Ceci constitue une preuve de l’obligation de l’inclinaison (rukūʿ) et de son intégration comme pilier de la prière ; l’unanimité (ijmāʿ) s’est déjà formée à ce sujet. Certains ont cru que cela ne se produirait qu’au Jour de la Résurrection – laquelle n’est pas un lieu de prescriptions – et qu’aucun ordre exposant à malheur et châtiment ne saurait donc y être formulé. En réalité, on les conviera à la prosternation afin de mettre en évidence la condition des gens dans ce bas-monde : celui qui, pour Allah, se prosternait sera rendu (1) capable de se prosterner, tandis que celui qui se prosternait, par ostentation, pour un autre que Lui, verra son dos devenir une seule plaque rigide.
On a dit encore : c’est-à-dire que, lorsqu’il leur est ordonné de se soumettre à la vérité, ils ne se soumettent pas. L’énoncé est général : il concerne la prière comme tout autre acte, mais la prière a été spécialement mentionnée parce qu’elle est le fondement des prescriptions après l’unicité (at-tawḥīd).
D’autres ont dit : il s’agit d’un ordre de croire, car elle (la prière) n’est pas valable sans foi.
Parole du Très-Haut :
« En quel discours, après celui-là, croiront-ils donc ? »
Autrement dit, s’ils ne tiennent pas pour véridique le Coran – qui est le miracle même et la preuve de la véracité du Messager, paix et salut sur lui – en quoi donc croiront-ils ! Il a été répété :
« Malheur, ce jour-là, aux négateurs ! »
afin de réitérer l’intimidation et la menace.
On a dit encore : il ne s’agit pas d’une simple répétition, car à chaque occurrence Il vise autre chose que ce qu’Il visait dans la précédente ; c’est comme s’Il mentionnait une chose et disait : « Malheur à qui la renie », puis en mentionnait une autre et disait : « Malheur à qui la renie » (2), puis en évoquait encore une autre et disait : « Malheur à qui la renie », et ainsi de suite jusqu’à la fin. La sourate est ainsi close – et louange à Allah.
[Tafsīr de Sûrat ‘Amma, appelée aussi Sûrat an-Naba’]
La sourate « ʿAmma » est mecquoise ; on l’appelle également sourate « an-Naba’ ». Elle comporte quarante – ou quarante-et-une – versets.
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux
[Sourate an-Naba’ (78) : versets 1 à 5]
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux :
- De quoi s’interrogent-ils les uns les autres ?
- De la Grande Nouvelle,
- au sujet de laquelle ils divergent.
- Non ! Ils sauront bientôt.
- Puis certes ! Ils sauront bientôt.
Parole du Très-Haut :
« ʿAmma yatasaʾalūn ? – De quoi s’interrogent-ils ? »
« ʿAmma » est un terme interrogatif ; c’est pourquoi l’alif de « mā » en a été retranché afin de distinguer l’information de l’interrogation. Il en est de même pour « fīma » et « mimma » lorsqu’on interroge. Le sens est : « À propos de quelle chose… »