Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

À savoir qu’elles s’enfoncent, disparaissent puis se lèvent d’un horizon à un autre. Cette explication a été donnée par Abû ʿUbaydah, Ibn Kaysân et al-Akhfash.

On a également dit : « al-Nâziʿât » désigne les arcs qui, par le tir, « arrachent » avec leurs flèches ; telle est l’opinion de ʿAtâʾ et ʿIkrimah. Quant au terme « gharqan », il signifie un tir poussé à l’extrême ; la « ghurûq » (tension maximale) de celui qui bande l’arc consiste à le tendre jusqu’à la limite ultime, de sorte que la corde atteigne la pointe de la flèche.

On dit : « Il a agrqa dans l’arc », c’est-à-dire qu’il l’a tiré complètement, jusqu’au talon (ʿaqab) situé près du fer autour duquel la corde est enroulée. Le mot « istighrâq » signifie alors l’idée d’englober ou de parfaire.

La fine pellicule interne de l’œuf est appelée « ghirqīʾ ».

Il a aussi été avancé qu’il s’agit des combattants archers.

Je (l’auteur) dis : cette interprétation et la précédente sont équivalentes ; car, lorsqu’Il jure par les arcs, ce sont bien ceux qui les manient qui sont visés, afin d’en magnifier l’importance ; c’est comparable à Sa parole : « Par les coursiers haletants » (al-ʿÂdiyât, 1). Allah sait mieux.

Par « ighrâq », il faut entendre l’exagération dans l’acte de tirer, notion valable dans toutes les explications avancées.

Une autre opinion veut que ce soit les bêtes sauvages qui arrachent l’herbe puis s’enfuient (1) ; cette version est rapportée par Yaḥyâ ibn Sallâm. Ici, « gharqan » signifie : tirer jusqu’à l’extrême.

Sa parole – exalté soit-Il – : « et par celles qui retirent avec douceur » (wa-n-nâshiṭâti nashṭan).

Ibn ʿAbbâs a dit : il s’agit des anges qui délient l’âme du croyant et la saisissent, comme on ôte le licol (al-ʿiqâl) de la patte du chameau lorsqu’on la détache.

Al-Farrâʾ a reproduit cette explication puis a ajouté : ce que j’ai entendu des Arabes, c’est qu’ils disent « unshitat », comme si l’on avait été libéré d’un licol. Le fait de l’attacher se dit « nashṭuhâ », et celui qui l’attache est « al-nâshiṭ ». Lorsque tu attaches la corde à la patte du chameau, tu l’as « nashṭt » ; tu es alors « nâshiṭ ». Quand tu la détaches, tu l’as « an shaṭt » et tu es « munshiṭ ».

Ibn ʿAbbâs dit encore : ce sont les âmes des croyants, au moment de la mort, qui se hâtent de sortir ; en effet, il n’est pas un croyant à qui la mort se présente (2) sans que le Paradis ne lui soit montré avant qu’il ne meure. Il y voit ce qu’Allah lui a préparé comme épouses et proches parmi les houris aux grands yeux ; ceux-ci l’appellent vers eux, si bien que son âme aspire à sortir pour les rejoindre.

Et il dit encore : il s’agit des âmes des mécréants et des hypocrites, qui se détachent comme se détache le « ʿaqib » servant à retirer la flèche.

Le « ʿaqab » (voyellé) désigne le tendon avec lequel on fabrique les cordes ; le singulier est « ʿaqabah ». On dit : « La flèche, la hampe et l’arc ont été ‘ʿaqaba’ », lorsqu’on en a enroulé quelque partie autour d’eux.

Le « nashṭ » est une traction rapide ;

et de là vient « al-unshûṭah » : un nœud qui se défait aisément lorsqu’on le tire, semblable au nœud d’une ceinture.

Abû Zayd a dit : « nashṭat… »

أَيْ إِنَّهَا تَغْرَقُ وَتَغِيبُ وَتَطْلُعُ مِنْ أُفُقٍ إِلَى أُفُقٍ آخَرَ. وَقَالَهُ أَبُو عُبَيْدَةَ وَابْنُ كَيْسَانَ وَالْأَخْفَشُ. وَقِيلَ: النَّازِعَاتُ الْقِسِيُّ تَنْزِعُ بِالسِّهَامِ، قَالَهُ عَطَاءٌ وَعِكْرِمَةُ. وغَرْقاً بِمَعْنَى إِغْرَاقًا، وَإِغْرَاقُ النَّازِعِ فِي الْقَوْسِ أَنْ يَبْلُغَ غَايَةَ الْمَدِّ، حَتَّى يَنْتَهِيَ إِلَى النَّصْلِ. يُقَالُ: أَغْرَقَ فِي الْقَوْسِ أَيِ اسْتَوْفَى مَدَّهَا، وَذَلِكَ بِأَنْ تَنْتَهِيَ إلى العقب الذي عند النصل الْمَلْفُوفِ عَلَيْهِ. وَالِاسْتِغْرَاقُ الِاسْتِيعَابُ. وَيُقَالُ لِقِشْرَةِ الْبَيْضَةِ الدَّاخِلَةِ: " غِرْقِئٌ" . وَقِيلَ: هُمُ الْغُزَاةُ الرُّمَاةُ. قُلْتُ: هُوَ وَالَّذِي قَبْلَهُ سَوَاءٌ، لِأَنَّهُ إِذَا أَقْسَمَ بِالْقِسِيِّ فَالْمُرَادُ النَّازِعُونَ بِهَا تَعْظِيمًا لَهَا، وَهُوَ مثل قوله تعالى: وَالْعادِياتِ ضَبْحاً [العاديات: ١] وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَأَرَادَ بِالْإِغْرَاقِ: الْمُبَالَغَةَ فِي النَّزْعِ وَهُوَ سَائِرٌ فِي جَمِيعِ وُجُوهِ تَأْوِيلِهَا. وَقِيلَ: هِيَ الْوَحْشُ تَنْزِعُ «١» مِنَ الْكَلَأِ وَتَنْفِرُ. حَكَاهُ يحيى ابن سَلَامٍ. وَمَعْنَى غَرْقاً أَيْ إِبْعَادًا فِي النَّزْعِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَالنَّاشِطاتِ نَشْطاً) قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: يَعْنِي الْمَلَائِكَةَ تَنْشِطُ نَفْسَ الْمُؤْمِنِ فَتَقْبِضُهَا كَمَا يُنْشَطُ الْعِقَالُ مِنْ يَدِ الْبَعِيرِ: إِذَا حُلَّ عَنْهُ. وَحَكَى هَذَا الْقَوْلَ الْفَرَّاءُ ثُمَّ قَالَ: وَالَّذِي سَمِعْتُ مِنَ الْعَرَبِ أَنْ يَقُولُوا أَنُشِطَتْ وَكَأَنَّمَا أُنْشِطَ مِنْ عِقَالٍ. وَرَبْطُهَا نَشْطُهَا وَالرَّابِطُ النَّاشِطُ، وَإِذَا رَبَطْتَ الْحَبْلَ فِي يَدِ الْبَعِيرِ فَقَدْ نَشِطْتَهُ، فَأَنْتَ نَاشِطٌ، وَإِذَا حَلَلْتَهُ فَقَدْ أَنَشَطْتَهُ وَأَنْتَ مُنْشِطٌ. وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَيْضًا: هِيَ أَنْفُسُ الْمُؤْمِنِينَ عِنْدَ الْمَوْتِ تَنْشَطُ لِلْخُرُوجِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ مَا مِنْ مُؤْمِنٍ [يَحْضُرُهُ الْمَوْتُ «٢» ] إِلَّا وَتُعْرَضُ عَلَيْهِ الْجَنَّةُ قَبْلَ أَنْ يَمُوتَ، فَيَرَى فِيهَا مَا أَعَدَّ اللَّهُ لَهُ مِنْ أَزْوَاجِهِ وَأَهْلِهِ مِنَ الْحُورِ الْعِينِ، فَهُمْ يَدْعُونَهُ إِلَيْهَا، فَنَفْسُهُ إِلَيْهِمْ نَشِطَةٌ أَنْ تَخْرُجَ فَتَأْتِيَهُمْ. وَعَنْهُ أَيْضًا قَالَ: يَعْنِي أَنْفُسَ الْكُفَّارِ وَالْمُنَافِقِينَ تَنْشَطُ كَمَا يَنْشَطُ الْعَقِبُ، الَّذِي يُعْقَبُ بِهِ السَّهْمُ. وَالْعَقَبُ بِالتَّحْرِيكِ: الْعَصَبُ الَّذِي تُعْمَلُ مِنْهُ الْأَوْتَارُ، الْوَاحِدَةُ عَقَبَةٌ، تَقُولُ مِنْهُ: عَقَبَ السَّهْمُ وَالْقَدَحُ وَالْقَوْسُ عَقْبًا: إِذَا لَوَى شَيْئًا مِنْهُ عَلَيْهِ. وَالنَّشْطُ: الْجَذْبُ بِسُرْعَةٍ، وَمِنْهُ الْأُنْشُوطَةُ: عُقْدَةٌ يَسْهُلُ انْحِلَالُهَا إِذَا جُذِبَتْ مِثْلَ عُقْدَةِ التِّكَّةِ. وقال أبو زيد: نشطت
(١). في نسخ الأصل: تنزع من الكلا. وفي البحر: تنزع إلى ... إلخ. (٢). الزيادة من تفسير الثعلبي. [ ..... ]

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