« Assoiffé, il implore un secours qui ne vient point… et telle fut l’étreinte du nécessiteux. »
De là, on tire également le terme « muʿṣir » appliqué à la jeune fille proche de la puberté : on la nomme muʿṣir parce qu’elle est tenue dans la maison, laquelle devient pour elle un ʿaṣr, c’est-à-dire un lieu de retrait.
Dans la lecture d’Ibn ʿAbbās et de ʿIkrima : « wa anzalnā bi-l-muʿṣirāt ».
Quant à la graphie retenue dans les maṣāḥif : « min al-muʿṣirāt », Ubayy b. Kaʿb, al-Ḥasan, Ibn Jubayr, Zayd b. Aslam et Muqātil b. Ḥayyān déclarent qu’« al-muʿṣirāt » désigne les cieux.
« Māʾan thajjājan » : une eau torrentielle, abondante, ininterrompue, d’après Ibn ʿAbbās, Mujāhid et d’autres.
On dit : « thajjajtu damahu fa-anā athujjuhu thajjan » – j’ai fait jaillir son sang ; et aussi : « thajja d-damu yathujju thujūjan » – le sang a jailli. Il en va de même pour l’eau ; le verbe peut être transitif ou intransitif. Dans le verset, « thajjāj » signifie : qui se déverse.
Al-Zajjāj : c’est-à-dire « ṣabbāb » (qui verse), verbe transitif, comme s’il faisait se répandre lui-même son propre flot.
ʿUbayd b. al-Abras a dit :
Il déversa d’abord son faîte, torrent impétueux ;
Puis sa base s’ébranla sous ce flot monstrueux ;
Sous la masse des eaux l’espace entier ploya ;
Oppressé par le flot, il ne le supporta.
Dans le ḥadith du Prophète ﷺ, interrogé sur le ḥajj mabrūr, il répondit : « al-ʿajj wa-th-thajj ».
– al-ʿajj : élever la voix pour la talbiya ;
– al-thajj : répandre le sang, c’est-à-dire immoler les offrandes.
Ibn Zayd : « thajjājan » signifie : « en grande abondance » ; le sens reste unique.
Parole du Très-Haut : « afin que, par son moyen » – c’est-à-dire par cette eau – « Nous fassions sortir le grain », tel le blé, l’orge, etc., « et la végétation » tirée de l’abb, c’est-à-dire l’herbe dont se nourrissent les bêtes ; « et des jardins », c’est-à-dire des vergers, « alfāfan » : imbriqués les uns aux autres du fait de l’entrelacement de leurs branches. Ce nom n’a pas de singulier, à l’instar de awzāʿ et akhyāf.
Il a été dit : le singulier de alfāf est lif (avec kasra), ou luff (avec ḍamma) – ainsi l’a rapporté al-Kisāʾī, qui a récité :
Jardin luxuriant, vie aux bienfaits abondants,
Et des convives, tous blancs, tous étincelants.
De lui, et d’Abū ʿUbayda également : lafīf, sur le modèle de sharīf avec pluriel ashrāf.
On a dit encore : il s’agit d’un « pluriel de pluriel », rapporté par al-Kisāʾī.
On dit : « jannah laffāʾ », « nabt liff » ; le pluriel est « luff » (avec ḍamma sur le lām) comme ḥumr, puis « al-luff » se pluralise en « alfāf ».
Al-Zamakhsharī : si l’on disait qu’il s’agit du pluriel de « multaffa », par suppression des lettres excédentaires, ce serait pertinent.
Et l’on dit : « shajaratun laffāʾ », « shajarun laff », et « imraʾatun… »