Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Un autre a dit¹ :
« Telle corolle épanouie, pareille à la camomille qui l’agrémente ;
au départ de la brise d’Est s’exhalent les parfums des nuées fécondes. »

Ainsi les vents sont appelés « muʿṣirāt ».
On dit : « aʿṣarat ar-rīḥu tuʿṣiru iʿṣāran » lorsque le vent soulève la poussière ; c’est alors l’« iʿṣār ». Les nuages, eux aussi, sont qualifiés de « muʿṣirāt » parce qu’ils déversent la pluie.

Qatāda a également dit : les « muʿṣirāt », c’est le ciel.

Al-Naḥḥās : ces propos sont véridiques. On nomme « muʿṣirāt » les vents qui amènent la pluie ; ce sont eux qui fécondent la nuée, d’où provient l’averse, laquelle descend ainsi par l’action du vent. Il est possible que ces avis se rejoignent, le sens étant alors : « Nous avons fait descendre, des porteurs de vents muʿṣirāt, une eau abondante. » L’opinion la plus solide demeure toutefois que les « muʿṣirāt » sont les nuages, car c’est d’eux que provient la pluie ; si l’on lisait « bi-l-muʿṣirāt », ce seraient plutôt les vents qui s’imposeraient.

Dans le Ṣiḥāḥ : les « muʿṣirāt » sont les nuées qui « pressent » la pluie. On dit : « uʿṣira al-qawmu » : il a plu sur les gens ; de là la lecture : « wa fīhi yaʿṣirūn ».

Le « muʿṣir » désigne aussi la jeune fille qui vient d’atteindre la puberté et a eu ses menstrues ; on dit : « qad aʿṣarat », comme si elle était entrée dans l’ʿaṣr — l’époque — de sa jeunesse ou l’avait atteinte. Le poète de rajaz² dit :
« Jeune fille, sa demeure est à Safwân ;
avançant d’un pas léger, son voile glissant.
Déjà nubile ou la nubilité toute proche. »

Le pluriel est « maʿāṣir ». On dit encore : c’est celle qui est sur le point d’avoir ses menstrues, car l’iʿṣār chez la jeune fille équivaut à la murāhaqa chez le garçon. Je l’ai entendu d’Abū l-Ghawth l’Arabe.

D’autres ont dit : le « muʿṣir » est le nuage prêt à déverser la pluie. De même que l’on dit du blé : « ajanna » — il est mûr pour être rentré —, de même, lorsque le nuage est sur le point de pleuvoir, on dit qu’il « aʿṣara ».

Al-Mubarrad a dit : on dit « saḥābun muʿṣir », c’est-à-dire un nuage qui retient l’eau, et dont la pluie s’exprime goutte à goutte. De là viennent « al-ʿaṣar », avec voyelle ouverte, pour le refuge où l’on se replie, et « al-ʿuṣra », avec la voyelle u, avec le même sens. Ce point a déjà été traité dans la sourate « Yūsuf »³ — louange à Allah.

Et Abū Zubayd⁴ a dit :

وَقَالَ «١» آخَرُ: وَذِي أُشُرٍ كَالْأُقْحُوَانِ يَزِينُهُ ... ذَهَابُ الصَّبَا وَالْمُعْصِرَاتُ الرَّوَائِحُ فَالرِّيَاحُ تُسَمَّى مُعْصِرَاتٍ، يُقَالُ: أَعَصَرَتِ الرِّيحُ تُعْصِرُ إِعْصَارًا: إِذَا أَثَارَتِ الْعَجَاجُ، وَهِيَ الْإِعْصَارُ، وَالسُّحُبُ أَيْضًا تُسَمَّى الْمُعْصِرَاتِ لِأَنَّهَا تُمْطِرُ. وَقَالَ قَتَادَةُ أَيْضًا: الْمُعْصِرَاتُ السَّمَاءُ، النَّحَّاسُ: هَذِهِ الْأَقْوَالُ صِحَاحٌ، يُقَالُ لِلرِّيَاحِ الَّتِي تَأْتِي بِالْمَطَرِ مُعْصِرَاتٌ، وَالرِّيَاحُ تُلَقِّحُ السَّحَابَ، فَيَكُونُ الْمَطَرُ، وَالْمَطَرُ يَنْزِلُ مِنَ الرِّيحِ عَلَى هَذَا. وَيَجُوزُ أَنْ تَكُونَ الْأَقْوَالُ وَاحِدَةً، وَيَكُونَ الْمَعْنَى وَأَنْزَلْنَا مِنْ ذَوَاتِ الرِّيَاحِ الْمُعْصِرَاتِ مَاءً ثَجَّاجاً وَأَصَحُّ الْأَقْوَالِ أَنَّ الْمُعْصِرَاتِ، السَّحَابُ. كَذَا الْمَعْرُوفُ أَنَّ الْغَيْثَ مِنْهَا، وَلَوْ كَانَ (بِالْمُعْصِرَاتِ) لَكَانَ الرِّيحُ أَوْلَى. وَفِي الصِّحَاحِ: وَالْمُعْصِرَاتُ السَّحَائِبُ تَعْتَصِرُ بِالْمَطَرِ. وَأُعْصِرَ الْقَوْمُ أَيْ أُمْطِرُوا، وَمِنْهُ قَرَأَ بَعْضُهُمْ " وَفِيهِ يَعْصِرُونَ" وَالْمُعْصِرُ: الْجَارِيَةُ أَوَّلَ مَا أَدْرَكَتْ وَحَاضَتْ، يُقَالُ: قَدْ أَعَصَرَتْ كَأَنَّهَا دَخَلَتْ عَصْرَ شبابها أو بلغته، قال الراجز «٢» : جَارِيَةٌ بِسَفَوَانَ دَارِهَا ... تَمْشِي الْهُوَيْنَى سَاقِطًا خِمَارُهَا قَدْ أَعَصَرَتْ أَوْ قَدْ دَنَا إِعْصَارُهَا وَالْجَمْعُ: مَعَاصِرُ، وَيُقَالُ: هِيَ الَّتِي قَارَبَتِ الْحَيْضَ، لِأَنَّ الْإِعْصَارَ فِي الْجَارِيَةِ كَالْمُرَاهَقَةِ فِي الْغُلَامِ. سَمِعْتُهُ مِنْ أَبِي الْغَوْثِ الْأَعْرَابِيِّ. قَالَ غَيْرُهُ: وَالْمُعْصِرُ السَّحَابَةُ الَّتِي حَانَ لَهَا أَنْ تُمْطِرَ، يُقَالُ أَجَنَّ الزَّرْعُ فَهُوَ مُجِنٌّ: أَيْ صَارَ إِلَى أَنْ يُجِنَّ، وَكَذَلِكَ السَّحَابُ إِذَا صَارَ إِلَى أَنْ يُمْطِرَ فَقَدْ أَعْصَرَ. وَقَالَ الْمُبَرِّدُ: يُقَالُ سَحَابٌ مُعْصِرٌ أَيْ مُمْسِكٌ لِلْمَاءِ، وَيُعْتَصَرُ مِنْهُ شي بعد شي، وَمِنْهُ الْعَصَرُ بِالتَّحْرِيكِ لِلْمَلْجَأِ الَّذِي يُلْجَأُ إِلَيْهِ، وَالْعُصْرَةُ بِالضَّمِّ أَيْضًا الْمَلْجَأُ. وَقَدْ مَضَى هَذَا الْمَعْنَى فِي سُورَةِ " يُوسُفَ" «٣» وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. وَقَالَ أبو زبيد «٤» :
(١). هو البعيث كما في اللسان وروايته للبيت: وذي أشر كالأقحوان تشوفه ... ذهاب الصبا والمقصرات الدوالح والدوالح السحائب التي أثقلها الماء: والذهاب بكسر الذال: الأمطار الضعيفة. (٢). هو منصور بن مرثد الأسدي (٣). راجع ج ٩ ص ٢٠٥. [ ..... ] (٤). قاله في رثاء ابن أخته وكان مات عطشا في طريق مكد.

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