Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

On ne veut par là que l’extrême intensité de la chaleur.

Quant au ghassâq, c’est le pus et l’écoulement purulent des habitants du Feu ; d’autres ont dit : c’est le zamharîr, un froid glacial. Hamzah et al-Kisâʾî le lisent avec redoublement du sîn, et cette question a déjà été traitée dans la sourate Ṣâd.

« Une rétribution adéquate (jazâʾan wifâqan) » : c’est-à-dire conforme à leurs œuvres, selon Ibn ʿAbbâs, Mujâhid et d’autres. Le terme wifâq signifie « concordance », tout comme qitâl signifie « combat ». Jazâʾan est ici à l’accusatif en tant que maṣdar : « Nous les avons rétribués d’une rétribution proportionnée à leurs actes », expliquent al-Farrâʾ et al-Akhfash.

Al-Farrâʾ ajoute que c’est le pluriel de wifq et que wifq et lafq sont synonymes. Muqâtil précise : le châtiment a correspondu à la faute ; or il n’est pas de faute plus grave que le shirk, ni de châtiment plus terrible que le Feu.

Al-Ḥasan et ʿIkrima disent : leurs œuvres étaient mauvaises, Allah leur fit donc parvenir ce qui les afflige.

« Ils n’espéraient pas » : autrement dit, ils ne craignaient pas le ḥisâb, la reddition des comptes sur leurs actes. Selon d’autres, ils n’escomptaient aucune récompense issue du jugement. Al-Zajjāj explique : ils ne croyaient pas à la résurrection pour attendre un quelconque compte.

« Ils traitèrent Nos signes de mensonge, d’un démenti éhonté » : c’est-à-dire ce qu’ont apporté les Prophètes ; ou, selon une autre explication, les Livres que Nous avons révélés. La lecture courante kidhdhâban se prononce avec accentuation du ḏhāl et kasra sur le kāf ; c’est le maṣdar de kadhdhaba et signifie qu’ils opposèrent un grand démenti.

Al-Farrâʾ dit : c’est un parler yéménite élégant ; ils disent : « kadhdhabtu bihi kidhdhâban », « kharraqtu al-qamîṣ khirrâqan ». Tout verbe sur le schème faʿʿala a, dans ce dialecte, un maṣdar en fiʿʿâl à consonne redoublée.

Un poète kilâbî a récité :
A — « Longtemps tu m’as retenu loin de mes amis,
A — Et d’un besoin pressant dont l’achèvement guérit, ô mes amis. »

ʿAlî – qu’Allah l’agrée – lisait kidâban sans redoublement ; c’est également un maṣdar.

Abû ʿAlî a déclaré que la forme allégée comme la forme accentuée sont toutes deux le maṣdar du mukâdhabah, comme dans le vers de l’Aʿshâ :
A — « Je l’ai crue, puis je l’ai contredite et menti,
A — Et l’homme, parfois, tire profit de son propre menti. »

Abû l-Fath observe : les deux formes servent indifféremment de maṣdar pour kadhaba comme pour kadhdhaba.

Al-Zamakhsharî dit : kidâban, sans redoublement, est le maṣdar de kadhaba, ce que prouve le vers :
A — « Je l’ai crue, puis je l’ai démentie et menti,
A — Et l’homme retire, de son mensonge, avantage et répit. »

: إِنَّمَا يُرَادُ بِهِ النِّهَايَةُ فِي الْحَرِّ. وَالْغَسَّاقُ: صَدِيدُ أَهْلِ النَّارِ وَقَيْحُهُمْ. وَقِيلَ الزَّمْهَرِيرُ. وَقَرَأَ حَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ بِتَشْدِيدِ السِّينِ، وَقَدْ مَضَى فِي " ص" «١» الْقَوْلُ فِيهِ. (جَزاءً وِفاقاً) أَيْ مُوَافِقًا لِأَعْمَالِهِمْ. عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَمُجَاهِدٍ وَغَيْرِهِمَا، فَالْوِفَاقُ بمعنى الموافقة كالقتال بمعنى المقاتلة. وجَزاءً نَصْبٌ عَلَى الْمَصْدَرِ، أَيْ جَازَيْنَاهُمْ جَزَاءً وَافَقَ أَعْمَالَهُمْ، قَالَهُ الْفَرَّاءُ وَالْأَخْفَشُ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ أَيْضًا: هُوَ جَمْعُ الْوَفْقِ، وَالْوَفْقُ وَاللَّفْقُ وَاحِدٌ. وَقَالَ مُقَاتِلٌ. وَافَقَ الْعَذَابُ الذَّنْبَ، فَلَا ذَنْبَ أَعْظَمُ مِنَ الشِّرْكِ، وَلَا عَذَابَ أَعْظَمُ مِنَ النَّارِ. وَقَالَ الْحَسَنُ وَعِكْرِمَةُ: كَانَتْ أَعْمَالُهُمْ سَيِّئَةً، فَأَتَاهُمُ الله بما يسوءهم. إِنَّهُمْ كانُوا لَا يَرْجُونَ أَيْ لَا يَخَافُونَ حِساباً أَيْ مُحَاسَبَةً عَلَى أَعْمَالِهِمْ. وَقِيلَ: مَعْنَاهُ لَا يَرْجُونَ ثَوَابَ حِسَابٍ. الزَّجَّاجُ: أَيْ إِنَّهُمْ كَانُوا لَا يُؤْمِنُونَ بِالْبَعْثِ فَيَرْجُونَ حِسَابَهُمْ. (وَكَذَّبُوا بِآياتِنا كِذَّاباً) أَيْ بِمَا جَاءَتْ بِهِ الْأَنْبِيَاءُ. وَقِيلَ: بِمَا أَنْزَلْنَا مِنَ الْكُتُبِ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ كِذَّاباً بِتَشْدِيدِ الذَّالِ، وَكَسْرِ الْكَافِ، عَلَى كَذَّبَ، أَيْ كَذَّبُوا تَكْذِيبًا كَبِيرًا. قَالَ الْفَرَّاءُ: هِيَ لُغَةٌ يَمَانِيَّةٌ فَسِيحَةٌ، يَقُولُونَ: كَذَّبْتُ [بِهِ «٢» ] كِذَّابًا، وَخَرَّقْتُ الْقَمِيصَ خِرَّاقًا، وَكُلُّ فِعْلٍ فِي وَزْنِ (فَعَّلَ) فَمَصْدَرُهُ فِعَّالٌ مُشَدَّدٌ فِي لُغَتِهِمْ، وَأَنْشَدَ بَعْضُ الْكِلَابِيِّينَ: لَقَدْ طَالَ مَا ثَبَّطْتِنِي عَنْ صحابتي ... وعن حوج قضاؤها من شفائتا وَقَرَأَ عَلِيٌّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ (كِذَابًا) بِالتَّخْفِيفِ وَهُوَ مَصْدَرٌ أَيْضًا. وَقَالَ أَبُو عَلِيٍّ: التَّخْفِيفُ وَالتَّشْدِيدُ جَمِيعًا: مَصْدَرُ الْمُكَاذَبَةِ، كَقَوْلِ الْأَعْشَى: فَصَدَقْتُهَا وَكَذَبْتُهَا «٣» ... وَالْمَرْءُ يَنْفَعُهُ كِذَابُهُ أَبُو الْفَتْحِ: جَاءَا جَمِيعًا مَصْدَرَ كَذَبَ وَكَذَّبَ جَمِيعًا. الزَّمَخْشَرِيُّ: (كِذَابًا) بِالتَّخْفِيفِ مَصْدَرُ كَذَبَ، بِدَلِيلِ قَوْلِهِ: فَصَدَقْتُهَا وَكَذَبْتُهَا ... والمرء ينفعه كذابة
(١). راجع ج ١٥ ص ٢٢١ فما بعدها. [ ..... ] (٢). الزيادة من معاني القرآن للفراء. (٣). قال الشهاب: وضمير صدقتها وكذبتها للنفس. والمراد: أنه يصدق نفسه: تارة بأن يقول إن أمانيها محققة وتكذيبها بخلافه أو على العكس.

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