Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

en le versant avec force et profusion.

Abū ʿAmr a dit : le terme « ad-dahaq » – avec vocalisation – désigne une forme de supplice ; en persan on l’appelle « ashkanǧah ».

Al-Mubarrad ajoute : « al-madhūq » est celui que l’on fait souffrir par toutes sortes de tourments, sans qu’il subsiste la moindre échappatoire.

Ibn al-Aʿrābī déclare : « dahaqtu l-shay’a » signifie : « je l’ai brisé et mis en pièces » ; de même : « dahdaqtu-hu ». Il récita alors, citant Ḥuǧr b. Khālid :

Nous hâchons la viande pour l’acheteur, par munificence offerte,
Nous la présentons sans compter, preuve d’une générosité offerte ;
Tandis que, chez d’autres, leurs marmites de blâme grondent,
Le reproche y bouillonne sans fin, et ces mêmes marmites grondent.

On dit aussi : « dahmaqtu-hu » – avec l’adjonction d’un mīm – et le sens est identique.

Al-Aṣmaʿī précise : la « dahmaqa » est la tendreté, la délicatesse et la saveur d’un mets ; on l’emploie, par extension, pour toute chose douce et souple. Il cite à ce propos la parole de ʿUmar : « Si je l’avais voulu, on aurait pu me préparer des mets raffinés, mais Allah a blâmé un peuple en disant : « Vous avez dissipé vos biens dans votre vie d’ici-bas et vous en avez joui. » [Al-Aḥqāf : 20].

« Ils n’y entendront ni propos futiles ni mensonges » – c’est-à-dire, au Paradis. Le « laghw » est la vanité : tout discours que l’on rejette et que l’on écarte. Ainsi, dans le ḥadith : « Si, le jour du Jumuʿa, alors que l’imâm prononce la khuṭba, tu dis à ton voisin : “Écoute”, tu as commis un laghw. » En effet, les hôtes du Paradis, lorsqu’ils boivent, leurs esprits ne se troublent pas et ils ne profèrent aucune parole oiseuse – contrairement aux gens d’ici-bas.

Quant à « ni mensonge », il a déjà été expliqué que nul ne traitera l’autre de menteur et qu’aucun mensonge ne sera entendu. Al-Kisāʾī l’a lu « kidāban » (allégé), dérivé de « kadhabtu kidāban », c’est-à-dire : ils ne se taxeront pas mutuellement de mensonge au Paradis.

On a dit encore que ces deux vocables sont deux maṣdar exprimant la négation du mensonge ; la forme légère est employée ici parce qu’elle n’est pas liée à un verbe qui en ferait son maṣdar, tandis que, dans : « Ils ont traité Nos signes de mensonges (kidhdhāban) », le terme est alourdi, le verbe « kadhdhabū » assignant son maṣdar.

« À titre de rétribution de la part de ton Seigneur » : l’expression est à l’accusatif, fonction de maṣdar, car le sens est : Il les a rétribués, pour ce qui vient d’être mentionné, par Sa rétribution. Il en va de même pour « ʿaṭāʾan » : le verbe « aʿṭā » et « jazā » ont la même portée ; l’idée est : Il leur a accordé un don.

« ḥisāban » signifie : abondant – ainsi l’a expliqué Qatāda. On dit : « aḥsabt(u) untel » : je lui ai multiplié les largesses jusqu’à ce qu’il dise : « Cela me suffit. » Le poète a dit :

Nous rassasions le jeune de la tribu quand la faim le tenaille, en abondance,
Et, même repu, nous l’abreuvons encore de dons, toujours en abondance.

إِفْرَاغًا شَدِيدًا: قَالَ أَبُو عَمْرٍو: وَالدَّهَقُ- بِالتَّحْرِيكِ: ضَرْبٌ مِنَ الْعَذَابِ. وَهُوَ بِالْفَارِسِيَّةِ أَشْكَنْجَهْ. الْمُبَرِّدُ: وَالْمَدْهُوقُ: الْمُعَذَّبُ بِجَمِيعِ الْعَذَابِ الَّذِي لَا فُرْجَةَ فِيهِ. ابْنُ الْأَعْرَابِيِّ: دَهَقْتُ الشَّيْءَ كَسَرْتُهُ وَقَطَعْتُهُ، وَكَذَلِكَ دَهْدَقْتُهُ: وَأَنْشَدَ لِحُجْرِ بْنِ خَالِدٍ: نُدَهْدِقُ بِضْعَ اللَّحْمِ لِلْبَاعِ وَالنَّدَى ... وَبَعْضُهُمْ تَغْلِي بِذَمٍّ مَنَاقِعُهُ «١» وَدَهْمَقْتُهُ بِزِيَادَةِ الْمِيمِ: مِثْلُهُ. وَقَالَ الْأَصْمَعِيُّ: الدَّهْمَقَةُ: لِينُ الطَّعَامِ وَطِيبُهُ وَرِقَّتُهُ، وَكَذَلِكَ كُلُّ شي لَيِّنٍ، وَمِنْهُ حَدِيثُ عُمَرَ: لَوْ شِئْتُ أَنْ يُدَهْمَقَ لِي لَفَعَلْتُ، وَلَكِنَّ اللَّهَ عَابَ قَوْمًا فَقَالَ: أَذْهَبْتُمْ طَيِّباتِكُمْ فِي حَياتِكُمُ الدُّنْيا وَاسْتَمْتَعْتُمْ بِها [الأحقاف: ٢٠] . لَا يَسْمَعُونَ فِيها أَيْ فِي الْجَنَّةِ لَغْواً وَلا كِذَّاباً اللَّغْوُ: الْبَاطِلُ، وَهُوَ مَا يُلْغَى مِنَ الْكَلَامِ وَيُطْرَحُ، وَمِنْهُ الْحَدِيثُ: [إِذَا قُلْتَ لِصَاحِبِكَ أَنْصِتْ يَوْمَ الْجُمُعَةِ وَالْإِمَامُ يَخْطُبُ فَقَدْ لَغَوْتَ [وَذَلِكَ أَنَّ أَهْلَ الْجَنَّةِ إِذَا شَرِبُوا لَمْ تَتَغَيَّرْ عُقُولُهُمْ، وَلَمْ يَتَكَلَّمُوا بِلَغْوٍ، بِخِلَافِ أَهْلِ الدُّنْيَا. وَلا كِذَّاباً: تَقَدَّمَ، أَيْ لَا يُكَذِّبُ بَعْضُهُمْ بَعْضًا، وَلَا يَسْمَعُونَ كَذِبًا. وَقَرَأَ الْكِسَائِيُّ (كِذَابًا) بِالتَّخْفِيفِ مِنْ كَذَبْتُ كِذَابًا أَيْ لَا يَتَكَاذَبُونَ فِي الْجَنَّةِ. وَقِيلَ: هُمَا مَصْدَرَانِ للتكذيب، وإنما خففها ها هنا لِأَنَّهَا لَيْسَتْ مُقَيَّدَةً بِفِعْلٍ يَصِيرُ مَصْدَرًا لَهُ، وَشُدِّدَ قَوْلُهُ: وَكَذَّبُوا بِآياتِنا كِذَّاباً لِأَنَّ كَذَّبُوا يُقَيِّدُ الْمَصْدَرَ بِالْكِذَّابِ. جَزاءً مِنْ رَبِّكَ نَصْبٌ عَلَى الْمَصْدَرِ. لِأَنَّ الْمَعْنَى جَزَاهُمْ بِمَا تَقَدَّمَ ذِكْرُهُ، جَزَاءَهُ وَكَذَلِكَ عَطاءً لِأَنَّ مَعْنَى أَعْطَاهُمْ وَجَزَاهُمْ وَاحِدٌ. أَيْ أَعْطَاهُمْ عَطَاءً. حِساباً أَيْ كَثِيرًا، قَالَهُ قَتَادَةُ، يُقَالُ: أَحْسَبْتُ فُلَانًا: أَيْ كَثَّرْتُ لَهُ الْعَطَاءَ حَتَّى قَالَهُ حَسْبِي. قَالَ «٢» : وَنُقْفِي وَلِيدَ الْحَيِّ إِنْ كَانَ جَائِعًا ... وَنُحْسِبُهُ إن كان ليس بجائع
(١). يروى هكذا في اللسان مادة (دهق). وفي الأصول (مراجله). والمناقع: القدور الصغار واحدها: متقع ومنقعة. (٢). قائلته امرأة من بني قشير. ونقفيه: أي نؤثره بالقفية وهي ما يؤثر به الضيف والصبي.

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