce lorsque nous serons des ossements vermoulus que nous serons ressuscités ? » Il s’est donc contenté de dire : « Est-ce lorsque nous serons des ossements vermoulus… ? »
D’autres ont soutenu que le serment porte sur Sa parole : « Il y a certes en cela un exemple édifiant pour quiconque craint » (Cor. 79 : 26). Tel est l’avis retenu par at-Tirmidhî ibn ʿAlî. Autrement dit, dans ce que J’ai relaté au sujet du Jour de la Résurrection et du récit de Mûsâ et de Pharaon se trouve une exhortation pour celui qui redoute (Allah). Cependant – comme l’a fait observer Ibn al-Anbârî – il est plus convenable et plus pertinent que le serment se rattache à ce qui est explicitement mentionné et mis en évidence dans la sûrah, plutôt qu’à un élément qui n’y est pas évoqué ; lier le serment à ce dernier serait blâmable, car un long discours les sépare.
On a encore dit que la réponse au serment est : « T’est-il parvenu le récit de Moïse ? » (Cor. 79 : 15), car, sous-entendu, le sens en est : « Il t’est certes parvenu. »
D’autres ont affirmé que la réponse réside dans : « Le jour où la convulsion fera trembler » (Cor. 79 : 6), sur l’estimation : « En vérité, le jour où…, » lâm ayant alors été omise.
On a également avancé qu’il existe dans le passage une antéposition et une postposition ; le sens serait : « Le jour où la convulsion fera trembler, où la suivante la suivra, et [par] les Nāziʿāt arrachant violemment… »
As-Sijistânî estime qu’il est possible de l’expliquer par l’antéposition et la postposition, comme si le discours disait : « Puis les voilà sur la surface [de la terre] – et [par] les Nāziʿāt… » Ibn al-Anbârî rétorque : « Ceci est erroné, car on ne débute pas une phrase par la conjonction fa ; la première explication est la bonne. »
Il a encore été soutenu que le serment vise le fait que les cœurs des gens de l’Enfer se dessèchent et que leurs regards s’abaissent ; l’accusatif dans « Le jour où la convulsion fera trembler » serait alors motivé par ce sens, bien qu’il ne soit pas lui-même l’objet du serment.
Az-Zajjâj dit : « [C’est-à-dire] des cœurs anxieux le jour où cela tremblera. »
Il a aussi été avancé que l’accusatif procède de l’ellipse du verbe « Rappelle ». « Fera trembler » signifie : « s’ébranlera, sera secoué ».
Quant à « ar-Râjifah » (la convulsion), elle est « ce qui s’ébranle » – ainsi l’a expliqué ʿAbd ar-Raḥmân ibn Zayd : il s’agit de la terre ; « ar-Râdifah » (ce qui suit) désigne l’Heure.
Mujâhid dit : « ar-Râjifah » est le séisme et « ar-Râdifah » qui la suit est le Cri. D’après lui encore, ainsi que selon Ibn ʿAbbâs, al-Ḥasan et Qatâdah, il s’agit des deux Cris, c’est-à-dire des deux Souffles : le premier, par la permission d’Allah — Très-Haut — fait mourir toute chose ; le second fait revivre toute chose, avec Sa permission. Il est rapporté dans un ḥadîth du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — qu’« entre les deux [Souffles] il y a quarante ans ».
Mujâhid dit encore : « ar-Râdifah » intervient lorsque le ciel se fendra, que la terre et les montagnes seront soulevées puis réduites en poussière d’un seul coup, et cela après le séisme.
Selon une autre opinion, « ar-Râjifah » est le premier mouvement de la terre, et « ar-Râdifah » un second tremblement qui anéantira les terres – et Allah sait mieux.
Tout ce qui concerne le Souffle dans la Trompe a déjà été exposé de manière suffisante à la fin de la sûrah « an-Naml »¹. Le terme « rajfah » a pour sens originel le mouvement ; Allah — Très-Haut — dit : « Le jour où la terre tremblera… »
Et ici, la « rajfah » n’est pas