Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Al-Qutabī a dit : « Nous estimons que l’origine de cette expression est qu’on continue de lui donner jusqu’à ce qu’il dise : “Cela me suffit.” »

Al-Zajjāj a déclaré : « ḥisāban signifie : ce qui leur suffit. » Al-Akhfash tient la même explication.

On dit : « aḥsabanī kadhā », c’est-à-dire : « cela m’a suffi. »

Al-Kalbī affirme : « Il a tenu leur compte puis leur a accordé, pour chaque bonne action, dix [récompenses]. »

Selon Mujāhid : « ḥisāban pour ce qu’ils ont accompli » ; ici, ḥisāb a le sens de dénombrement : il s’agit de la mesure qui leur est due selon la Promesse du Seigneur ; Il a promis dix [récompenses] pour la bonne action, Il en a promis à certains sept-cent-fois autant, et Il en a promis à d’autres une rétribution sans fin ni limite,
comme Il – Très-Haut – a dit : « Seuls ceux qui patientent seront pleinement rétribués sans compter. » [Az-Zumar, 10]

Abū Hāshim a lu : « ʿaṭāʾan ḥissāban » en ouvrant la ḥāʾ et en redoublant le sīn, selon le schème faʿʿāl, c’est-à-dire : « kafāfan » (ce qui suffit).

Al-Aṣmaʿī dit : « Les Arabes disent ḥassabtu l-rajula – avec redoublement – lorsqu’ils l’honorent avec largesse. » Il a ensuite récité ce vers :
« Lorsqu’un hôte se présente à lui, il le comble au point de le faire dire : “C’est assez !” »

Ibn ʿAbbās a lu : « ḥisānan » – avec une nūn.

[Sourate An-Nabaʾ (78), versets 37-40]
« Seigneur des cieux et de la terre et de ce qui est entre les deux, le Tout Miséricordieux ; ils ne peuvent Le convoquer d’aucune parole.
Le jour où l’Esprit et les anges se tiendront rangés, nul ne parlera, sauf celui à qui le Tout Miséricordieux aura donné permission et qui dira ce qui est conforme à la vérité.
Tel sera le Jour de Vérité ; que celui qui le veut se ménage donc un retour auprès de son Seigneur.
Nous vous avons certes avertis d’un châtiment imminent, le jour où l’homme verra ce que ses mains ont préparé, et où le mécréant dira : “Hélas ! Que ne suis-je poussière !” »

Parole du Très-Haut : « Seigneur des cieux et de la terre et de ce qui est entre eux, le Tout Miséricordieux… »

Ibn Masʿūd, Nāfiʿ, Abū ʿAmr, Ibn Kathīr, Zayd d’après Yaʿqūb, ainsi que al-Mufaḍḍal d’après ʿĀṣim ont lu : « rabbu » au nominatif, à titre d’énoncé initial, « ar-Raḥmānu » en constituant son prédicat ; ou, autrement dit : « Il est le Seigneur des cieux… », et « ar-Raḥmānu » devient alors un second sujet.

Ibn ʿĀmir, Yaʿqūb et Ibn Muḥayṣin l’ont tous trois lu au génitif, comme épithète de l’expression « en rétribution de ton Seigneur », c’est-à-dire : « une rétribution de la part de ton Seigneur, Seigneur des cieux, le Tout Miséricordieux ».

Ibn ʿAbbās, ʿĀṣim, Ḥamza et al-Kisāʾī ont, pour leur part, lu : « rabb-i as-samāwāti … » (forme inachevée, la suite intervenant dans le passage suivant).

وَقَالَ الْقُتَبِيُّ: وَنَرَى أَصْلَ هَذَا أَنْ يُعْطِيَهُ حَتَّى يَقُولَ حَسْبِي. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: حِساباً أَيْ مَا يَكْفِيهِمْ. وَقَالَهُ الْأَخْفَشُ. يُقَالُ: أَحْسَبُنِي كَذَا: أَيْ كَفَانِي. وَقَالَ الْكَلْبِيُّ: حَاسَبَهُمْ فَأَعْطَاهُمْ بِالْحَسَنَةِ عَشْرًا. مُجَاهِدٌ: حِسَابًا لِمَا عَمِلُوا، فَالْحِسَابُ بِمَعْنَى الْعَدِّ. أَيْ بِقَدْرِ مَا وَجَبَ لَهُ فِي وَعْدِ الرَّبِّ، فَإِنَّهُ وَعَدَ لِلْحَسَنَةِ عَشْرًا، وَوَعَدَ لِقَوْمٍ بِسَبْعِمِائَةِ ضِعْفٍ، وَقَدْ وَعَدَ لِقَوْمٍ جَزَاءً لَا نِهَايَةَ لَهُ وَلَا مِقْدَارَ، كَمَا قَالَ تَعَالَى: إِنَّما يُوَفَّى الصَّابِرُونَ أَجْرَهُمْ بِغَيْرِ حِسابٍ [الزمر: ١٠] . وَقَرَأَ أَبُو هَاشِمٍ (عَطَاءً حِسَابًا) بِفَتْحِ الْحَاءِ، وَتَشْدِيدِ السِّينِ، عَلَى وَزْنِ فَعَّالٍ أَيْ كَفَافًا، قَالَ الْأَصْمَعِيُّ: تَقُولُ الْعَرَبُ: حَسَّبْتُ الرَّجُلَ بِالتَّشْدِيدِ: إِذَا أَكْرَمْتُهُ، وَأَنْشَدَ قَوْلَ الشَّاعِرِ: إِذَا أَتَاهُ ضَيْفُهُ يُحَسِّبُهْ وَقَرَأَ ابْنُ عَبَّاسٍ. " حِسَانًا" «١» بِالنُّونِ. [سورة النبإ (٧٨) : الآيات ٣٧ الى ٤٠] رَبِّ السَّماواتِ وَالْأَرْضِ وَما بَيْنَهُمَا الرَّحْمنِ لَا يَمْلِكُونَ مِنْهُ خِطاباً (٣٧) يَوْمَ يَقُومُ الرُّوحُ وَالْمَلائِكَةُ صَفًّا لَا يَتَكَلَّمُونَ إِلاَّ مَنْ أَذِنَ لَهُ الرَّحْمنُ وَقالَ صَواباً (٣٨) ذلِكَ الْيَوْمُ الْحَقُّ فَمَنْ شاءَ اتَّخَذَ إِلى رَبِّهِ مَآباً (٣٩) إِنَّا أَنْذَرْناكُمْ عَذاباً قَرِيباً يَوْمَ يَنْظُرُ الْمَرْءُ مَا قَدَّمَتْ يَداهُ وَيَقُولُ الْكافِرُ يَا لَيْتَنِي كُنْتُ تُراباً (٤٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: (رَبِّ السَّماواتِ وَالْأَرْضِ وَما بَيْنَهُمَا الرَّحْمنِ) قَرَأَ ابْنُ مَسْعُودٍ وَنَافِعٌ وَأَبُو عَمْرٍو وَابْنُ كَثِيرٍ وَزَيْدٌ عَنْ يَعْقُوبَ، وَالْمُفَضَّلُ عَنْ عَاصِمٍ: (رَبُّ) بِالرَّفْعِ عَلَى الِاسْتِئْنَافِ، (الرَّحْمَنُ) خَبَرُهُ. أو بمعنى: هو رب السموات، وَيَكُونُ (الرَّحْمَنُ) مُبْتَدَأً ثَانِيًا. وَقَرَأَ ابْنُ عَامِرٍ وَيَعْقُوبُ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ كِلَاهُمَا بِالْخَفْضِ، نَعْتًا لِقَوْلِهِ: جَزاءً مِنْ رَبِّكَ أَيْ جَزَاءً مِنْ رَبِّكَ رب السموات الرَّحْمَنِ. وَقَرَأَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَعَاصِمٌ وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ: رَبِّ السَّماواتِ
(١). هكذا رسم الشوكاني الكلمة في تفسيره فتح القدير (٢٥٨/ ٥) ولم يضبطها.

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