Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — :
« Un seul ḥuqb correspond à trente mille années. » Ce propos est rapporté par al-Mahdawī ; la première version est due à al-Māwardī.

Qutrub a dit : « Il s’agit d’un âge très long, sans limite déterminée. »

ʿUmar ibn al-Khattâb — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a dit :
« Par Allah ! Celui qui entre dans le Feu n’en sortira pas avant d’y avoir passé des aḥqāb ; l’aḥqāb est de quatre-vingt-et-quelques années. L’année compte trois cent soixante jours, et chaque jour équivaut à mille années de ce que vous comptez. Que nul d’entre vous ne s’en remette donc à l’idée qu’il sortira du Feu. » Cité par al-Thaʿlabī.

Al-Quraẓī a déclaré : « Les aḥqāb sont au nombre de quarante-trois ; chaque ḥuqb comprend soixante-dix automnes, chaque automne sept cents années, chaque année trois cent soixante jours, et chaque jour vaut mille années. »

Je dis : Ces opinions se contredisent. Or la précision contenue dans le verset vise l’éternité ; elle réclame donc une preuve textuelle décisive, laquelle n’est pas établie du Prophète — paix et bénédictions sur lui. Le sens — et Allah est plus savant — est plutôt celui que nous avons exposé d’abord : ils y demeureront des temps et des âges ; lorsqu’une période s’achève, une autre la suit, un âge succède à un autre ; ainsi, pour l’éternité des éternités, sans interruption.

Ibn Kayṣân a dit : Le sens de « demeurant là des aḥqāb » est qu’ils y restent sans terme final ; c’est comme s’Il avait dit : « à jamais ».

Ibn Zayd et Muqâtil ont soutenu que ce verset est abrogé par la parole du Très-Haut : « Goûtez ! Nous ne ferons qu’augmenter votre châtiment. » Ils entendent par là que tout nombre a disparu et que la perpétuité est établie.

Je dis : Cette opinion est difficile à admettre, car il s’agit d’une information. Or le Très-Haut a dit : « Ils n’entreront pas au Paradis que le chameau ne pénètre par le chas de l’aiguille » (Al-Aʿrâf, 40), comme on l’a vu plus haut. Cela vise les mécréants. Quant aux désobéissants monothéistes, l’argument peut être recevable et l’“abrogation” s’entend alors comme une spécification. Allah sait mieux.

On a encore dit : Le sens de « demeurant là des aḥqāb » serait « dans la terre », puisqu’il en a déjà été question ; le pronom dans « ils n’y goûteront ni fraîcheur ni boisson » renverrait alors à la Géhenne.

On a dit aussi : le singulier de aḥqāb est ḥuqb ou ḥiqbah. Le poète a dit :
« Si, durant un âge, tu t’en éloignes sans la revoir,
Sache que, tôt ou tard, l’expérience te la fera revoir. »

Et al-Kumayt a dit :
« Après une époque, qu’innombrables époques se déploquent,
Que passent les siècles— après l’époque, encore des époques. »

عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: [أَنَّ الْحُقْبَ الْوَاحِدَ ثَلَاثُونَ أَلْفَ سَنَةٍ [ذَكَرَهُ الْمَهْدَوِيُّ. وَالْأَوَّلُ الْمَاوَرْدِيُّ. وَقَالَ قُطْرُبٌ: هُوَ الدَّهْرُ الطَّوِيلُ غَيْرُ الْمَحْدُودِ. وَقَالَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: [وَاللَّهِ لَا يَخْرُجُ مِنَ النَّارِ مَنْ دَخَلَهَا حَتَّى يَكُونَ فِيهَا أَحْقَابًا، الْحُقْبُ بِضْعٌ وَثَمَانُونَ سَنَةً، وَالسَّنَةُ ثَلَاثُمِائَةٍ وَسِتُّونَ يَوْمًا، كُلُّ يَوْمٍ أَلْفُ سَنَةٍ مِمَّا تَعُدُّونَ، فَلَا يَتَّكِلَنَّ أحدكم على أنه يَخْرُجَ مِنَ النَّارِ [. ذَكَرَهُ الثَّعْلَبِيُّ. الْقُرَظِيُّ: الْأَحْقَابُ: ثَلَاثَةٌ وَأَرْبَعُونَ، حُقْبًا كُلُّ حُقْبٍ سَبْعُونَ خَرِيفًا، كُلُّ خَرِيفٍ سَبْعُمِائَةِ سَنَةٍ، كُلُّ سَنَةٍ ثَلَاثُمِائَةٍ وَسِتُّونَ يَوْمًا، كُلُّ يَوْمٍ أَلْفُ سَنَةٍ. قُلْتُ: هَذِهِ أَقْوَالُ مُتَعَارِضَةٌ، وَالتَّحْدِيدُ فِي الْآيَةِ لِلْخُلُودِ، يَحْتَاجُ إِلَى تَوْقِيفٍ يَقْطَعُ الْعُذْرَ، وَلَيْسَ ذَلِكَ بِثَابِتٍ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَإِنَّمَا الْمَعْنَى- وَاللَّهُ أَعْلَمُ- مَا ذَكَرْنَاهُ أَوَّلًا، أَيْ لَابِثِينَ فِيهَا أَزْمَانًا وَدُهُورًا، كُلَّمَا مَضَى زَمَنٌ يَعْقُبُهُ زَمَنٌ، وَدَهْرٌ يَعْقُبُهُ دَهْرٌ، هَكَذَا أَبَدَ الْآبِدِينَ مِنْ غَيْرِ انْقِطَاعٍ. وَقَالَ ابْنُ كَيْسَانَ: مَعْنَى لابِثِينَ فِيها أَحْقاباً لَا غَايَةَ لَهَا انْتِهَاءً، فَكَأَنَّهُ قَالَ أَبَدًا. وَقَالَ ابْنُ زَيْدٍ وَمُقَاتِلٌ: إِنَّهَا مَنْسُوخَةٌ بِقَوْلِهِ تَعَالَى: فَذُوقُوا فَلَنْ نَزِيدَكُمْ إِلَّا عَذاباً يَعْنِي أَنَّ الْعَدَدَ قَدِ انْقَطَعَ، وَالْخُلُودَ قَدْ حَصَلَ. قُلْتُ: وَهَذَا بَعِيدٌ، لِأَنَّهُ خَبَرٌ، وَقَدْ قَالَ تَعَالَى: وَلا يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ حَتَّى يَلِجَ الْجَمَلُ فِي سَمِّ الْخِياطِ [الأعراف: ٤٠] عَلَى مَا تَقَدَّمَ «١» . هَذَا فِي حَقِّ الْكُفَّارِ، فَأَمَّا الْعُصَاةُ الْمُوَحِّدُونَ فَصَحِيحٌ وَيَكُونُ النَّسْخُ بِمَعْنَى التَّخْصِيصِ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى لابِثِينَ فِيها أَحْقاباً أَيْ فِي الْأَرْضِ، إِذْ قَدْ تَقَدَّمَ ذِكْرُهَا وَيَكُونُ الضَّمِيرُ فِي لَا يَذُوقُونَ فِيها بَرْداً وَلا شَراباً لِجَهَنَّمَ. وَقِيلَ: وَاحِدُ الْأَحْقَابِ حُقْبٌ وَحِقْبَةٌ، قَالَ: فَإِنْ تَنَأَ عَنْهَا حِقْبَةٌ لَا تُلَاقِهَا ... فَأَنْتَ بِمَا أَحْدَثْتَهُ بِالْمُجَرَّبِ وَقَالَ الكميت: «٢» مر لها بعد حقبة حقب
(١). راجع ج ٧ ص (٢٠٦) (٢). صدر البيت: ولا حمول غدت ولا دمن

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies