ils s’interrogent mutuellement.
Al-Zajjâj a dit : l’origine de « ʿammā » est « ʿan mā » ; la nûn a été assimilée à la mîm parce qu’elles participent toutes deux au son nasal (al-ghunna). Le pronom du verbe « yatasâ’alûn » renvoie aux Quraychites.
Abû Ṣâliḥ rapporte d’après Ibn ʿAbbâs : « Lorsque le Coran fut révélé, les Quraychites s’asseyaient et discutaient entre eux ; les uns y croyaient, les autres le démentaient. C’est alors que descendit : “ʿAmma yatasaʾalûn ?” »
On a dit encore : « ʿammā » signifie : « sur quoi les polythéistes se montrent-ils si intransigeants et querelleurs ? »
Parole du Très-Haut :
« ʿani n-Naba’i l-ʿAẓîm – au sujet de la Grande Nouvelle »
autrement dit : ils s’interrogent au sujet de la Grande Nouvelle. Le « ʿan » ne se rattache pas au « yatasâ’alûn » tel qu’il est récité, car il faudrait alors introduire la particule interrogative ; on aurait « ʿani n-naba’i l-ʿaẓîm », comme dans l’exemple : « Combien possèdes-tu : trente ou quarante ? » – d’où l’impossibilité de le lier au « yatasâ’alûn » prononcé. Il se rattache donc à un autre « yatasâ’alûn » sous-entendu, ce qui est recevable du fait de la mention préalable du verbe, ainsi que l’a expliqué al-Mahdawî.
Certains gens de science ont ajouté que l’interrogation portée par « ʿan » est répétée, mais de façon implicite, comme s’Il avait dit : « ʿAmma yatasaʾalûn ? aʿani n-naba’i l-ʿaẓîm ? » – elle resterait ainsi liée au premier verset.
La « Grande Nouvelle » désigne la grande information.
« alladhî hum fîhi mukhtalifûn – au sujet de laquelle ils divergent »
c’est-à-dire qu’ils se contredisent à son propos ; les uns l’attestent, les autres la réfutent.
Abû Ṣâliḥ rapporte d’après Ibn ʿAbbâs : « Il s’agit du Coran » ; la preuve en est Sa parole : « Dis : Il est une Grande Nouvelle dont vous vous détournez. » Le Coran est nouvelle, récit et récit historique ; il est une Nouvelle d’une importance éminente.
Saʿîd rapporte de Qatâdah : « Il s’agit de la résurrection après la mort ; à ce sujet, les gens se sont divisés en deux : croyant et négateur. »
On a dit encore : il s’agit de l’ordre du Prophète – paix et bénédiction d’Allah sur lui.
Ad-Ḍaḥḥâk rapporte d’après Ibn ʿAbbâs : les Juifs interrogèrent le Prophète – paix et salut sur lui – au sujet de nombreuses choses, et Allah, exalté soit Son éloge, l’informa de leur divergence,
puis Il les menaça en disant :
« Kallâ sa-yaʿlamûn – Non ! Ils sauront bientôt »,
c’est-à-dire : ils connaîtront l’issue liée au Coran,
ou encore, ils connaîtront la résurrection : est-elle vérité ou illusion ? Le « kallâ » marque un rejet de leur négation de la résurrection ou de leur démenti du Coran ; on s’arrête donc dessus à la récitation. Il est toutefois permis qu’il ait le sens de « certes » ou de « eh bien ! », auquel cas on recommence après. Le plus manifeste est que leur question ne portait que sur la résurrection.
Certains de nos savants ont dit : ce que confirme Sa parole – Puissant et Majestueux – : « Certes, le Jour de la Décision est un rendez-vous fixé » (an-Naba’, 17), c’est qu’ils s’interrogeaient au sujet de la résurrection.
« Thumma kallâ sa-yaʿlamûn – Puis, certes ! Ils sauront bientôt »
c’est-à-dire : ils sauront bel et bien[1] la véracité de ce qu’a apporté Muḥammad – paix et bénédiction d’Allah sur lui – tant du Coran que de la résurrection après la mort qu’il leur a annoncée.
Ad-Ḍaḥḥâk a dit : « Kallâ sa-yaʿlamûn… »
[1] C’est l’emphase portée par la particule « la- » dans l’original.