Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Certes, pour les pieux il y aura un lieu de réussite. »

Il a ainsi évoqué la rétribution de celui qui se prémunit de la désobéissance à l’ordre d’Allah : un mafâz, c’est-à-dire un lieu de triomphe, de salut et de délivrance de ce dans quoi se trouvent les hôtes du Feu. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on nomme également le désert aride, quand l’eau y est rare, « mafâza », par présage de l’issue heureuse qu’on en attend.

« Des vergers et des vignes »

Tel est le commentaire de cette réussite. On a dit : le sens de « Certes, pour les pieux il y aura un mafâz » est : « Certes, pour les pieux il y aura des jardins ». Ḥadâʾiq est le pluriel de ḥadîqa, verger entouré d’une clôture ; on dit aḥdaqa bihi, « il l’a encerclé ». Al-aʿnâb est le pluriel de ʿinab ; il s’agit donc de vignes, le terme « karam » (plantation de vigne) étant sous-entendu.

« Et des jeunes filles à la poitrine ferme, d’un même âge »

Kawâʿib est le pluriel de kâʿib, la jeune fille à la poitrine naissante. On dit : kaʿabat al-jâriya takʿabu kuʿûban ; kaʿʿabat tukʿib takʿîban ; nahadat tanhadu nuhûdan. Al-Ḍaḥḥâk précise : « comme la poitrine naissante des vierges ». Ainsi l’exprime Qays b. ʿĀṣim :

« Et combien de nobles juments avons-nous possédées…,
et de jeunes filles au sein naissant, qu’aucune misère n’a jamais atteintes, toutes nouvelles pubères ! »

Les atrâb sont les compagnes d’âge égal ; il en a déjà été question dans la sourate « Al-Wâqiʿa ». Le singulier est tirb¹.

« Et une coupe débordante »

Al-Ḥasan, Qatâda, Ibn Zayd et Ibn ʿAbbâs disent : « remplie à ras bord ». On dit adhaqtu l-ka’s : je l’ai remplie ; ka’sun dihâq : une coupe abondamment pleine. Le poète a dit :

« Eh bien, verse-moi pur ce qu’a déjà versé l’échanson,
de son breuvage avec ta coupe débordante. »

Khidâsh b. Zuhayr a également chanté :

« ʿĀmir est venu rechercher notre hospitalité ;
nous lui avons alors servi une coupe pleine à ras bord. »

Saʿîd b. Jubayr, ʿIkrima et Ibn ʿAbbâs expliquent encore : « successives, les unes suivant les autres » ; de là l’expression idhaqat al-ḥijâra idhâqan, lorsque les pierres se serrent fortement et s’emboîtent, le suivi ressemblant à l’emboîtement.

D’après ʿIkrima encore, et Zayd b. Aslam, le terme signifie « limpide ». Le poète a dit :

« Tu es, pour mon cœur, plus proche et plus chère
qu’un assoiffé ne l’est d’une coupe limpide et débordante. »

Dihâq est aussi le pluriel de dahq², deux morceaux de bois avec lesquels on comprime la jambe (du chameau). Quant à « ka’s », il désigne ici le vin ; le sens est donc : « un vin doté du diḥâq », c’est-à-dire pressé puis filtré, selon al-Qushayrî.

Dans le Ṣiḥâḥ on lit : « adhaqtu l-mâ’a » : je l’ai versé abondamment.

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¹ Singulier de atrâb.
² Pluriel de dahq.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّ لِلْمُتَّقِينَ مَفازاً) ذَكَرَ جَزَاءَ مَنِ اتَّقَى مُخَالَفَةَ أَمْرِ اللَّهِ مَفازاً مَوْضِعُ فَوْزٍ وَنَجَاةٍ وَخَلَاصٍ مِمَّا فِيهِ أَهْلُ النَّارِ. وَلِذَلِكَ قِيلَ لِلْفَلَاةِ إِذَا قَلَّ مَاؤُهَا: مَفَازَةٌ، تَفَاؤُلًا بِالْخَلَاصِ مِنْهَا. (حَدائِقَ وَأَعْناباً) هَذَا تَفْسِيرُ الْفَوْزِ. وَقِيلَ: إِنَّ لِلْمُتَّقِينَ مَفازاً إِنَّ لِلْمُتَّقِينَ حَدَائِقَ، جَمْعُ حَدِيقَةٍ، وَهِيَ الْبُسْتَانُ الْمَحُوطُ عَلَيْهِ، يُقَالُ أَحْدَقَ بِهِ: أَيْ أَحَاطَ. وَالْأَعْنَابُ: جَمْعُ عِنَبٍ، أَيْ كُرُومُ أَعْنَابٍ، فَحُذِفَ. (وَكَواعِبَ أَتْراباً) كَوَاعِبُ: جَمْعُ كَاعِبٍ وَهِيَ النَّاهِدُ، يُقَالُ: كَعَبَتِ الْجَارِيَةُ تَكْعَبُ كُعُوبًا، وَكَعَّبَتْ تُكَعِّبُ تَكْعِيبًا، وَنَهَدَتْ تَنْهَدُ نُهُودًا. وَقَالَ الضَّحَّاكُ: كَكَوَاعِبِ الْعَذَارَى، وَمِنْهُ قَوْلُ قَيْسِ بْنِ عَاصِمٍ: وَكَمْ مِنْ حَصَانٍ قَدْ حَوَيْنَا كَرِيمَةٍ ... وَمِنْ كَاعِبٍ لَمْ تَدْرِ مَا الْبُؤْسُ مُعْصِرُ وَالْأَتْرَابُ: الْأَقْرَانُ فِي السِّنِّ. وَقَدْ مَضَى فِي سُورَةِ " الْوَاقِعَةِ" «١» الْوَاحِدُ: تِرْبٌ. (وَكَأْساً دِهاقاً) قَالَ الْحَسَنُ وَقَتَادَةُ وَابْنُ زَيْدٍ وَابْنُ عَبَّاسٍ: مُتْرَعَةٌ مَمْلُوءَةٌ، يُقَالُ: أَدَهَقْتُ الْكَأْسَ: أَيْ مَلَأْتُهَا، وَكَأْسٌ دِهَاقٌ أَيْ مُمْتَلِئَةٌ، قَالَ: أَلَا فَاسْقِنِي صِرْفًا سَقَانِي السَّاقِي ... مِنْ مَائِهَا بِكَأْسِكَ الدِّهَاقِ وَقَالَ خِدَاشُ بْنُ زُهَيْرٍ: أَتَانَا عَامِرٌ يَبْغِي قِرَانَا ... فَأَتْرَعْنَا لَهُ كَأْسًا دِهَاقَا وَقَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ وَعِكْرِمَةُ وَمُجَاهِدٌ وَابْنُ عَبَّاسٍ أَيْضًا: مُتَتَابِعَةً، يَتْبَعُ بَعْضُهَا بَعْضًا، وَمِنْهُ ادهقت الحجارة ادهاقا، وهو شدة تلازبها وَدُخُولُ بَعْضِهَا فِي بَعْضٍ، فَالْمُتَتَابِعُ كَالْمُتَدَاخِلِ. وَعَنْ عِكْرِمَةَ أَيْضًا وَزَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ: صَافِيَةً، قَالَ الشَّاعِرُ: لَأَنْتِ إِلَى الْفُؤَادِ أَحَبُّ قُرْبًا ... مِنَ الصَّادِيِّ إِلَى كَأْسٍ دِهَاقِ وَهُوَ جَمْعُ دَهَقٍ «٢» ، وَهُوَ خَشَبَتَانِ [يُغْمَزُ «٣» ] بِهِمَا [السَّاقُ] . وَالْمُرَادُ بِالْكَأْسِ الْخَمْرُ، فَالتَّقْدِيرُ: خَمْرًا ذَاتَ دِهَاقٍ، أَيْ عُصِرَتْ وَصُفِّيَتْ، قَالَهُ الْقُشَيْرِيُّ. وَفِي الصِّحَاحِ: وَأَدْهَقْتُ الْمَاءَ: أي أفرغته
(١). راجع ج ١٧ ص (٢١١) (٢). في (اللسان: دهق): وَالدَّهَقُ (بِالتَّحْرِيكِ): ضَرْبٌ مِنَ الْعَذَابِ. وَهُوَ بِالْفَارِسِيَّةِ: (إشكنجه). ودهقت الشيء: كسرته وقطعته. اه. (٣). التصحيح من كتب اللغة وفي الأصول: خشبتان يعصر بهما.

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